Interdiction des camions en ville : Les maires laissés en rade

interdit de camion

La sécurité des personnes et des biens est une préoccupation constante pour les autorités de la ville deNouakchott. Principalement, laCommunauté Urbaine de Nouakchott (CUN). Mais plutôt que de respecter les prérogatives du président de cette auguste institution, les autorités ont passé outre pour décider elles mêmes de ce qu’elles entendent faire, oubliant au passage qu’Ahmed Ould Hamza est un élu à la régulière et de manière libre et transparente. Que se passe-t-il ? 

Depuis le 12 octobre 2011, date de leur première apparition sur les axes routiers mauritaniens, les éléments du GGSR (groupement général de la Sécurité routière) ne cessent d’accumuler les déboires et de devenir une source de tracasseries pour les citoyens. 

Dernière trouvaille de ce corps dédié à la Sécurité routière, l’interdiction formelle de circulation dans la conurbation de Nouakchott de tout véhicule utilitaire de plus de 5 tonnes de contenance. Sur quoi se base le GGSR pour arrêter ces camions ? 

Réponse laconique de l’un d’eux, ce sont les instructions que nous avons reçus nous les appliquons c’est tout ! Qu’est-ce à dire ? Rien de plus sinon que désormais, les camions « gros-porteur » et véhicules poids lourds ne pourront plus circuler dans la capitale. Qui plus est, poursuit notre interlocuteur, les chargements ne sont pas proportionnels par rapport aux capacités de ces véhicules lourds. « Ainsi, les chauffeurs se trouvent dans l’impossibilité de maîtriser leurs camions ». 

L’autre aspect, soutient ce gestionnaire des infrastructures et des transports, se trouve dans le manque de fluidité du trafic au niveau de Nouakchott avec cette congestion que tout le monde connaît. « La circulation des gros-porteurs pose problème même sur les voies normales, à plus forte raison que sur les grands axes routiers du pays. Non seulement il y a un problème d’insécurité, mais aussi de surcharge et d’espace. Car, à certaines heures de la journée, un gros-porteur occupe tellement d’espace qu’il est difficile de circuler », indique-t-il. 

En début de matinée l’activité économique était entièrement bloquée. Plus de bennes à ordure, plus de bennes à coquillage ou à sable, plus de citerne ni pour alimenter les stations de carburant ni pour abreuver les populations ni pour curer les fosses septiques. Plus de ravitaillement de gaz certains éléments auraient même songé à arrêter le camion des sapeurs pompiers qui passait par là. 

Un peu plus tard au cours de la même journée « les instructions » furent réaménagées, on exclut les bennes des chantiers et les citernes ainsi que les camions des éboueurs. En principe dans un état de Droit il faut un texte pour interdire ce qui, jusqu’à hier, était licite. Normalement c’est un arrêté municipal qui devrait réglementer la circulation urbaine. Et nous savons que les arrêtés du président de la CUN sont restés lettre morte du fait de la mauvaise volonté de la force publique chargée de veiller à leur application. 

Ainsi, l’arrêté du Maire faisant obligation aux taxis d’avoir une couleur déterminée, une licence et une numérotation particulière n’a jamais connu un début d’exécution, jusqu’au jour où les délits et crimes commis par des inconnus en taxi ont proliféré, pour forcer les éléments du GGSR à arrêter les taxis qui n’ont pas les couleurs vert et jaune. 

Un autre arrêté municipal interdit la circulation des charrettes sur l’espace compris entre la Polyclinique et la Primature mais bien entendu personne ne veut l’appliquer. Mieux encore le Ministre de l’Equipement et des Transports,Yahya Ould Hademine, semble avoir fait de la bataille contre la décentralisation son crédo. 

Pour commencer, ce ministre a tout simplement soustrait la gestion des gares routières de l’attribution des maires pour la confier à l’héritière de la FNT, l’Autorité de Régulation des Transports. Alors, depuis quand un arrêté a-t-il plus de force qu’une loi ? Et pour finir la ville est redécoupée et des axes sont construits d’autres pavés des aéroports attribués et le marché confié le département de l’Urbanisme à une entreprise en l’absence de toute concertations avec les élus locaux. Qui sont quasiment confinés dans un rôle protocolaire. 

La prochaine campagne municipale devrait avoir comme axe majeur le rôle des élus locaux dans les démocraties, et la décentralisation comme choix irréversible. Sinon il ne rime à rien de dépenser des millions pour faire élire des maires dont les attributions se limitent à serrer des mains lors de cérémonies officielles.

B.C.

Source : Le Quotidien de Nouakchott

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