Irak: attentat meurtrier à la voiture piégée, dans l’est du pays

IrakUn attentat à la voiture piégée particulièrement horrible a fait au moins 90 morts, 17 disparus et environ 120 blessés dans la ville de Khan Bani Saad, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bagdad. Cet attentat suicide, survenu vendredi, a été revendiqué par l’organisation Etat islamique.

L’attentat a eu lieu dans une zone où se trouve un marché, dans cette ville à majorité chiite, à la veille de l’Aïd el-Fitr qui marque la fin du mois du jeûne du ramadan. Les faits se sont déroulés dans la ville de Khan Bani Saad, dans le province de Diyala, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bagdad.

De nombreuses femmes et enfants figurent parmi les victimes, selon des responsables. La télévision irakienne a diffusé des images du lieu de l’explosion, montrant plusieurs bâtiments complètement éventrés et des débris projetés sur un vaste périmètre. Les blessés étaient pris en charge dans la rue, alors que des habitants marchaient dans les décombres.

Un lieu ciblé pour faire le plus de morts possible

Six heures après l’attentat, les secouristes étaient toujours en train d’extraire des corps des débris, a indiqué un policier. Les témoins racontent des scènes d’horreur ; certaines personnes ont brûlé vives dans leur voiture parce que les pompiers arrivaient trop tard sur le lieu de l’attentat.

L’auteur n’a pas choisi sa cible par hasard. Les marchés sont généralement bondés avant les fêtes. Les familles y achètent vêtements et nourriture. Les musulmans sunnites ont commencé à célébrer l’Aïd el-Fitr vendredi mais la communauté chiite devaient le faire ce samedi.

Le pire attentat de la région depuis 2003

L’organisation Etat islamique (EI) a revendiqué l’attentat sur Twitter, précisant qu’il s’agissait d’une attaque suicide à la voiture piégée. « Notre frère Abou Rouqayya al-Ansari a conduit sa voiture, qui contenait près de trois tonnes d’explosifs, au milieu d’un rassemblement des milices Rafida », précise le groupe EI.

Les services du gouverneur de Diyala, Mouthanna al-Tamimi, ont d’ores et déjà annoncé un deuil de trois jours dans la province et l’annulation des festivités de l’Aïd el-Fitr. Selon le responsable de la localité, c’est le pire attentat commis dans la province depuis l’invasion américaine en 2003.

Tuer des traitres sunnites plutôt que les chiites

En janvier dernier, le gouvernement irakien avait décrit la province comme étant « libérée » des jihadistes. La hausse des attaques ponctuelles, et la revendication de l’EI dans le cas de cet attentat, semblent apporter une nuance à cette affirmation.

Mais selon Hamid Nasser, chercheur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHES) résidant à Bagdad, l’effet recherché n’est pas forcément de tuer des chiites. « L’Etat islamique considère surtout que les sunnites qui habitent à Bagdad sont les traitres, donc ce sont plutôt les sunnites qui coopèrent avec le gouvernement en place qui sont prioritaires », décrypte-t-il.

Pousser l’Etat irakien à retirer des troupes du front

« De toute façon, ajoute le chercheur, l’Etat islamique s’en fiche. Le plus important, c’est de faire le maximum de victimes dans ces attentats, pour obliger le gouvernement à retirer certaines troupes du front, à l’ouest de Bagdad, là où depuis à peu près une semaine, des opérations se déroulent. »

En effet, explique Hamid Nasser, « des offensives ont été lancées par ce qu’on appelle les masses populaires, les  » milices chiites « , avec les forces de sécurité irakiennes. Donc, voilà, c’est ça l’objectif : l’Etat islamique veut que l’Etat irakien retire certaines troupes du front. »

Source: RFI

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