INTERNATIONAL :La Ligue arabe demande l’opposition syrienne de former un gouvernement d’union nationale

Alors que d’intenses combats ont opposé ce dimanche 22 juillet 2012 les mutins de l’Armée syrienne libre et l’armée de Bachar el-Assad notamment à Alep, la deuxième ville du pays, le comité ministériel de la Ligue arabe chargé de la crise syrienne s’est réuni en urgence à Doha au Qatar pour discuter de la situation en Syrie. Il a appelé notamment Bachar el-Assad à rapidement démissionner. Aux frontières, les réfugiés syriens se pressent pour échapper aux combats.

Avec notre correspondante à Doha, Laxmi Lota

Si le président syrien quitte le pouvoir rapidement, la Ligue arabe lui garantit une sortie en toute sécurité. C’est en ces termes que le comité ministériel de la Ligue propose à Bachar el-Assad de partir ou de rester à ses risques et périls.

« Il est temps pour Assad de prendre une décision courageuse et d’arrêter le bain de sang . C’est la seule solution », a déclaré le Premier Ministre et ministre des Affaires étrangères qatarien.

Selon Cheikh Hamad bin Jassim bin Jabor al-Thani, la Ligue arabe a également pour la première fois évoqué un gouvernement de transition pour la Syrie. Le comité demande à l’opposition et à l’armée syrienne libre de former ce gouvernement d’union nationale. L’émissaire international, Kofi Annan, se verrait confier une nouvelle mission : veiller à cette transition du pouvoir.


Sur le terrain les combats se poursuivent notamment à Alep et Damas

Dans certains quartiers de Damas, ce sont désormais les unités d’élites de l’armée régulière qui seraient chargées de déloger les combattants de l’Armée syrienne libre. Les troupes loyalistes, appuyée par des hélicoptères et des chars auraient lancé l’assaut sur les positions rebelles et repris le contrôle du quartier de Qaboun. La présence policière s’est renforcée dans la capitale, où les contrôles d’identité et les fouilles de voitures se multiplient.

À Alep, où un second front s’est ouvert vendredi 20 juillet, de violents combats ont opposé l’armée régulière aux rebelles à Salaheddine, l’un des quartiers contrôlé par l’ASL. L’ASL qui a d’ailleurs appelé dimanche à la «libération» d’Alep et s’est engagée à y protéger toutes les minorités, notamment chrétiennes et alaouites.

Des combats ont également été signalés dans l’est du pays, à Deir Ezzor, ainsi qu’à Homs, l’un des principaux foyers de la contestation situé dans le centre du pays. Cette semaine de combats pourrait être la plus meurtrière depuis le début du conflit. L’opposition avance un bilan, invérifiable, de 1260 morts.

Mais il y a eu aussi du mouvement du côté des frontières. Malgré la perte d’un poste frontière avec l’Irak, les rebelles contrôlent toujours le poste-frontière vital de Boukamal avec l’Irak, et trois postes-frontière avec la Turquie.


La situation à la frontière turque de plus en plus tendue

avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Avec la prise d’un troisième poste-frontière en trois jours, l’Armée syrienne Libre semble renforcer son contrôle de la frontière turco-syrienne.

Après Bab-al-Hawa, c’est cette fois avec al-Salama un deuxième point de passage important qui est ainsi aux mains de la rébellion. Le premier était à 50 kilomètres à l’ouest d’Alep, celui-ci est à 50 kilomètres au nord de cette capitale économique qui connaît à son tour des combats violents.

Pourtant, les forces gouvernementales ne sont qu’à quelques kilomètres en retrait et les voies de communication restent coupées. La «libération» d’Alep annoncée par la rébellion reste donc pour l’instant une chimère.

D’autant que les rotations des hélicoptères d’attaque syriens, visibles depuis le territoire turc, montrent que l’armée loyaliste compte défendre jusqu’au bout cette région stratégique, celle où l’Armée syrienne libre profite facilement de son sanctuaire turc et d’un approvisionnement en armes légères.

Une situation suffisamment préoccupante pour que les autorités turques renforcent ce dimanche le dispositif de sécurité frontalière en acheminant notamment dans la région de nouvelles batteries de missiles sol-air, conformément aux récentes mises en garde du Premier ministre contre l’attitude hostile de l’armée syrienne aux abords de la frontière.


Afflux de réfugiés au Liban et en Jordanie

Autre sujet de préoccupation de la Turquie : les tensions croissantes dans les camps de réfugiés syriens, qui se sont traduites ce dimanche par des affrontements entre communautés puis contre la police turque, se soldant par une dizaine de blessés.

Des opposants syriens blessés dans les combats réussissent à passer la frontière pour gagner le Liban voisin et arrivent dans les hôpitaux de Tripoli, au nord du pays.


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