INTERNATIONAL : La Russie accuse les Occidentaux de chantage sur la Syrie

L’Union européenne prépare de nouvelles sanctions contre le pouvoir syrien et souhaite toujours que l’ONU en prennent aussi. Ce à quoi s’opposent la Chine et la Russie. La Russie accuse d’ailleurs les pays occidentaux de chantage pour la forcer à accepter ces sanctions, alors que le gouvernement russe souhaite privilégier le dialogue. Le ministre des Affaires étrangères l’a martelé, encore, ce lundi 16 juillet, lors d’une conférence de presse qu’il a donnée, juste avant un dîner avec Kofi Annan, à Moscou.

« Oui » à une transition politique, « oui » au maintien de la mission de l’ONU mais « non » à toute sanction contre Damas. Lors de cette conférence de presse Sergueï Lavrov a donc remis les points sur les « i ».

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Le chef de la diplomatie russe n’a pas oublié non plus de se montrer très critique, accusant les Occidentaux, à cours de solution, d’en venir au « chantage » dans les négociations au Conseil de sécurité de l’ONU : « On nous dit, si vous ne donnez pas votre accord à une résolution fondée sur le chapitre VII de la charte de l’ONU, qui ouvre la voie aux sanctions, alors nous refuserons de prolonger le mandat des observateurs. Selon moi, c’est une approche dangereuse, car utiliser les observateurs comme une monnaie d’échange, c’est inacceptable. »

Sergueï Lavrov a également rappelé que si Bachar el-Assad ne quittait pas le pouvoir, ce n’est pas parce que Moscou le soutient, mais bien parce qu’une part significative de la population syrienne est toujours derrière lui. En somme, le message est clair, la position russe ne risque pas de changer.

Kofi Annan qui ce lundi soir espérait convaincre la Russie d’adopter une position plus ferme face au régime syrien, risque donc fortement d’être déçu.

L’ambassadeur de Syrie déclaré persona non grata au Maroc

L’ambassadeur de Syrie a désormais 24 heures pour quitter le territoire marocain. La mesure est rare. Elle vient du chef de l’Etat, le roi Mohamed VI, seul habilité à rompre les relations diplomatiques avec un pays. En réponse, la Syrie a pris une mesure similaire concernant l’ambassadeur marocain à Damas.

Pourquoi le royaume a-t-il attendu si longtemps avant d’expulser les diplomates syriens ? Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, par exemple, l’ont fait il y a deux mois déjà, la Tunisie et la Libye dès le mois de février. Le Maroc est une monarchie ancienne, justifie-t-on au ministère des Affaires étrangères. En clair, une monarchie est par nature peu disposée à prendre le parti d’un soulèvement populaire.

Mais désormais, avec 17 000 morts, la Syrie est allée trop loin, ajoute-t-on à Rabat. Le Maroc s’aligne donc sur la position des grandes puissances et de la plupart des pays arabes. Le Maroc se met également au diapason avec le Groupe des amis de la Syrie. Une décision qui devrait faciliter l’organisation de la prochaine réunion de ce groupe, à Rabat, à la fin du mois d’août.

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