Inondations : Kane Hamidou Baba du MPR visite les sinistrés d’El Mina

MPR-KANE SINISTRES_ELMINA 12-10-2013 - RIMWEB.NETDésolation, calvaire, désarroi et résignation … c’est la situation que vivent les populations d’El Mina. Ce gros département en termes de densité humaine, vit dans une situation de sinistre totale. Les dernières pluies tombées sur Nouakchott depuis le 16 septembre, ont été à l’origine du calvaire que vivent les populations de cet arrondissement. Malgré de timides secours et l’appel du pied des populations sinistrées à l’endroit de l’Etat, le spectacle est tout autre. C’est le drame dans la banlieue de Nouakchott. C’est cette situation qui a motivé la visite ce 10 octobre à El Mina, du Dr Kane Hamidou Baba, président du Mouvement pour la Refondation (MPR) pour s’enquérir de visu la situation que vivent les populations frappées par les inondations.

 Triste constat. Le tour de visite du président du MPR accompagné de son 1er vice-président, Sidi Ould Kleb et de quelques membres de son parti, a suffi pour comprendre le désastre que vivent nos compatriotes de cette banlieue d’El Mina. Accueillie par Mme Dieynaba Wélé, responsable de la section du MPR à El Mina, la délégation conduite par KHB a d’abord écouté les populations sinistrées assises à même le sol mouillé, à côté des eaux puantes et suffocantes. C’est d’ailleurs cette odeur nauséabonde qui a souhaité la bienvenue à la délégation. Chacun a bouché ses narines pour traverser les eaux verdâtres. Une couleur qui montre la présente de pathologies dans ces eaux.

 

Les populations  s’expriment dans la désolation

 

C’est d’abord Mme Dieynaba Wélé, de présenter son leader aux populations venues exposer leur situation au président du parti MPR dans l’espoir d’une solution à leurs problèmes. Cette section, forte de près de 300 membres selon Mme Wélé, a eu son lot de désastre. Les populations ont eu des habitations détruites et étaient obligées de déguerpir vers des zones d’Arafat et PK. Les populations qui continuent d’évacuer l’eau par les moyens du bord, ont posé des doléances aux visiteurs. Des doléances qui se résument aux besoins de médicaments pour lutter contre les maladies dont le paludisme, des moustiquaires pour lutter contre les moustiques mais surtout d’assainissement. « Comme vous pouvez le constater, dit Mme Wéllé, ici, 20 maisons ont été vidées de leurs occupants ». La femme de l’Imam Idrissa Diop présente, a indiqué leur maison absorbée par les eaux. « Nous sommes obligés de quitter notre propre maison pour aller louer une maison à 40.000 ouguiyas à Arafat » a-t-elle dit, le visage triste. D’ailleurs, à en croire les habitants de la zone, « notre imam ne revient ici que les vendredis pour la prière ». Une navette que les musulmans de la zone n’apprécie pas mais «que faire, situation oblige ! » se désole le jeune Mamadou Abdoulaye Wane qui montre son domicile complètement occupé par les eaux puantes. A l’intérieur de celui-ci, aucun signe de vie humaine. C’est l’horreur !

Pour sa part, Mme Mame Ndaw Thiam, la cinquantaine sonnante, explique le calvaire que vivent les femmes et leurs enfants principalement. « Nos vies sont en danger ici surtout pendant la nuit » soutient-elle. « Nous voulons des motopompes pour l’évacuation des eaux, des médicaments pour se soigner des maladies mais aussi des moustiquaires pour nous protéger contre les moustiques » poursuit-elle. Dieynaba Wélé rebondit pour nous avertir : « si la nuit vous trouve ici, vous allez le regrettez », dira-t-elle mettant l’accent sur le problème d’assainissement. D’ailleurs, après quelques heures de visite, au crépuscule, nous sommes assaillis par une meute de moustiques, preuve que dans cette zone sinistrée, la réalité est tout autre.

De son côté, Samba Ndiaye, un adulte visiblement mécontent des politiques, lâche amèrement ses mots. « Quand nous sommes malades, on nous donne des aspirines mais quand les politiciens sont malades, ils prennent des avions pour aller à Dakar, en Tunisie, en France ou ailleurs » a-t-il dit. Une façon de montrer l’insouciance des gouvernants et des politiciens qui ne viennent dans ces zones que lorsqu’il s’agit des élections.  Et le leader du MPR a bien compris le message.

Après avoir écouté les sinistrés, Kane Hamidou Baba a exprimé ses sentiments de solidarité et de compassion à la douleur qui frappe les populations d’El Mina qui constitue pour lui, un échantillon de la situation globale des inondations. Ensuite, la délégation du MPR a effectué une visite guidée des maisons submergées et des habitants qui pataugent encore dans l’eau sans solution pour l’instant. « Nous sommes là, on ne sait pas où aller faute de moyens. Les maisons qui nous sont proposés dépassent nos bourses » lance Aminata, une vieille dame, la cinquantaine.

 

«La situation était déjà grave …»

 

«Je voudrais tout d’abord compatir à la douleur et à la détresse des populations sinistrées de cette zone échantillon. Mais en réalité les populations sinistrées sont dans tout le département d’El Mina, de Sebkha, de la Socogim Ps bien sûr il y a d’autres localités » dit-il au terme de la visite. «Je suis venu faire une visite aux populations sinistrées, les écouter et comprendre la situation dans laquelle elles se trouvent. J’étais déjà passé ici il y a de cela quelques mois, au tout début de l’hivernage. La situation était déjà grave mais elle s’est par la suite empirée » reconnaît KHB qui dit avoir appris les échos de la situation qui continuait à s’empirer dans ces quartiers alors qu’il était à l’étranger. «Comme vous le constatez, il y a de graves problèmes d’assainissement dans cette ville. Vous l’avez constaté aussi avec moi que l’Etat était défaillant, que les populations abandonnées à elles-mêmes ont fini par déguerpir  de leurs maisons et ont fait face à des spéculations qui dépassent de loin leurs bourses » souligne-t-il.  

 

L’Etat encore absent

 

«Nous avons écouté aussi les populations qui criaient leur désarroi par rapport à ce problème de santé et d’hygiène qui d’ailleurs saute aux yeux, qui est visible » martèle le leader du MPR qui a fustigé la démission de l’Etat face à la situation de secours. « Il faut le dire, l’Etat a failli à son devoir d’assistance à ces populations. On aurait dû déclencher un plan ORSEC (organisation de secours) pour venir au secours de celles-ci. Ceci n’a pas été fait. Je m’étonne que dans ce département d’El Mina qui est en vérité le deuxième département en termes de densité des populations, qu’on prenne des milliards pour mettre dans de nouvelles villes,  des villes fantômes alors qu’il y a des populations qui sont là, qui elles, ont besoin de soutien » s’insurge Dr Kane Hamidou Baba.

 

Penser aux populations au lieu d’organiser des élections chaotiques

 

Kane Hamidou Baba, devant la situation de sinistre général, a interpellé l’Etat à faire mieux pour sortir les populations de leur calvaire au lieu de penser à organiser des élections « chaotiques ». «Vous avez vu aussi ces écoles qui sont inondées alors que la rentrée scolaire est là. Au lieu de s’occuper  de ces écoles inondées, on est en train de marcher à pas forcé vers des élections chaotiques parce que n’ayant aucune chance d’être tenues dans des conditions transparentes, normales et régulières » soutient-il avant de poursuivre : «Je pense que les populations que j’ai rencontrées aujourd’hui (jeudi 10 octobre ndlr), ont d’autres soucis que de se dire « venez voter pour un candidat ou un tel autre » sachant que leurs conditions ne vont pas changer quelque soit le candidat qui viendra dans telle ou telle marie dans les conditions actuelles » prévient-il.

 

La solution à court terme pour le MPR?

 

Interrogé sur la solution que son parti propose à court terme, KHB ne passe pas par quatre chemins. «A court terme, il faut les assister à deux niveaux. Au niveau de l’évacuation des eaux. Naturellement, nous sommes un parti politique et nous n’allons pas faire des promesses mirobolantes. Et nous ne pouvons pas venir en soutien à toutes les populations du département qui est un très grand département » a-t-il dit. Cependant, «pour les populations que nous venons de visiter, nous ferons des efforts en matière d’assainissement. Et compte tenu de la forte demande express en médicaments, le parti s’approchera des médecins, des Ong qui sont dans le domaine pharmaceutique pour voir comment venir en aide à ces populations dans les meilleurs délais possibles » promet-il. Toutefois, «Nous n’avons pas de solutions à long terme ni moins à court terme. Puisque à long terme, il faut un programme d’assainissement comme cela se fait dans d’autres pays » reconnait KHB non sans regretter la façon dont les constructions sont faites dans ces départements. «Comprenez, dans des départements où le niveau d’habitation est le même que celui de la mer et où on a l’eau qui vient sous la terre, il faut prendre des solutions radicales» indique-t-il.  «Effectivement, on a construit dans des zones non habitables. L’Etat doit prendre ses responsabilités. S’il y a une nouvelle ville à construire, c’est ici qu’il faut le faire. Il faut faire déguerpir les populations dans des conditions de dignité, de recasement.  Ce sont des solutions » poursuit-il.  Toutefois, renchérit Kane, «d’autres solutions peuvent être envisagées en faisant ce qu’on appelle l’assainissement par les fosses sceptiques et autres. On peut faire le système de drainage des eaux en créant des lacs artificiels et développer des activités agricoles comme cela se fait ailleurs». En clair, le président du MPR, par cette visite, veut engager son parti pour trouver une solution à la situation. «En tout cas dans le cadre de notre parti, une réflexion sera engagée pour trouver des solutions qui sont plus durables » conclut-il.

Reportage RIMWEB

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IBOU BADIAN

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