Irak: Mossoul, deux ans sous la coupe des jihadistes du groupe EI

milice chiite Hashid ShaabiTriste anniversaire en Irak : cela fait deux ans, jour pour jour, que les combattants de l’organisation de l’Etat islamique (EI) se sont emparés de la ville de Mossoul, dans le nord du pays. Deux ans plus tard, l’organisation jihadiste est sur la défensive mais elle continue de tenir fermement la ville, qui est devenue son principal bastion en Irak et il sera sans doute difficile d’en déloger les combattants.

La deuxième ville d’Irak, dans le nord du pays, est sous le contrôle de l’organisation de l’Etat islamique depuis le 10 juin 2014. Avec la contre-offensive lancée par les forces armées irakiennes et leurs alliés, le groupe EI perd peu à peu du terrain. « Depuis le début de l’année, l’étau se resserre contre l’Etat islamique, explique à RFI, Loulouwa Al-Rachid, spécialiste de l’Irak au CERI. Les chaînes d’approvisionnement de la ville et les chaînes de financement ont été extrêmement affectées par les bombardements ». « Eradiquer l’EI avant la fin de l’année en Irak est possible », laissait entendre le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian en visite à Erbil au Kurdistan irakien, à 77 km de Mossoul, en avril dernier.

Mais la population de Mossoul fait évidemment les frais de ces combats et les conditions de vie se compliquent, poursuit Loulouwa Al-Rachid, « avec des conditions de vie qui deviennent de plus en plus difficiles ce qui alimentent les tensions avec l’administration mise en place par l’Etat islamique qui est devenue de plus en plus paranoïaque, qui traque les traîtres, les espions, ceux qui renseignent la coalition internationale sur les déplacements des commandants militaires de l’EI, ceux qui communiquent avec le monde extérieur, ceux qui [diffusent] le peu d’information dont on dispose sur le quotidien des habitants de la ville de Mossoul ».

Des combats acharnés s’annoncent

La ville de Mossoul compte environ un million et demi d’habitants, or les combats qui se déroulent à Fallouja en ce moment, « une petite bourgade de province, tenue par moins d’un millier de combattants de l’EIet la difficulté qu’il y a à reprendre cette ville et à la nettoyer », explique Loulouwa Al-Rachid, permettent selon elle, d’anticiper « les difficultés qu’il y a [à reprendre le contrôle d’une] ville de la taille de Mossoul, avec la densité de peuplement [qui la caractérise]. Donc militairement, il y a des difficultés énormes. On n’a pas de chiffres précis sur le nombre de combattants de l’EI présents dans cette ville mais on imagine qu’elle sera défendue férocement, compte tenu de la symbolique : c’est une grande ville, c’est un bastion sunnite et les combattants de l’EI n’hésiteront pas à faire des habitants de la ville des boucliers humains. Je ne vois pas comment on peut libérer la ville de Mossoul en épargnant les civils et en faisant l’économie d’un bain de sang ».

RFI

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