IRA : Biram Ould Dah Abeid, répond au Président Aziz et minimise le cas Ould Mkheitir

IRA-BIRAM 15-01-14Dans une conférence de presse tenue le 15 janvier au Fonadh (Forum des Organisations nationales de défense des droits humains), le leader du mouvement abolitionniste (IRA), Biram Ould Dah, a indiqué que «l’islam est exploité comme fonds de commerce par la classe politique, ou une partie de la classe politique». En outre, Biram a qualifié de « dangereux » les propos du Président Aziz tenus lors de son discours d’ouverture de la 4e édition du festival des villes anciennes à Oualata.

 

Fidèle à ses principes, Biram Ould Dah a fait encore une sortie médiatique pour exprimer son désaccord de la manière dont «l’islam est exploitée par l’aristocratie féodale représentée par le clergé».  Selon le président d’IRA, «Cette exploitation au forcenet par l’islam qui est une sainte religion de paix d’égalité et de justice, qu’en font les féodalités et les groupes esclavagistes qui se disent religieuses et islamiques, est une exploitation qui menace la paix civile, l’achèvement de l’Etat de droit, qui menace même l’Etat et les différentes composantes sociales».

Ce qui l’amène à rebondir sur les propos  tenus par le Chef de l’Etat au cours de ce dernier festival quand il dit que «la Mauritanie est un Etat islamique, que la Mauritanie n’est pas un Etat laïc ». «Je regrette » réplique Biram.  «La Mauritanie n’a jamais été un Etat islamique. Parce que la Mauritanie n’a jamais appliqué l’égalité intrinsèque qui est l’un des principes fondateurs de l’islam, qui fait l’esprit du Coran, le livre saint et qui est l’un des principes de base du message du Prophète Mohamed (PSL) ».  De son avis, «L’islam en Mauritanie n’est pas un islam d’égalité, de liberté et de tolérance. C’est un islam d’esclavage. Ce n’est pas le vrai islam.  C’est un islam local » s’insurge-t-il.  Et Biram de soutenir que «L’Etat laïc est un Etat qui n’applique pas les lois religieuses ».  Ainsi, «Je dis au chef de l’Etat que la Mauritanie est un Etat laïc parce qu’il n’applique pas les préceptes de l’islam ». Et par conséquent, dit Biram, «on doit cesser d’appeler les gens à défendre un Etat islamique alors que c’est un Etat qui est géré par des principes esclavagistes, racistes, d’inégalité … qui ont un vernis et un habillage islamique».  Ce que le président d’IRA  qualifie de «dangereux » de diviser les musulmans en « bon musulman » et en « ennemis de musulman ». « C’est faux », se révolte Biram en soulignant que «Ceux qui peuvent encore raisonner dans ce pays doivent conjuguer leurs efforts pour tirer la sonnette d’alarme et stopper cette tendance extrêmement grave» a-t-il averti.

 

Non à l’instrumentalisation de l’Islam …

 

En outre, Biram a exprimé tout son désaccord avec les gens qui ont appelé au meurtre de Mohamed Ould Mkheïtir accusé d’apostasie. Toutefois, il a réitéré tout son «rejet à tous ceux qui puissent, de près ou de loin, égratigner la place et l’image du Prophète Mohamed (PSL)». Biram a lancé un appel en direction des opprimés, «ceux qui sont opprimés injustement par la religion, ceux dont la religion est instrumentalisée pour les chosifier, pour les sortir de la bénédiction divine, pour les sortir du cadre de l’humanité … » Il s’agit pour le président d’IRA, des «esclaves, des forgerons et des autres castés».  «Je voudrai vous dire que votre combat n’est pas contre la religion, encore moins contre le Prophète parce que la religion et le Prophète sont venus pour protéger les opprimés, les victimes comme vous et pour les soutenir» a-t-il dit avant d’ajouter : «Votre combat ne peut qu’être contre les groupes dominants qui instrumentalisent la religion pour vous opprimer. Les groupes dominants qui continuent à exploiter foncièrement et injustement cette religion pour réduire à l’oppression les haratines, les forgerons et les autres castés».

 

Le cas Ould Mkheitir , une pierre dans  un océan

 

«Beaucoup de mauritaniens ont déjà offensé la religion, le Coran, Dieu, le Prophète (PSL) et ils continuent encore à le faire mais ils n’ont jamais été inquiétés, pourchassés ou traduits devant les tribunaux » lance le leader d’IRA. Et pourtant, à en croire Biram, «Personne n’a jamais demandé à les décapités ou à les tuer. Parce que tout simplement ils sont issus de grandes familles». Biram a donné des exemples de cas d’offense au Coran, au Prophète etc. la castration des esclaves, les viols des femmes esclaves entre autres … «sans que personne ne demande à les corriger». Toutefois, il s’est interrogé sur le sort réservé aux tortionnaires des années 90 qui occupent encore des hautes fonctions dans l’administration ou qui circulent librement. «Pourquoi des gens qui ont tué des centaines de noirs en Mauritanie, des tortionnaires qui sont dans les rangs du pouvoir et de l’opposition n’ont pas été inquiétés ? Aziz représente-t-il l’islam que quand il s’agit des haratines ou des forgerons ? »  Le leader d’IRA a rejeté «cette politique de deux poids deux mesures». Poursuivant son questionnement, il pointe un doigt aux érudits. «Pourquoi les érudits de l’islam qui en veulent à Mohamed Ould Mkheitir ne défendent pas l’islam face à l’esclavagisme ou face aux assassins des noirs ? C’est parce qu’ils sont «actionnaires dans ces pratiques » selon Biram qui a appelé toutes les parties en Mauritanie à «revenir à la raison, à la justice et au droit ».

Rimweb

 

 

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