Initiative Messaoud: Petits pas vers une troisième voie?


Le président Messaoud Ould Boulkheïr a réuni, lundi dernier, tous ceux qui soutiennent ou seulement, prétendent soutenir, l’initiative qu’il a lancée, il y a quelques mois, pour sortir le pays de son immobilisme politique, source de tensions lourdes d’instabilité. Il y avait, là, une belle brochette de personnalités de la classe politique, de la société civile, des organisations syndicales, de défense des droits de l’Homme, etc.

Au menu, donc, l’initiative visant à rapprocher les positions, très tranchées, entre La Majorité Présidentielle (LMP) et la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), deux pôles à couteaux tirés, depuis quelques années, occasionnant du coup, le report des élections municipales et législatives prévues en 2011. Face à cette situation pleine d’incertitudes, renforcées par la crise au Mali, le président de l’Assemblée nationale et de l’Alliance Populaire Progressiste (APP) a entrepris une démarche en vue de rappeler, aux uns et aux autres, leur obligation vis-à-vis de leur pays. Son initiative vise, comme il l’a si bien dit, à faire «baisser la tension et amorcer le dialogue» au terme duquel un gouvernement d’union nationale sera constitué. Il aura à charge d’organiser des élections, transparentes et apaisées, auxquelles prendront part tous les partis politiques qui le voudront. Après avoir émis l’idée, le président Messaoud a rencontré les acteurs politiques et la société civile, pour leur expliquer sa démarche. «Aucun de ceux que j’ai rencontrés n’a exprimé de réponse négative», dira Messaoud Ould Boulkheïr, au terme de son tour des diverses officines. Ce fut, même, comme une espèce d’unanimité autour de l’initiative, même si la COD continuait à réclamer le départ du président de la République, en attendant que l’idée émise par le président Messaoud soit transformée en proposition concrète.
Pour en arriver là, le président de l’Assemblée nationale s’est quasiment retiré chez lui, pour peaufiner, nous a-t-il confié, sa proposition, en forme de document à soumettre à la classe politique. Ce qui est fait, depuis quelque temps. Tous les acteurs politiques ont eu une copie du document où Messaoud a consigné sa contribution à un compromis national, sous le titre « La Mauritanie d’abord ». Un texte de trente-cinq pages. Le président Messaoud y a explicité ses propositions, invitant les acteurs politiques à les méditer, afin de sortir notre pays de l’impasse.

Un gros dilemme

Si la COD a bien accueilli l’initiative du président Messaoud, sa position demeure encore très peu claire. Elle n’est pas la seule : la plupart des formations politiques doutent, parce que quasiment toutes les positions étaient encore floues, à la veille même de la réunion chez Messaoud. Ni le président de la République ni l’UPR ne se sont prononcés de façon claire sur l’initiative. Si pour certains, Messaoud ne peut pas se lancer dans cette aventure sans l’assurance et le soutien de Mohamed Ould Abdel Aziz, pour d’autres, il faut éviter de se faire encore rouler dans la farine et faire gagner du temps au pouvoir en place. Mais, aujourd’hui, avec l’audience de cette initiative auprès de la classe politique et des populations, la COD est contrainte à se positionner rapidement, en acceptant la proposition de Messaoud Ould Boulkheïr, pour ne pas rater le train. Position très délicate. Elle qui réclamait, dans la rue, le départ d’Aziz, la voilà qui évoque, désormais, une « transition consensuelle », avec l’absence, de plus en plus prolongée, du président de la République dont on ignore tout du réel état de santé. Refuser de prendre le train en marche affaiblirait la COD et ouvrirait, d’autre part, une troisième voie, un pôle médian, avec, comme leader incontesté, Messaoud Ould Boulkheïr. Le soutien des trois partis de la Convergence Patriotique (ADIL, RD, MPR), issus de la LMP, n’exclut, d’ailleurs pas, de s’engager dans cette voie. Une voie qui gagnera en puissance, même si le président de la République rejette l’initiative. Un signe encourageant, de ce côté : la présence, à la réunion, du président de la majorité présidentielle, Ould Belmaali. Selon certaines confidences, ce dernier aurait reçu l’aval du PM pour prendre part à la rencontre chez Messaoud. La présence du coordinateur de la LMP ou ce qui en tient lieu s’expliquerait par le souci de la présidence, en cette période d’incertitudes, de ne pas laisser le terrain libre au président de l’Assemblée nationale dont l’initiative semble, désormais, s’imposer à tout le monde.
Au terme de la rencontre de dimanche dernier, les participants ont adopté un plan de travail avec la mise ne place d’une commission de coordination qui doit accoucher d’une feuille de route. D’ici là, on verra bien ce qu’il en sera du retour du président de la République, toujours reporté, à ce jour…

Dalay Lam

Source : Lecalame

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