INSOLITE: La police interpelle un ancien ministre de l’Intérieur

L’ancien ministre sénégalais de l’Intérieur, Ousmane Ngom, a été interpellé mercredi à dix jours des élections législatives au Sénégal pour être entendu sur la gestion controversée de l’ancien pouvoir du président Abdoulaye Wade, battu en mars par Macky Sall après douze ans de règne.

Ousmane Ngom a été interpellé à Kolda (sud du Sénégal), et transféré par avion à Dakar, alors qu’il était en campagne pour les élections législatives du 1er juillet, selon des sources concordantes.

« Des policiers sont venus le prendre à Kolda », a affirmé à l’AFP une source policière sans préciser les raisons de cette interpellation liée, selon la presse locale, aux audits de la gestion de l’ancien pouvoir lancés par le régime du président Macky Sall, élu le 25 mars face à Abdoulaye Wade.

Selon la même source, Ousmane Ngom a été interpellé par la Brigade d’intervention polyvalente (BIP), unité d’élite de la police, et la Division des investigations criminelles (DIC), la police judiciaire.

Lors d’une conférence de presse mardi soir à Kolda, Ousmane Ngom avait déclaré n’avoir « pas encore officiellement reçu de (nouvelle) convocation. Je n’ai rien à craindre. S’il y a des audits, que Macky Sall le soit au même titre que tous les autres ».

Le nouveau président est un ancien proche collaborateur de M. Wade dont il a été ministre et Premier ministre avant de passer à l’opposition.

M. Ngom, un des principaux responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS, ex-pouvoir), avait récemment été convoqué par la justice pour être entendu dans le cadre des audits lancés par le nouveau pouvoir, mais avait décidé de quitter de lui-même le Palais de justice à Dakar après, selon lui, une longue attente.

Il avait déclaré qu’il ne répondrait plus à une convocation de la Police avant la tenue des législatives et avait invité les ex-dignitaires du régime Wade à en faire de même.

« Intimidation et harcèlement »

Le PDS a dénoncé la convocation de ses responsables comme « un harcèlement » et une « intimidation » pour les empêcher de faire campagne avant les législatives visant à renouveler pour cinq ans les 150 députés à l’Assemblée nationale, actuellement largement dominée par ce parti.

Plusieurs responsables de l’ex-pouvoir, dont le président du Sénat Pape Diop et d’anciens ministres, ont été ces derniers jours convoqués par la gendarmerie et la justice.

Le gouvernement sénégalais a récemment mis en place une Cour de répression de l’enrichissement illicite pour récupérer l’argent et les biens mal acquis et poursuivre les auteurs de détournements.

Il a également sollicité l’appui de l’ONU et de puissances occidentales pour « recouvrer les biens publics spoliés et placés à l’étranger », dans le cadre de l’Initiative Star (Stolen Assets Recovery) pour la restitution des avoirs volés, lancée en 2007 par la Banque mondiale, en partenariat avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONDUC).

Cette initiative a pour but d’aider les pays en développement à recouvrer les avoirs volés par des dirigeants corrompus, à investir les fonds restitués dans des programmes de développement efficaces, et à combattre l’existence de paradis à l’étranger pour accueillir les fonds publics détournés.

Ousmane Ngom avait en outre été très critiqué pour la répression des manifestations de l’opposition pendant la campagne de la présidentielle au cours desquelles au moins six personnes avaient été tuées à Dakar et en province.

Mercredi, Amnesty International a exigé du nouveau régime qu’il respecte son engagement à lutter contre « l’impunité » des auteurs d’atteintes aux droits de l’Homme pendant cette campagne et avant.

Source: afreecatoon

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