Ingrédients de guerre civile ou déclic de l’éveil salutaire?

Au vu de son histoire arabo-africaine tumultueuse, de son présent en ébullition dans une spirale où l’anarchie fait force de conduite par une El Wely Ould Sidi Haiba-rimwebvolonté presque commune à toute son élite, de son avenir aux contours incertains, la Mauritanie est un pays complexe à maints égards tant du point de vue sociopolitique que géostratégique .

Au plan social, les revendications à caractère ethnique, culturel, clanique et sectaire ne cessent, bien à raison d’ailleurs pour certaines, de s’affirmer avec le nouvel ordre mondial marqué, d’une part du sceau des droits universels inaliénables de l’homme, et d’autre part, de celui de la démocratie, devenue revendication commune légale de toutes les nations du monde et condition sine qua none de l’établissement des Etats de droits modernes durables, stables et prospères.

C’est hélas, la prééminence que conférait en cette Mauritanie tourmentée un ordre médiéval obscurantiste, bâti sur des concepts de la suprématie de castes sur d’autres au titre de considérations fallacieuses et injustes qui demeure, malheureusement dans ce contexte social malsain, fort présente dans les comportements, dans les agissements, dans les faits, ainsi que dans tous attributs socio-psychologiques ; La prépondérance se méritant en cela seulement dans les sphères de l’Etat tant au niveau de sa gouvernance qu’à celui de ses ramifications au double plan de la dynamique économique et de la ligne de gestion de ses deniers publics.

Aussi malgré une levée spectaculaire du tabou longtemps entretenu sur la gabegie et l’incrimination de certains de ses auteurs, ce sont encore comme au temps des plus forts pendant la période post coloniale, au cours de l’occupation et aux indépendances, leurs semblables et ou leurs descendants qui tiennent encore dans un cycle rocambolesque et pernicieux les destinées d’une nation hétéroclite, dans une totale insouciance de la nouvelle prise de conscience de celle-ci, empreinte d’un éveil accusateur et revendicateur.

Et c’est bien encore cette contradiction désormais de l’ordre du vécu – dans la tourmente d’un siècle où tout se sait, où tout s’apprend, où tout se corrige – qui rend les choses dangereuses et explosives si l’on ne se met pas à l’heure de cette évidence qui crève les yeux.

Cela impose par voie de conséquence aux pouvoirs publics, aux formations politiques de toutes obédiences et à la société civile, de s’atteler, au plus vite, à freiner cet état fâcheux des choses, par une largesse d’esprit impromptue et résolument engagée vers un apaisement qui doit impérieusement ouvrir la voie à la conciliation nationale, ou bien de s’attendre, faute de quoi et sans trop tarder, à une implosion qui finira de brûler un torchon soit déjà imbibé de liqueurs nauséabondes assorties d’ingrédients de guerre civile où, sans doute, tous les mauritaniens seront perdants.

Que faut-il donc faire pour parer à l’inéluctable sinon que de se mettre au plus vite à corriger, avec une détermination toute neuve et une habileté à toutes épreuves, les incohérences désormais incompatibles avec l’Etat moderne de droit. La citoyenneté ne doit pas être qu’un simple choix mais au-delà une réalité qui va être perçue et ressentie par tous comme un droit et une fin inaliénables.

Le cheminement de l’Etat unitaire vers la démocratie réellement dialectique doit, pour cette nouvelle configuration des choses, s’opérer au plus vite de manière plus accentuée dans une atmosphère où le choix du peuple doit être effectif en amont comme en aval de toute action politique menée à quelque niveau que ce soit. C’est, autrement dit, l’encrage définitif de la démocratie dans les esprits et au delà son application pratique dans les faits et dans les actions décisives qui vont asseoir les équilibres indispensables de l’Etat de droit en ce tournant décisif de l’histoire agitée du pays.

Mais comment peut –il en être ainsi si dans les faits on continu de vivre au rythme de l’incroyable propension à l’enrichissement illicite d’une infime minorité qui a accès à tout, au détriment d’un raz de marée de citoyens écrasés par le poids de la pauvreté, de l’injustice sociale, de l’exclusion et de la marginalisation systématique avec en toile de fond tous les complexes de la stratification catégorielle.

Cette minorité nargue au quotidien dans l’indifférence, avec une arrogance sans précédent et par une marque d’opulence inouïe, allant du flot incommensurable de véhicules top modèle aux volants desquels s’accrochent sans but, vautrés dans leurs fauteuils de luxe, des femmes et des jeunes insouciants, aux villas aux allures de palais ou de châteaux dignes des princes du golf arabique, en passant par les commerces florissants dans les quartiers nantis aux écoles privées de haut standing dispensant un enseignement de qualité à la progéniture de cette classe bourgeoise par un ordre des choses injuste au détriment des fils du commun du peuple recevant un enseignement piètre et à la limite abrutissant. Et le plus étonnant, c’est bien que ce fossé béant ne cesse de s’élargir en l’absence totale d’une quelconque classe moyenne.

Fissure profonde dans un tissu portant fragile résultant du niveau très bas du civisme et de l’ignorance totale des principes régulateurs de la cohésion sociale et des fondements républicains. Cet état malheureux des faits n’a d’égal que l’ampleur du drame qui peut en découler au moindre dérapage impromptu. Or, c’est bien malheureusement et en toute évidence que l’on peut se rend à l’amère réalité des couches déshérités issues des castes du bas de l’échelle de la stratification sociétale, celle des ‘’harratines’’ étant sans doute en cela la plus en vue.

Deux raisons sans doute parmi bien d’autres doivent stimuler les efforts à engager au plus vite pour esquiver un tel dérapage aux allures imminentes et pour donner de nouvelles chances à un pays en proie à :

– une réelle crise politique focalisée sur le pouvoir et ses seuls attributs matériels,

– une crise sociale tangible attisée par certains mouvements dits de droits de l’homme à l’accent acerbe,

– une crise à connotation ethnique dont les tensions couvent d’une part sous la cendre de quelques apparences sournoises de règlement définitif d’un passif humanitaire encore brûlant, et d’une cohésion sociale fragile sous le couvert de la religion commune de l’Islam d’autre part,

– une crise économique suscitée par une guerre des clans; Ceux qui s’accaparent tout sans partage et ceux qui brûlent tout sans scrupules par réaction impulsive et sans retenue. Entre leurs dents de mer se trouvent coincé le petit peuple déjà broyé par ses rivalités intestines insensées.

La crise actuelle des porteurs dits dockers reste à un titre frappant une démonstration majeure s’il en est de cette flagrante contradiction. D’un coté ces videurs de conteneurs et porteurs sur leurs dos ou par des moyens rudimentaires qui n’excluent pas l’énergie des biceps, de leur contenu vers les camions distributeurs, vecteur incontournable et indispensable par voie de conséquence à l’écoulement des importations dans les poumons et veines de l’activité économique et commerciale, et d’autre part les hommes d’affaires autre vecteur corollaire, pourvoyeurs des marchés du pays en tous besoins indispensables à sa dynamique économique et au satisfecit des exigences de sa population, se devant de contribuer toujours en symbiose à la pérennisation de leur raisons sociales respectives. Sans doute les droits et devoirs devant en cela être rigoureusement observés.

La raison du plus fort ne devant d’aucune manière et en quelque circonstance que ce soit être la meilleure, moins encore la raison insidieuse de jouer faussement sur la fibre sensible des droits exagérément bafoués.

Certes la Mauritanie qui n’est pas – loin s’en faut – au bout de ses peines, doit obligatoirement s’arrimer et vaille que vaille au nouveau concept des Etats modernes en faisant face par la voie transversale de son élite politique quoi que encore confuse, incohérente et ankylosée, sa société civile encore inapte, avide et insouciante, ses militants de droits de l’homme hargneux et incitateurs, sa presse tronquée, impuissante et presque sans âme;

Puisse t – elle seulement, par cette volonté obligatoire, entrevoir le bout du tunnel et bénéficier du concours de circonstance en découlant et se découvrant en conséquence une raison valable de survie afin que tout citoyen puisse simplement dire un jour comme Spencer « Je suis un homme, rien de ce qui est humain ne m’est étranger » dans mon pays serai-je bien tenté d’ajouter de manière circonstancielle.

El Wely Ould Sidi Haiba

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge