Interview: Forum Africain de la jeunesse sur le développement et la paix durable, le président de l’AJCLMT nous livre ses impressions.

M. Ba Aboubacry, Président de L’Association des Jeunes Mauritaniens pour la Culture, les Loisirs et la Technique, (AJMCLT) que nous avons rencontré à l’occasion de ce grand forum qui s’active dans notre Capital :

M. Ba, aujourd’hui et depuis 72h Nouakchott est retenu comme capitale de la Jeunesse africaine par ce grand forum qui se déroulent au palais du Congrès, qu’elles sont impression en tant acteur jeune ?

L’Afrique est un continent mal connu, dont l’opinion publique en Occident ne retient que les faiblesses. Ce forum répond à un besoin de pédagogie et que je suis très heureux que cela se passe chez nous en Mauritanie.
Je souligne ici la méconnaissance dont pâtit l’Afrique dans l’opinion publique en Occident. Grâce aux activités associatives que nous organisons depuis des années, nous contribuons sans doute à notre mesure à la présentation d’une jeunesse plus proche de la réalité.
Il faut que l’on évite de croire a une Afrique des conflits et de la pauvreté, mais aussi une Afrique dont le taux de croissance moyen du PIB au cours de la dernière décennie a été de 5% avec des pays comme la Sierra Leone parfois au-dessus de la barre des 10% ; une Afrique dans laquelle les mouvements d’émancipation sont de plus en plus prégnants.
Je ne voudrais pas que l’opinion publique occidentale soit la cible immédiate des retombés de ce Forum.
Pour nous association et acteurs jeunes, l’enjeu est d’abord d’amener la jeunesse africaine à réfléchir davantage sur des sujets liés aux enjeux de développement du continent, dans plusieurs domaines tels que la culture, l’économie, la politique, le développement des villes.
Je voudrais que ce forum propose une plateforme multidimensionnelle autour de laquelle se retrouvent et réfléchissent les jeunes africains du continent comme de la diaspora ainsi que toutes les personnes intéressées par l’Afrique.
Ce forum si je peux m’exprimer ainsi a été conçu certes avec un manque de communication, d’information à la base vis-à-vis de la jeunesse Mauritanienne.
Depuis la création en 2008 de notre Association, notre engagement se fait dans le cadre de ce que nous appelons l’afro-responsabilité, à savoir mieux comprendre les énormes défis auxquels fait face la jeunesse Mauritanienne afin d’œuvrer à ce qu’elle puisse les relever. Nous y étions toujours mais nous en Mauritanie les jeunes se sont toujours adaptés difficilement aux programmes des Ministères et que les Ministères en charge de cette jeunesse devront aller puiser sur la jeunesse pour pouvoir collaborer dans différends domaines d’activités.

L’AMCLT, est aussi une association qui se positionne avec l’ambition de devenir dans quelques années un acteur clé du débat public africain. C’est ainsi que nous menons des réflexions relativement poussées sur des sujets tels que la question monétaire, le rapport des populations africaines à l’Etat ou encore la question des minorités.

MBa : Votre présentation générale souligne l’importance d’une « dynamique d’union africaine ». Sur quel socle commun des pays aussi divers peuvent-ils s’accorder ?
La balkanisation de l’Afrique, soulevée déjà au moment de l’indépendance de la plupart des Etats africains il y a 50 ans, constitue encore aujourd’hui un vrai problème à la fois politique et économique.
Politique, car les Etats africains pris isolément peuvent difficilement peser sur les grandes décisions de la gouvernance mondiale, voire sur les décisions concernant la marche même de l’Afrique.
Economique, car les investissements aujourd’hui nécessaires en termes d’infrastructures, de transport, d’énergie ou d’agriculture ne sont pas pertinents à l’échelle de micro Etats tels que nous en avons en Afrique.
L’heure est donc aux intégrations sous régionales comme ce forum qui se passe actuellement chez nous, et à juste titre d’ailleurs, d’autant plus que la plupart des enjeux en matière de développement, de modernisation de l’Etat, d’emplois des jeunes, d’éducation et de santé se posent avec la même acuité à tous les Etats africains.
Seulement, l’Afrique est en train d’essayer d’unir des Etats alors même que presque rien n’est fait pour rapprocher les populations. Le constat est qu’encore aujourd’hui et en dépit même de l’essor des technologies de l’information et de la communication, les débats restent beaucoup trop cloisonnés entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du nord, entre l’Afrique anglophone et l’Afrique francophone.

M.Ba: Dans le cadre de ce Forum, quels sont pour vous les points de rencontre entre jeunes et les Etats par rapport aux initiatives et les perspectives de progrès dans un esprit commun ?
L’initiative est extrêmement intéressante et contribue largement à enrichir le débat sur les sociétés africaines sous le prisme qui est celui de la jeunesse. Aujourd’hui les jeunes doivent sortir de la minorité dans laquelle ils se sont (ou ont été) jusque là cantonnés.
Qu’il s’agisse des pays africains ou arabes, la jeunesse prend une nouvelle dimension et des initiatives de développement.
L’Afrique des Idées, participent aussi de cette dynamique. Les pays d’Afrique n’ont pas réussi au cours des dernières décennies à structurer un espace public de débat stimulant.
Aujourd’hui les choses sont entrain de changer à un rythme incroyablement accéléré.
Nous parlons aussi régulièrement des pays d’Afrique du Nord qui constituent ainsi un ensemble commun entre nos deux plateformes. Naturellement, un échange d’idée dans ce cadre fait sens.
Ce Forum, doit prendre le temps de construire une relation durable et je ne doute pas nous ayons différentes opportunités de travailler ensemble.

M.Ba : du premier format de votre Association de jeunes à sa riche plateforme actuelle, AJMCLT n’a cessé de croître. Quelle est la clef d’une expansion réussie ? Quelles ambitions pour les années à venir ?
Quand nous avons lancé l’AJMCLT, en Mai 2008, nous avions crus à la jeunesse des Idées, nous nous sommes ouverts à l’Etat et à l’ensemble des Associations et organismes nationaux et internationaux.
Il est cependant nécessaire que nous continuions à travailler à l’amélioration de notre visibilité. Cela passera par la qualité de nos activités, mais aussi par une communication ciblée et par des partenariats.
Par rapport à notre ambition de devenir un acteur du débat public africain, bien que les la partie organisatrice Mauritanienne de ce Forum ne nous a pas pris en compte, nous y participons malgré nous.
En Aout prochain, nous comptons organiser un APD (Animation Parcours Développement) dans trois régions, à l’occasion de la journée Nationale de la Jeunesse.
De façon générale, les challenges concernant notre Association sont considérables ; nous réfléchissons en interne et nous nous faisons accompagner par des personnalités pour définir les angles par lesquels nous pourrons continuer à approfondir notre engagement.

M. Ba voudriez-vous répondre à une question que je ne vous ai pas posée ?
Oui effectivement M.Ibrahim Idriss, je voudrais dire que les politiques de jeunesse ne sont pas précurseurs mais elles sont symboliques de ces nouvelles façons de mener des politiques publiques.
Transversales, elles appellent des acteurs issus de secteurs hétérogènes, comme le monde associatif, celui des fonctions publiques territoriales ou d’Etat, à trouver des accords sur le projet, à inventer des collaborations transversales, ou à fonctionner en faisant appel à des contrats, à des conventionnements.
L’intérêt des politiques de jeunesse c’est qu’elles sont récentes. Elles n’ont pas eu le temps de se « fossiliser », c’est-à-dire de construire un modèle institutionnel unique comme les politiques sociales par exemple.
Elles évoluent en fonction de l’autonomisation et la capacité d’initiative des acteurs. Dès lors qu’une mairie affirme que la jeunesse ce n’est pas que de la politique de loisir et de temps libre, son action va gagner les champs de l’emploi, de la culture, du transport… Par voie de conséquence s’impose la nécessité d’une vision globale de la jeunesse.

Nous avons constaté par ailleurs que des petits services de jeunesse, souples, mais soutenus politiquement parviennent à dynamiser les services de la ville. Donc, de ce point de vue, les politiques de jeunesse peuvent illustrer les politiques intersectorielles et favoriser la collaboration entre les services.
Je félicite Mme la Ministre Coumba Ba que j’ai suivi personnellement en tant que jeune acteur et que si j’assiste à ce forum sans être impliqué c’est grâce à elle en tant que Ministre, femme engagée.
Je souhaite aussi que cette jeunesse Mauritanienne soit à la hauteur de ce qui va découler de ce forum et que nos responsables soient beaucoup plus vigilants sur la question de choix des jeunes à choisir pour représenter notre Pays.
Je souhaite une grande réussite à ce Forum qui prend fin ce jour Mercredi et que pour ma part d’attachement à ma jeunesse, je voudrais qu’elle sorte meilleure dans le sens de la collaboration vis-à-vis des autres Pays Africains que nous recevons.

Vive L’Afrique et Vive La Mauritanie

Ibrahim Idriss
 

El Hourriya.net

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