Interview de Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA


Dans une interview au Télégramme, un porte-parole des Touaregs du Nord du Mali se présente comme le meilleur rempart contre les islamistes. Mossa Ag Attaher est membre du bureau politique du Mouvement national de libération de l’Azawad, au nord du Mali.

Quelle est la situation?

Il y a eu des attaques très violentes d’islamistes sur les villes de l’Azawad. Ces groupuscules se servent des populations des villes comme bouclier humain. Derrière, il y a des pays avec d’énormes moyens. Ils ont une politique d’aides financières pour recruter, dans les populations sédentaires non touaregs. Notre peuple souffre. Notre identité, notre patrimoine sont détruits.

Quels sont vos moyens?

Nous n’avons pas de soutiens extérieurs, mais plus d’effectifs que les islamistes et l’atout du terrain en dehors des villes. Nous avons aussi des officiers formés, rentrés de Libye. Nous préparons la contre-offensive.

Quels sont vos rapports avec les islamistes?

Il y a le groupe islamique touareg Ansar Dine, apparu récemment, AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) qui a des relations ambiguës avec l’ancien pouvoir du Mali et le MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest). Nous avons tenté de convaincre Ansar Dine, seul mouvement touareg, de s’éloigner des mouvements terroristes. Il y a eu des débats au sein du MLNA. Les cadres, qui étaient au fait des questions internationales ont dit qu’il était suicidaire de collaborer avec les islamistes. Il y a eu aussi une révolte de femmes contre la charia. La rupture était obligatoire.

Qu’attendez-vous de la communauté internationale?

Le déploiement d’une force africaine à Bamako est nécessaire pour doter le Mali d’institutions démocratiques, car nous ne pouvons discuter avec un pouvoir illégitime. Pour le Nord, il serait hasardeux de penser que 3.000 soldats africains vont aboutir à un résultat. S’ils viennent combattre les islamistes, la bonne stratégie est de composer avec nous. La communauté internationale doit comprendre que le MNLA est plus un atout qu’un handicap contre le terrorisme. Nous ne lui demandons pas la reconnaissance d’un état, mais une reconnaissance comme partenaire sérieux. Le MNLA soutient les mêmes valeurs démocratiques et laïques que la France.

Le MNLA est né en 2011 mais tire ses racines de l’indépendance du Mali, en 1960, lorsque des chefs de tribus touaregs se sont opposés à leur rattachement au nouvel État. Il regroupe plusieurs mouvements rebelles et des Touaregs revenus de Libye. Il prône notamment la séparation de la religion et de l’État.

Propos recueillis par Ronan Larvor


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