Radio du saint Coran,prix de l’esclave en Mauritanie

femme haratine en pleure
Nous avons bafoué les HARATINE… et combien de Modibo Diarra et de Mozart avons-nous assassinés ?!
Au cours de la semaine dernière, la Radio du Saint Coran, affiliée au régime, a provoqué l’explosion d’une bombe juridico-socio-politico-morale, lors de l’émission du prêcheur Saoudien Salah ben Awad ben Salah El Moughamsi, qui a affirmé que ceux qui sont sous le coup d’une ‘’Kafara’’, pour affranchir une esclave, peuvent le faire en RIM où le coût de l’esclave est de 10 .000 Riyal Saoudiens = (800.000 Um).

Cette affirmation a mis de l’huile sur un dossier déjà incandescent et chauffé à blanc ; elle a également remué le couteau dans une plaie béante et qui ne finit jamais de se cicatriser, en ouvrant le dossier de l’esclavage sous une optique ultra sensible et en émettant de nouvelles opinions dans un contexte où les circonstances sont inopportunes.
Jadis, le dossier de l’esclavage en Mauritanie n’avait jamais été clos, malgré les décisions juridiques en faveur d’esclaves ou d’affranchis, depuis l’aube de l’indépendance. Les textes juridiques promulgués au temps du Président Haidalla sont restés lettres mortes, s’ils n’étaient pas mort-nés les années 80 ; à ceux-là s’ajoutent les additifs du Président Sidi Ould Cheikh Abdallah le laps de temps de son éphémère passage à la présidence !
Cette dichotomie ou cette incohérence des lois et de la réalité vécue des Haratine (esclaves), s’explique par la non-adéquation entre les textes juridiques d’une part et les pratiques quotidiennes de cette tare, d’autre part, dans les milieux féodaux, au su et au vu des autorités, bénéficiant, toujours, de leur protection, voire avec leur complicité.
Cependant, le dossier de l’esclavage ne se limite pas uniquement au seul plan juridique, mais le transcende pour englober d’autres domaines. Il est grand temps que l’on fasse la lumière sur le problème de l’esclavage avec la rigueur, la conscience et l’impartialité requises.
A/● Sur le plan(VIQH) de la jurisprudence :
Puisque, cette fois-ci, le coup de poignard est venu de derrière, par les érudits(Oulémas) eux-mêmes, sensés –à priori- être la référence et le Référent, spécialisés en la matière (Droit divin), la Charia parfaite, exempte d’impuretés politiques ou d’états d’âme ou de spéculations personnelles ;il était dans ce cadre ,plus rationnel et plus opportun d’exposer la genèse de la problématique de l’esclavage en Mauritanie.
Ici, je me pose la question, simple en apparence, mais profonde, dans sa conception et son assertion : elle fut posée par le Président de SOS Esclave Mr. Boubacar Ould Messoud : « Si les Oulémas et les prêcheurs en Mauritanie considèrent ou voient que nous sommes des esclaves, propriétés privées de nos maîtres, jusqu’à nos jours, pourquoi ils ne s’arment pas de courage moral et intellectuel suffisant pour nous le confirmer et nous le notifier ;et nous, en tant que musulmans ,nous serons tenus d’y concéder dans la limite du permis ; et si ces vénérables Oulémas jugent ou voient que nous sommes affranchis ,libres réglementairement ,juridiquement partant du fait d’être d’origine esclave ou du fait d’autres circonstances ,pourquoi ,ces prêcheurs ne nous le démontrent-ils pas et ne nous soutiennent –ils pas face aux torts que l’on nous fait subir sous leurs yeux ?! »
J’ajoute ceci, pourquoi trouve-t-on des prêcheurs et des Oulémas prêts à donner un jugement Fatwa sur demande (par une limpide démonstration qui ferait rougir les os de Descartes, nos Oulémas ont découvert, à l’époque paléolithique, l’existence de liens de cousinage entre le peuple de Mauritanie et celui d’Israël : hypocrisie, quand tu nous ligotes, aie pitié de nous !) avec courage et ténacité et l’on trouve des Fatwa exceptionnelles à propos de la normalisation avec Israël, concernant la loyauté et l’obéissance aveugle vis-à-vis du dictateur quel qu’en soit le locataire du Palais, on les trouve ces Fatwa, concernant les conditions de mariages en Israël, sur le Ribat, la nudité, l’inceste, l’adultère,les stupéfiants, le Sida, le tabac, les jeux du hasard, sur la musique, sur les révoltes et soulèvements populaires ,sur les extrémismes , les feuilletons et séries, le salut des étrangères à la main ,aller à la plage ,au pèlerinage, le football, le cinéma, le sport des filles, la démocratie, le terrorisme, la modération ,la viande de poulet importé, les 3 divorces ,le divorce absolu, le mariage des gays et lesbiennes, le manger, le boire , le dormir, le coucher, le lever, le marcher, le marché, vendre ,acheter, ….etc.
Il parait clair que le droit musulman doit s’intéresser à tous les niveaux ,à tous les segments de la vie et l’on ne trouve pas d’érudits qui abordent ou donnent leurs avis d’une façon indépendante sur une pratique anachronique d’exploitation d’hommes par l’homme, si néfaste et si dégradante qu’est l’esclavage en Mauritanie.
Pourquoi les érudits ont-ils donné leurs avis positivement sur le dossier de l’esclavage quand le Président Haidalla leur avait demandé cela ?!!! Et pourquoi le régime actuel ne l’exige-t –il pas de ceux-là qui sont habilités à le faire aujourd’hui pour clarifier la genèse de l’esclavage, l’avis positif ou négatif des prêcheurs vis-à-vis de cette insulte ? Mais ce régime est plus préoccupé ces jours-ci à promulguer, divulguer et à généraliser des Fatwa à propos des manifestations pacifiques, à officialiser le domaine religieux et les Oulémas, à provoquer des dissensions intestines entre Oulémas du pays.
Est-ce que la totalité ou partie de nos Oulémas (fiers héritiers des Prophètes PSE) croient en la légitimité de posséder des esclaves, de les maintenir dans leur piteux état sur tous les plans et s’abstiennent de dire, d’affirmer, de notifier ce en quoi ils croient, compte tenu de telle ou telle circonstance ? Ou bien, est-ce qu’ils croient en l’illégitimité initiale, jadis, de l’esclavage ou de son illégitimité s’il aurait été légal , à cause des privations, des brimades, des exactions, des mutilations, des supplices, de la vente, des castrations, des viols, de marginalisation ,de dépravations, d’abêtissement, d’appauvrissement, de négation, de bassesses, de déshumanisation qu’on leur faisait subir et qu’ils subissent encore ; et avec tout cela, nos Oulémas craignent-ils à ce degré d’apporter assistance à ces damnés de la terre ,indépendamment des époques ?! J’aimerais, avec la permission de mon
frère DIENG, accabler un peu nos Oulémas qui s’occupent d’autre chose que de la mission qui leur est dévolue, ce qui leur attire l’ire de tout le monde :
« Il est grand temps que les Oulémas Mauritaniens qui sont censés répandre les instructions divines prônées dans le Saint Coran, apprennent à prendre leur distance de l’exécutif et de certains politiciens véreux qui n’entretiennent que leurs intérêts égoïstes et personnels.

Les Oulémas Mauritaniens sont en grande partie responsables de la situation chaotique et de faillite généralisée qui prévaut dans le pays car sous couvert du manteau de l’Islam, ils encouragent (Esclavage, Epuration ethnique, Racisme entretenu, Ignorance, Complicité, complaisance, Corruption, Gabegie, Trafic humain, Endoctrinement, Escroquerie, Hypocrisie, détournement de l’Aumône étrangère et de tous les fonds destinés aux mahadras). Ne devraient-ils pas être d’ailleurs audités ?

Leur soumission sans scrupules à tous les régimes successifs pour la préservation de leurs avantages acquis au nom de l’Islam en font d’eux des suppôts de Satan, plutôt que de porteurs de bonnes paroles pouvant apporter contribution à la cohésion sociale et la stabilité. L’histoire de notre sainte religion nous enseigne que toutes les cités qui s’adonnaient à ces pratiques ont été détruites ou maudites à jamais.

Ce sont ces mêmes Oulémas qui ont contribué à l’établissement des relations entre la Mauritanie et l’Israël par une implication dans le discours favorable de Taya et la sensibilisation auprès des populations. Ils ont applaudi et tenté même d’expliquer les liens de cousinage entre les deux peuples.

Leur dernière prière de l’Istisghah organisée récemment implorant Allah le tout puissant pour de bonnes pluies n’a engendré que tempête de sable, poussière, canicule et conjonctivite. Ceci est plein d’enseignement.

Les oulémas n’ont jamais posé dans leurs khotbbas les questions auxquelles les citoyens sont confrontés quotidiennement. Alors qu’il est convenu que ces moments forts de communion dans les mosquées et principalement le vendredi doit être des instants pour interpeller et produire des conseils.

Devront- ils rester Oulémas ceux qui cautionnent, acceptent et partagent tout sur leur passage? Devrons- nous continuer à faire confiance à ces Oulémas dans cette Mauritanie d’aujourd’hui? »

Mr El Hussein DIENG
Président de l’ONG Initiative Pour Tous

B/ ●Sur le plan Social :
Sur ce plan, je vais en parler en tant qu’homme, acteur, faisant partie intégrante de cette société, non comme observateur extérieur ‘’anonyme et passif’’ contrairement à celui juridique pour lequel j’étais un profane, novice en la matière ; pour y explorer les ténébreuses profondeurs.
Ainsi, la société mauritanienne, par ses franches (El bidhane-et Négro-africaines), est, aujourd’hui interpelée sur tout ce qu’elle avait fait et fait toujours subir aux esclaves et aux anciens esclaves. Personnellement, j’ai la chair de poule, je suis honni par mon appartenance à cette société féodale et pour ne pas avoir pleinement contribué à l’émancipation et à la prise de conscience de ces faibles gens, opprimés, privés des droits humains les plus élémentaires en ce XXIème siècle. Cette société qui dénie, refuse d’attribuer un nom propre à un être humain de chair et de sang, à plus forte raison à un frère dans l’Islam, un compatriote, omniprésent à mes côtés pour le meilleur et pour le pire ! Et use de prête-noms : « Isselem Arbih- M’barak Aleyna- Bla Essem- Isselem Moulah……….. Etc. », ne sont que des connotations et indications humiliantes qui découlent de l’état ‘non-humaniste’, de’’ chosification’’ des esclaves abandonnés de l’état et de la société à leur sort. Ceux qui refusent de donner un nom propre à un être humain, à tous points de vue semblables, ne peuvent ressentir vis-à-vis des ces esclaves, du respect, de la considération, de l’égalité qui sont des vertus supérieures réservées aux cités philosophiques imaginaires et allégoriques.
Aucun homme doté de bon sens-la chose la mieux partagée- ne peut feindre d’ignorer la réalité criante -qui saute aux yeux- des esclaves, des affranchis, des Haratine ou ‘’sans nom’’, appelle-les comme tu voudras ; je ne parle pas ici, de personnalités auxquelles a été confié quelque fonction, elles ont détourné les biens, bafoué le patrimoine ,trahi la Cause et elles se sont noyées dans la gabegie financière et matérielle ; elles ont franchi les hautes marches de la fonction de l’Etat(exécutif, législatif et juridique).Je ne parle pas non plus d’individus arrivistes et opportunistes – qu’on peut compter sur les doigts d’une seule main – qui ont chevauché le cheval de la Cause des Haratine ( fonds de commerce :hold up de la Cause dirait AOAS) pour en tirer des dividendes à des fins personnelles .
Mais, je parle des 4/5ème virgule cinq des Haratine parmi ceux qui souffrent de l’ignorance, de la pauvreté, de l’indifférence et de l’humiliation : qu’ « on regarde comme le rebut du monde, comme réduits à l’extrémité de la vileté et de la bassesse », disait Emile Littré.
Je parle de celles(bonnes) qui sont employées par des familles sans scrupules qui cumulent plusieurs salaires d’arriérés avec madame et qui sont accusées de vol d’objets précieux (or, bijoux de madame, portable Iphone dernier cri de monsieur) pour être en fin de compte congédiées, jetées dans les recoins obscurs d’un commissariat de police dont le Chef est un cousin à madame, perdant d’un seul coup , l’âme ,l’honneur, la dignité, la liberté et les biens chèrement acquis !
Je parle d’adolescentes dans leur printemps d’âge dont les camarades-filles partent, le matin, à l’école pour étudier, tandis qu’elles partent pour servir des familles sans pitié, en contre partie de miettes moins de 10.000 ouguiyas = moins de 35 US Dollars/mois pour venir en aide à leur maman démunie.
Je parle de jeunes filles nées musulmanes et se comportant comme telles, qui sont l’objet de viols, soit par ceux qui profitent de leur situation de filles bafouées (mises au ban de la société),soit par ceux qui les considèrent comme bonnes à tout faire, faisant fi de la loi d’ALLAH ( Qui nous a créés égaux comme sur les rangs de la Prière et ‘’inégaux’’ dans le reste de la vie- ) se demandait Ould Ebnou, dans son Roman. Ou bien violées par leurs maîtres qui se sont octroyé le droit d’usurper : d’user de leur corps et d’en abuser à leur guise, pour assouvir leur besoin bestial insatiable et pour vider leur libido nauséabonde dans leur innocente pureté.
Je parle d’adolescents et de mineurs abandonnés à l’orée de la rue ou à la lisière des poubelles, le mieux loti d’entre eux est celui qui vit accroché comme une sangsue sur une charrette qui n’est pas sienne, à longueur de journée, frayant difficilement un passage entre les embouteillages monstres , pour vendre l’eau des 2 fûts ,ignorant la route de l’école et le sens de l’instruction .
Je parle de ces dames qui accouchent à l’étable, à proximité de la haie du petit bétail, sans soins ni suivis médicaux, qui élèvent leurs fils à la manière des kangourous, loin de toute civilisation et du monde intelligible ; qui finissent leur vie à garder les troupeaux des maîtres dont elles ne possèdent un seul poil. Sans provisions, partant à l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, à la recherche de pâturages et rentrant le soir, au coucher du soleil, éreintées, assoiffées, affamées ne trouvant ni sourire ,ni paroles chaleureuses ,ni douceur, ni amabilité, sans égards ni regard compatissant de ceux qui les exploitent jusqu’au dernier soupir.
Le plus souvent, elles meurent seules, dans une brousse sauvage, sans assistance, par la soif, la faim, ou les deux à la fois. Seuls les battements de queue et des paupières humides d’un fidèle compagnon (chien) qui observe, attendri, touché par la vue d’un être aimé qui passe de vie à trépas, constituent l’unique oraison funèbre.
Je parle surtout de ces infortunés (garçons et filles) à bas âge, cruellement arrachés de la chaleur affective de leur mère, pour être offerts en guise de présents à des personnalités à têtes couronnées, venues d’ailleurs.
Je parle de ceux-là, à l’âge de la floraison, rongés par les affres de la faim, incapables de se tenir debout, malingres et fragiles, ployant l’échine sous des poids insupportables, pour gagner de quoi (sur)vivre…… une journée.
Je parle de morts (inertes), à qui on n’autorise pas l’enterrement dans le cimetière des maîtres (cas des esclaves négro-africains = soninké jusqu’à récemment?) parce qu’issus d’une basse caste.
Je parle de générations qui grandissent répondant par : ‘’tel fils de telle’’ : comme Messoud Ould Aicha, Mbareck Ould Youme, Oumar Ould Vatma, n’ayant jamais connu le nom de leurs pères, ne sont associés à aucun géniteur mâle. Ceci parce que le sieur qui garde jalousement la religion (Islam) pour lui, ne leur avait pas dit qu’ils étaient concernés par cet Islam, quand ils lui obéissaient au moindre geste et quand ce même maître s’en orgueillait, (par des comparaisons arithmétiques des serfs nés hors-la-loi (hors-mariage) devant ses compères de la même veine, comme s’il s’agissait des poussins d’une poule. Le plus souvent, le maître participe lui-même à la multiplication des naissances, car le nombre d’esclaves est signe de vestige et de grandeur dans sa jungle.
Je parle de vieux, à l’âge avancé dont tout le monde témoigne de la loyauté et des services rendus aux petits et aux grands ,de leur bonne moralité ,de leur obéissance ,de leur droiture ,ces vieux qui vivent les derniers instants crépusculaires de leur existence sur terre et qui ne peuvent s’asseoir sur une natte sur laquelle sont assis des gamins à l’âge de leurs arrières- petits-fils ,parce qu’ils sont les descendants de leur maître ,mais surtout parce qu’ils (ces vieux) sont domptés, soumis , abêtis, aliénés, ’domestiqués ‘ , sans âme, humiliés, mystifiés ,marginalisés ,aux actes automatisés, leur personnalité annihilée, sans amour propre, l’honneur atomisé ,dissipé au gré des temps immémoriaux.
Cette soumission aveugle a été générée et léguée de génération en génération, par le fait de pratiques atroces, dégradantes, inhumaines, bestiales, humiliantes, individuelles et collectives à travers leur vécu séculaire. Ces animosités refoulées dans leur subconscient, sont injectées dans leurs gènes, leur sang et leur chair engendrant la bassesse inconsciente, passive, amorphe et ankylosante.
Je parle de cette franche, la plus opprimée de toutes les autres, la plus imprégnée du sens de la Patrie ,la plus encline à l’esprit de productivité ,la plus modeste ,la plus laborieuse ,la plus marginalisée, la plus assujettie ,la plus exposée aux préjugés négatifs ;par exemple : un voleur vole ,la nuit, une bonbonne de gaz, au matin ,j’entends mes sœurs et leurs voisines ,quelques habitants du quartier (hommes et femmes),maudire et médire les Haratine « le voleur, c’est sûr, c’est un Hartani ! » ,d’un ton dédaigneux ,raciste et infecte ! Peut-être, parce que ces gens qui accusent les Haratine savent que le vol des milliards du budget national est exclusivement réservé à une certaine High classe connue et si cela la dépasse, c’est à un ramassis restreint d’individus sans scrupules. De même que les grands crimes et délits sont de l’apanage d’une autre clique mafieuse sans foi ni loi, qui parraine le terrorisme, le blanchissement de l’argent par milliards, qui mène les coups d’état, qui vend la drogue par milliards également, qui brade les richesses de la nation.
Et qu’attend-on d’un ignare, sans sou pour assouvir sa faim, étancher sa soif ; d’aucuns diront que la pauvreté et l’ignorance se trouvent également dans d’autres franches de la société, ceci est vrai. Mais, qui en est le responsable ! C’est l’état (en partie) et la classe pourrie de toutes les franches et de toutes les ethnies. Seulement, la réalité quotidienne des Haratine est le legs de générations, ne découlant pas de l’état, car c’est la responsabilité de la société avant l’état, la responsabilité des maîtres qui ont possédé mais n’ont pas été cléments qui ont eu le pouvoir mais n’ont pas été justes.

C/● Sur le plan politique :

Le dossier de l’esclavage et la réalité des Harratine est une carte (joker) politique (un fonds de commerce lucratif) (une vache à lait : Khan-doud), d’une valeur rare théoriquement.Chacun la caresse dans le sens du poil, la dorlote, fait son apologie, parmi ceux-ci d’invétérés féodaux, dépravés purs et durs qui continuent encore de pratiquer la ‘’traite’’, l’apartheid’ sous le manteau (la Deraa) et le racisme dans leurs comportements anachroniques au sein de leur entourage, voire le font apprendre à leurs progénitures.
L’état continue, également, de feindre son existence (n’est esclave que celui qui veut … : disait un jour, un certain président, démenti poliment, par l’ambassadrice US, plus tôt ; redémenti officiel (Radio Saint Coran= officielle) avec preuves à l’appui : le coût d’une esclave en RIM = 10.000 RS ,par le prêcheur Saoudien Salah Ben Awad Ben Salah ,plus tard ), et s’abstient de procéder à la discrimination positive pour réduire le grand fossé (l’abîme) entre les Haratine et le reste des communautés sur le plan de l’éducation, des conditions de vie et même psychologiquement.
Des hommes politiques qui n’ont jamais levé le petit doigt en faveur du dossier des Haratine, pour défendre leur Cause dans le passé récent, se présentent aujourd’hui comme les défenseurs de celle-ci, de l’égalité et de la liberté. Ce sont des prises de positions circonstancielles, éphémères qui se dissipent au gré du vent, le lendemain.
Le pire, parmi ces soi-disant porte-flambeau de la Cause des Harratine, ce sont ceux qui s’activent un temps pour lutter contre l’esclavage et s’aplatissent dès qu’ils perçoivent en contrepartie : une nomination dans un poste (gras) et juteux ; ils jettent le bébé, les couches, le linge et l’eau du bain ; ils déposent les gants, la ceinture et le protège-dents ! Ce qui fut le cas au temps de Taya et est actuellement en vigueur (suivez mon regard !)
La sagesse populaire affirme qu’on n’est jamais bien servi que par soi-même : seuls ceux qui sont victimes de ce fléau, qui l’ont dans leur sang, vivace dans leur conscience, marqué dans la profondeur de leur chair meurtrie pourront relever le défi et annihiler ses séquelles pour redonner un sens à leur vie : « Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent » disait Victor Hugo il ya de cela deux siècles!
Quand un homme de principes défend une cause dont il en espère un profit personnel, pour soi-meme, soit pour sa race, son ethnie ou sa région, ceci vide la Cause de sa quintessence et l’homme de son honneur et de sa raison d’être.
Pour les Harratine aujourd’hui, il ne leur est pas facile d’obtenir leurs droits et améliorer leurs conditions de vie, sans un mouvement radical, d’ensemble ,de grande envergure, (je ne veux pas dire une révolution au sens strict du mot, ni de manifestations de grandes foules déferlantes à travers les boulevards : celles – ci sont des mesures), je veux parler d’ une force politique conséquente, consciente, constante à tous les niveaux sans exclusive, mettant en relief la légalité et la grandeur de l’objectif ,la légitimité du moyen utilisé, la noblesse de la mission :ceci obligera les autres de descendre ,de sortir de leur tour d’ivoire, d’être attentifs aux doléances d’une majorité humiliée, marginalisée, bafouée , et de changer leur vécu ici et maintenant sans compromission.
Signe des temps
Lorsque le régime n’a pas pu importer de prêches (Fatwa) malgré son aversion pour le savoir importé, comme si la Révélation nous est spécifique, à nous, ici ,terre des féodaux ,et puisque ses vœux n’ont pas été exaucés dans d’autres forums ,notre ‘régime ‘, a pu fixer et préciser pour les cupides maîtres féodaux ,le coût de leurs esclaves (un prix insignifiant),par le biais de ses honorables hôtes, du même coup ,il a généré l’émergence et éveillé les consciences quant aux dons ,aux prêts et même au trafic et vente d’ esclaves .
L’ingratitude et la vilénie du maître, servi, obéi au moindre geste, dichotomie révélée dans la bouche d’un mineur (esclave) lors de sa vente au marché aux esclaves cité par El Hariri :

 

وجشع ووحشية السيد حتى وهو يُخدَم. ثنائية صورها الحريري على لسان غلام وسيده ساعة عرضه في سوق النخاسة حيث قال السيد فيما قال:
منيشتَريمنيغُلاماًصنَـعـا * * * فيخَلْقِهِوخُلْقِـهِقـدبـرَعـا
وإنتُصاحِبهُولوْيومـاًرَعـى * * * وإنْتُقَنّعْهُبظِـلْـفٍقَـنِـعـا
فرد الغلام مذكرا بسجاياه ومستعطفا:
أمَاجرّبْتَنيفخَـبَـرْتَمـنـي * * * نصائِحَلمْيُمـازِجْـهـاخِـداعُ
ونُطْتَبيَالمصاعِبَفاسْتَقـادَتْ * * * مُطاوِعَةًوكانَبهاامـتِـنـاعُ
ولِمْسمَحَتْقَرونُكَبامْتِهـانـي * * * وأنْأُشْرىكمايُشْرىالمتـاعُ
علىأنيسأُنشِدُعنـدَبـيْعـي * * * أضاعونيوأيَّفتًىأضـاعـوا

Quelle est alors la solution ?
Question simple mais dont la réponse requiert un grand effort à la dimension de sa pertinence et à la profondeur de la problématique mais aussi de par l’antériorité historique et la complexité du phénomène de l’esclavage.
Parmi les mesures envisagées :
►Le régime, à coup sûr, ne sera pas l’initiateur, l’instigateur d’une solution radicale durable, parce qu’il n’incarne pas la volonté révélatrice de réalisations à caractère positif, ni la quintessence de projet d’avenir de lendemains qui chantent. Il n’est pas non plus un régime qui se soucie d’un meilleur devenir des citoyens parce que ce qu’il n’est pas républicain, c’est le fruit d’un coup d’état originel de moins d’une heure qui a transformé en réaction de contre attaque, un ‘ hold up’ d’un système d’institutions républicaines dûment concocté par le suffrage universel : c’est pourquoi il faut le changer.
►Il n’est pas exclu que la majorité des Haratine qui exigent leurs droits inaliénables par des voies légales et justes, s’allient à ceux- parmi les autres couches de la société même minoritaires- pour provoquer un changement radical ,aussi bien des mentalités ,du processus politique que des rapports de force économiques.
►Il est entendu que ceci se fera par les voies et moyens légaux, légitimes et pacifiques.
►La sensibilisation, la conscientisation des Haratine, pour s’émanciper, ils doivent prendre connaissance de leurs droits aliénés, ne compter que sur eux-mêmes : ceci est la seule garantie de réussir et d’éviter d’être trahis à l’entame de la marche salvatrice ou de voir leur Cause détournée à des fins personnelles ,partisanes qui ne sont pas celles dont elle était destinée.
►Procéder à une large diffusion des conditions de vie lamentables, l’âpre réalité des Haratine .Plus il ya d’éclaircissements sur les objectifs, plus il y aura d’adhésions à la Cause ; et plus l’impact est important au sein des masses, plus la crédibilité des leaders est garantie pour l’aboutissement à un changement inéluctable. Le droit restera toujours le droit, même si certains s’en détournent pour ne laisser que ceux qui y croient, qui s’en chargent pour le défendre et le protéger contre les usurpateurs.
►L’éducation et l’instruction sont une carte gagnante (grâce à cela les Afro-américains sont parvenus à diminuer les différences et récupérer par leur talent et leur génie la plupart de leurs droits : M’bareck Ould Huceine Obama en est l’éclatante illustration !), en dépit de l’insuffisance des moyens et de la pire réalité économique des Haratine en particulier. Le défi à relever c’est celui de l’ignorance (même si le ventre vide n’a pas d’oreilles), vous êtes connus pour votre légendaire sobriété, vous passez des journées entières en pleine canicule ,exposés aux intempéries ,ceintures attachées au torse ,vous édifiez des nations ,vous vous contentez de si peu, par votre modestie ,votre humilité à faire saigner le cœur des hommes ,vous acceptez de souffrir pour donner le sourire aux autres, vous prenez un rien pour offrir le tout à autrui ; à longueur de saisons ,vous cultivez d’incommensurables superficies pour nourrir des peuples ,vous survivez de miettes et des restes de ces peuples ingrats ,vous trépassez pour laisser vos prochains vivre, vous vivez dans des habitations de fortune et vous bâtissez buildings et immeubles pour les autres ;essayez toujours, ALLAH reconnaitra les Siens et ne déniera pas votre labeur !
Il ne faut rien attendre de l’état, il faut s’attaquer à l’enseignement sous toutes ses formes (professionnelles surtout) ALLAH aime le gain acquis honnêtement par le labeur manuel ; la souffrance n’a que trop duré, mais l’oppression ne peut rester pérenne, même si l’oppresseur continue d’exister ; ce sera toute la société qui changera ces privations, ces souffrances, sinon celles-ci vont faire muer la société par des bouleversements ouverts à toutes éventualités.

Traduit de l’Arabe par KHAYAR

PS : Aux chers lecteurs, je vous dédie cette modeste contribution :
♫ Mon cœur saigne de souffrances, torturé et meurtri ;
♪♪ Suite à cette tâche qui obscurcit, encore ma vie ;
♫ En ce jour, je sentis, le poids de ma triste destinée ;
♪♪ J’ai hâte de voir ces hommes faits de puissance et d’orgueil ;
♫ Relever haut leurs fronts et crier leur dignité ;
♪♪ Mes frères de bien, d’honneur et de mérite : Réveil !
♫ Malheur aux vaincus !
♪♪ Le doute n’est plus permis ;
♫ Nous fûmes, jadis, mortifiés d’une défaite reçue ;
♪♪ Faites preuve d’adresse, de force et de courage, sans répit ;
♫ Je souhaite sans regret, que l’avenir détruisant le passé ;
♪♪ Le féodal banni, perde son patrimoine de même que son procès ;

Au cours de la semaine dernière, la Radio du Saint Coran, affiliée au régime, a provoqué l’explosion d’une bombe juridico-socio-politico-morale, lors de l’émission du prêcheur Saoudien Salah ben Awad ben Salah El Moughamsi, qui a affirmé que ceux qui sont sous le coup d’une ‘’Kafara’’, pour affranchir une esclave, peuvent le faire en RIM où le coût de l’esclave est de 10 .000 Riyal Saoudiens = (800.000 Um).

Khayar

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