« J’ai décidé de me retirer de la présidence de l’AJM » dit Mohamed Abderrahmane Ould Zoueine

 Mohamed Abderrahmane Ould Zoueine

Le président de l’Association des Journalistes Mauritaniens (AJM) Mohamed Abderramane Ould Zoueine a vigoureusement condamné la profanation du Saint Coran dans l’une des mosquées de Teyarett, dans la capitale Nouakchott.

« Le gouvernement mauritanien a détruit la presse et noyé l’espace médiatique. La gabegie est présent dans tous les départements de l’Etat » » a-t-il dit, indiquant dans un entretien accordé au journal et site « essaha » , paru mercredi 5 mars courant, que le gouvernement est appelé à créer un fonds rassemblant toutes les ressources de la presse dont les annonces et les abonnements.

Il a appelé également le gouvernement à œuvrer pour la mise en place d’un partenariat avec la Caisse Nationale de Dépôt et du Développement de sorte à assurer aux médias qui satisfassent aux critères nécessaires de bénéficier de crédits aisés non assortis d’intérêts de cette Caisse, permettant conformément à une étude scientifique aux dispositions claires…

…suivant des conditions de transparence, pour permettre à ces institutions médiatiques de s’épanouir et de se développer ainsi que pour assumer leurs responsabilités, pour recruter des centaines de jeunes chômeurs, surtout si l’on sait qu’une récente étude parle de plus de 70% de jeunes sans emploi.

Ould Zoueine a demandé également aux confrères au sein de l’AJM, de chercher un nouveau président pour l’association « car, je veux m’occuper des mes affaires privées, ouvrir la voie devant l’un des jeunes et collègues très compétents membres de cette institution » a-t-il ajouté.

Ci-après l’intégralité de cette interview :

« Mohamed Abderrahmane Ould Zoueine est une haute personnalité médiatique. Il est président de l’Association des Journalistes Mauritaniens. Il fait également partie de la génération fondatrice de la presse indépendante dans notre pays au début des années 90, jouissant d’une riche expérience dans le domaine médiatique ». Essaha a eu avec lui l’entretien suivant :

Essaha : Comme vous le savez, une bande criminelle a profané le Saint Coran dans l’une des mosquée de la capitale Nouakchott. Comment expliquez-vous ce vil acte et qui serait, à votre avis, derrière ce sacrilège ?

Mohamed Abderrahmane Ould Zoueine : Bismillahi Rahmani Rahim. Paix et Salut sur le Prophète. Permettez-moi au début de saluer le journal « essaha » pour cette opportunité qui m’est offerte depuis sa respectable tribune. Premièrement, je déclare ma profonde condamnation et ma dénonciation de cet acte abject, inédit dans notre pays propre.

J’appelle les autorités à œuvrer pour arrêter cette bande dans les plus brefs délais possibles, à la traduire devant la justice pour sa punition pour son crime ignominieux. Je prie Allah d’épargner notre pays des dangers qui planent sur lui. Concernant la partie qui serait derrière cet acte, ses contours demeurent encore inconnus. Nous attendons avec impatience ce que les prochaines heures révéleront.

Essaha : Quelle lecture faites-vous à la situation actuelle vécue par l’espace médiatique dans notre pays ?

M.A.Z : Pour ce qui est de la lecture générale de l’information en Mauritanie, les problèmes de l’espace médiatique sont de deux types : organisationnel et structurel. Le premier type se reflète dans l’absence de l’esprit d’entreprise chez la presse indépendante, ou plutôt son exclusion, peut-on dire.

Les médias assument une part de responsabilité de cette situation mais la part du lion revient à l’Etat, puisque ce dernier n’a pris depuis la création de la presse indépendante en 1991 jusqu’à ce jour, aucune initiative sincère et responsable de soutien à ce sous-secteur, comme il n’a pas œuvré de façon sincère et véritable à organiser le milieu médiatique. La presse indépendante opère aujourd’hui sur la base d’un ensemble d’autorisations accordées sans grandes contraintes de manière anarchique.

Pour ce qui est des problèmes structurels, la presse n’a enregistré que l’expérience apparue au cours de la première période de transition à travers le projet d’élaboration d’une loi de la presse, adoptée mais avortée par des parties toujours présentes à ce jour dans l’espace médiatique, dominant les centres de décision du département de la communication, constituant des obstacles persistants devant le développement de l’information dans notre pays, en dépit des grands efforts déployés dans ce domaine.

Il faut citer également, l’absence du soutien des institutions médiatiques par les hommes d’affaires, qui refusent toujours d’investir dans la presse privée. Malgré la loi de presse de 2006 qui a débouché sur la libéralisation de l’espace audiovisuel, ce règlement a été créé en dissonance avec son objectif initial, puisque l’actuel pouvoir n’a pas réussi à se débarrasser de ses mains invisibles qui semblent toujours contrôler le processus de l’espace médiatique en tant qu’entité entière.

Essaha : Certains demandent l’augmentation des dotations du Fonds d’Aide Publique à la presse privée, qualifiant le budget de 200 millions ouguiyas, débloqué par le pouvoir en place pour appuyer ce sous-secteur médiatique, d’insuffisance pour aider les organes de presse qui augmentent en permanence. Quel est votre avis sur ce sujet ?

M.A.Z : C’est une question extrêmement importante. Il est connu qu’après de moult tergiversations et un travail ininterrompu pour détruire l’espace médiatique indépendant, l’Etat a fini par créer ce qu’on appelle un fonds d’aide publique à la presse privée ».

Un gros titre mais sans valeur ni sens aucun, voire une excentricité de la réputation de ce sous-secteur dans un Etat démocratique dont la presse est considérée comme un pilier fondamental. Il n y a pas aujourd’hui, dans le monde entier, un Etat qui dispose d’un fonds d’aide à la presse, car ces fonds ne sont créés qu’en cas de catastrophe.

Par ailleurs, la presse n’a pas besoin d’aide du gouvernement, car son appui de la sorte, limite considérablement sa liberté qui est l’essence même de son existence. La presse dispose aussi de ressources réelles. Si l’Etat était sincère, il aurait élaboré un grand projet pour rassembler toutes les dotations de la presse, surtout qu’il n’existe pas aujourd’hui un secteur au sein de l’Etat qui n’a pas des dotations pour la presse.

L’étude faite sur le sujet en 1996 avait confirmé que les ressources de la presse avaient atteint 1,6 milliards ouguiyas. L’Etat a restreint cette importante somme à 2 millions ouguiyas dont 50% destinés à des organes gouvernementaux (64 millions à l’imprimerie nationale à titre de subvention des prix d’impression des journaux, 30 millions à la Télédiffusion de Mauritanie « TDM », contre des services de diffusion audiovisuelle), le reste, reparti de façon inéquitable entre des dizaines d’institutions médiatiques dont des organes de l’espace audiovisuel.

Ceci en sachant que l’imprimerie nationale n’a pas les moyens nécessaires pour présenter des services de qualité à la presse écrite, étant donné que cette entreprise est décadente, ne répondant plus aux exigences médiatiques du 21e siècle.

En principe, je ne suis pas contre l’appui de la presse, mais je suis surpris de la création d’un fonds d’aide publique à la presse privée sous la tutelle de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), de l’insertion d’une équipe gouvernementale complémentaire, pour que la majorité au sein de la commission de ce fonds soit issu du secteur public (4 voix sur 7) ; ce qui signifie que l’ordonnance créant le dit fonds est altérée depuis le début. Partant de ces données, la création du fonds précité n’est donc qu’une véritable mascarade.

En réalité, l’Etat cherche à travers ces pratiques à poursuivre son plan de destruction de la presse indépendante dans notre pays, comme c’est illustré par la fermeture de ses portes devant des institutions médiatiques sincères tout en les ouvrant devant sa propre presse indépendante, que le gouvernement a commencé à ravitailler à travers l’octroi d’annonces et l’appui permanent de la part d’établissements définis et connus.

A cela s’ajoute la création d’une société spécialisée dans la présentation des publicités dans les rues, pour sucer de cette manière ombrageuse les ressources de la presse. Pour ce qui concerne l’octroi de la liberté de presse, cette question ne peut faire l’objet de surenchère, ou de frivolité à l’endroit de quiconque, car le Président ne peut donner que ce qu’il a ou ce qu’il peut refuser.

Nous ne pouvons pas nier que le Président Ould Abdel Aziz est venu par conviction pour concrétiser certaines revendications urgentes de la presse privée comme nous louons hautement la dépénalisation du délit de presse et l’appui de la presse privée. Mais cette volonté n’a pas trouvé quelqu’un pour la matérialiser sur le terrain de la réalité, étant donné que son exécution réelle fera tomber le masque.

Un rapport clair relatif aux organes médiatiques indépendants en Mauritanie avait été élaboré en 2006 avec le choix de 23 organes de presse satisfaisant à des critères précis et transparents dont la détention d’un siège, le recrutement de 8 employés au moins ainsi qu’une périodicité de publication claire. Quand l’actuel pouvoir s’est mis en place, tout est devenu pêle-mêle. Ces études et rapports susmentionnés ont été relégués aux oubliettes.

« Le gouvernement mauritanien a détruit la presse et noyé l’espace médiatique. La gabegie est présent dans tous les départements de l’Etat » » a-t-il dit, indiquant dans un entretien accordé au journal et site « essaha » , paru mercredi 5 mars courant, que le gouvernement est appelé à créer un fonds rassemblant toutes les ressources de la presse dont les annonces et les abonnements, à œuvrer pour la mise en place d’un partenariat avec la Caisse Nationale de Dépôt et du Développement de sorte à assurer aux médias qui satisfassent aux critères nécessaires de bénéficier de crédits aisés non assortis d’intérêts de cette Caisse…

… permettant conformément à une étude scientifique aux dispositions claires, suivant des conditions de transparence, pour permettre à ces institutions médiatiques de s’épanouir et de se développer ainsi que pour assumer leurs responsabilités, pour recruter des centaines de jeunes chômeurs, surtout si l’on sait qu’une récente étude parle de plus de 70% de jeunes sans emploi.

C’est l’unique solution capable d’assurer l’appui de la presse privée et de la sauver du marécage putréfiant dans lequel elle patauge aujourd’hui.

Essaha : En votre qualité de président de l’Association des Journalistes Mauritaniens (AJM), votre troisième congrès se tiendra quand et comptez-vous postuler pour un nouveau mandat ?

M.A.Z : Merci. Il y a une commission qui a commencé à préparer de manière effective ce 3e congrès de l’association à ses délais courants en avril prochain. Nous souhaitons qu’il soit organisé bien avant si possible, après la fin des préparatifs nécessaires. Pour ce qui concerne personnellement, j’ai passé 20 ans au poste de président de l’AJM. J’ai réussi suivant mes moyens modestes à assurer une présence permanente de l’association dans les rendez-vous internationaux et régionaux.

L’AJM est représentée aujourd’hui, Dieu merci , dans la plupart des organisations médiatiques internationales comme elle a réussi a réalisé le plus grand acquis enregistré par la Mauritanie depuis son indépendance jusqu’à ce jour, en accueillant le plus regroupement arabe en Mauritanie, portant sur l’arrivée à Nouakchott de 25 organisations médiatiques arabes à Nouakchott.

Cette délégation qui a eu l’honneur d’être reçue par le Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, que je remercie pour son accueil, à cette époque, de cette mission arabe.

Je remercie également l’ancien ministre de la communication et des relations avec le parlement M. Mohamed Yahya Ould Horma pour l’audience accordée à cette même délégation ainsi que pour la somptueuse soirée- diner offerte par son département à ces hôtes au cours de leur séjour dans notre pays.

Je félicite aussi l’ancien président de l’Assemblée nationale et leader de l’Alliance Populaire Progressiste (APP) M. Messaoud Ould Boulkheir pour son accueil de cette délégation arabe, puisque le frère Messaoud Ould Boulkheir a offert un diner de haute qualité à nos frères dans la profession du monde arabe. Pour l’occasion, je le remercie vivement en mon nom personnel et au nom de l’Union des journalistes arabes pour cette réception, au cours de laquelle, il a prouvé son patriotisme et sa responsabilité.

L’AJM a réussi aussi, en collaboration avec la Banque Mondiale et le ministère de la formation professionnelle à former en 2013 200 journalistes ainsi qu’à réaliser plusieurs activités et à superviser au cours des dernières années l’organisation de nombreux débats ayant traiter des thèmes importants abordés pour la première fois comme les relations entre les médias et l’armée.

L’association jouit aujourd’hui d’une bonne réputation nationale et internationale. Elle est membre de plusieurs organisations mondiales, de l’union des journalistes arabes, de l’union des journalistes africains, de l’union internationale des journalistes, de plusieurs organisations actives dans les droits de l’homme au niveau national.

Ses membres actuels sont au nombre de 374 journalistes issus de toutes les catégories médiatiques en Mauritanie, officielle et privée. Elle est gérée par un bureau de jeunes consciencieux auxquels nous souhaitons davantage de succès.

Aujourd’hui, je demande aux confrères au sein de l’AJM, de chercher un nouveau président pour l’association car, je veux m’occuper des mes affaires privées, ouvrir la voie devant l’un des jeunes et collègues très compétents membres de cette institution.

Essaha : M. le président, certains estiment que l’actuel pouvoir, a déclaré depuis son arrivée, une guerre sans merci contre la gabegie et les prévaricateurs. Pensez-vous que qu’il s’agit uniquement de slogans ou que le pouvoir a réalisé des victoires concrètes dans ce domaine.

M.A.Z : Il est connu que tout système qui arrive au pouvoir est porteur d’un nouveau projet de société. Il est certain que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a réussi en un temps record à atteindre les cœurs de la majorité des mauritaniens, annonçant d’excellentes initiatives de lutte contre la gabegie et la pauvreté.

Il a réussi également à retirer le slogan brandi en permanence auparavant par l’opposition, quand il s’est prénommé « le Président des pauvres ». Mais tous les projets de Ould Abdel Aziz se sont arrêtés au cours de la première année de son actuel mandat présidentiel, quand il a buté au rocher de la vérité, quand il s’est entouré de groupes de pression des « structures de masse », des vestiges du parti républicain, ces lobbys influents qui ont réalisé un record dans la gabegie et la destruction de l’Etat mauritanien.

Il est connu que la gabegie était très répandue dans les systèmes politiques antérieurs. Mais aujourd’hui, cette pratique est monopolisée par l’actuel pouvoir. Alors qu’il se trouvait auparavant des dizaines de prévaricateurs qui pillent les richesses du pays, ils sont devenus aujourd’hui une poignée qui profitent seuls de ces potentialités, qui détournent de manière découverte et scandaleuse les biens publics.

En dépit de cette situation déplorable, nous possédons le courage de dire que Ould Abdel Aziz était ambitieux, mais n’avait pas de conseillers efficaces, autrement dit, un Président sans staff.

Ce qui le conduit d’ailleurs à prendre du recul à son slogan de lutte contre la gabegie. Ces récentes déclarations à l’émission « Ligha Chaab » sont un aveu de son reflux sur la lutte contre la gabegie quand il dit en un seul mot « n’est pas n’importe qui est corrompu ». Malgré cela, on attend toujours avec patience les slogans qui seront brandis à la prochaine période.

Essaha : M. le président, pouvez-vous mettre la main sur la plaie et nous rappeler certains établissements ou ministères qui ploient aujourd’hui sous le lourd fardeau de la gabegie ?

M.A.Z : Il n y a pas aujourd’hui un ministère ou un établissement public où les corrompus n’ont pas fait leurs nids. 95% des personnes investies par Ould Abdel Aziz de gestion des affaires publiques sont des prévaricateurs, ont commencé à détourner effectivement les deniers publics, mais d’une manière systématique et organisée. Ce sont ces pratiques que Ould Abdel Aziz n’a pas réussi à stopper.

Tous les dispositifs de surveillance sont paralysés, ne jouant aucun rôle aujourd’hui, depuis l’Inspection Générale de l’Etat, en passant par la Cour des comptes dont les rapports de discipline ne sont pas pris en considération aux autres institutions chargées du contrôle administratif et financier.

Nous sommes aujourd’hui les témoins d’un phénomène étrange, à savoir cette règle selon laquelle, il suffit qu’un département restitue la majorité de son budget annuel au trésor public, pour se voir délivrer un quitus de bonne gestion.

Ce qui représente l’échec proprement dit, car tout département qui agit de la sorte, ne dispose pas de vision ou de stratégie aux contours clairs, n’a pas réalisé des activités sur le terrain, soit la gabegie dans toute sa portée, dés lors où chaque département a été pourvu d’un budget annuel pour réaliser un ensemble d’actions, pour élaborer un programme, matérialiser des projets sur le terrain de la réalité, ce qui n’a pas été malheureusement fait.

De façon générale, il y a beaucoup de gens qui ont faussé compagnie à Ould Abdel Aziz dans sa lutte contre la gabegie, qui l’ont tenu dans un angle étroit, ne lui laissant aujourd’hui que le règlement de la facture qu’Allah seul sait comment elle sera.

Essaha : A la lumière des résultats du forum de l’opposition dont le point d’orgue des travaux était les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielles transparentes, pensez-vous que ce pole politique a réussi à dépasser ses divergences, qu’il est en mesure de s’accorder sur un candidat consensuel pour les futures présidentielles et s’il l’Etat est disposé à organiser des échéances présidentielles dans des conditions démocratiquement acceptables ?

M.A.Z : Je répondrai à la dernière partie de votre question. Premièrement, les élections présidentielles doivent se tenir obligatoirement dans les délais légaux, car son report est moralement et juridiquement inacceptable.

A mon avis, l’obstacle fondamental devant son organisation est l’absence d’une CENI compétente et transparente, sachant que l’actuelle CENI a prouvé son échec à 100% à travers son inexpérience démontrée au cours des dernières élections. Je pense que les élections passées étaient frauduleuses, car les résultats de ces échéances n’ont pas respecté la procédure juridique habituelle, d’où cette configuration parlementaire élue qui atteste de la précarité de ces consultations lesquelles ne reflètent la cartographie politique mauritanienne.

Tout le monde a été sidéré même les partenaires européens, en raison des issues de ces élections, porteuses de mauvais messages, traduisant une déchéance considérable de la démocratie dans notre pays, alors que nous avions l’un des meilleurs parlements dans la sous-région, élu selon plusieurs témoins locaux et étrangers dans la transparence.

Concernant la COD, elle a commis une erreur cruelle, quand ses partis ont décidé de boycotter les dernières élections législatives et municipales, car, la non participation est en soi l’arme du faible.

Je pense aussi que l’opposition échouera incontestablement à désigner un candidat unique pour la prochaine présidentielle, car si elle compte réellement unifier ses rangs, elle aurait fusionner en un seul parti, sans compter que son histoire montre qu’elle porte dans ses entrailles excessivement de différends et de divisions dans toutes ses composantes.

Je ne doute point que le forum de l’opposition allait aborder cette question de candidat consensuel, puisqu’il a vu la large participation d’ organisations de la société civile, non concernées par la prise de décisions d’ordre politique. Par ailleurs, les formations de la COD seraient embarrassées de la participation aux futures présidentielles, du fait que ce sont les conseillers municipaux qui valident les candidatures et que la COD boycotteuse n’a plus d’élu dans les communes.

Essaha : Le dernier mot M le président ?

M.A.Z : J’appelle de cette tribune à la révision des rapports entre l’Etat et la presse privée. Je pense que les médias indépendants sont exposés aujourd’hui à un « génocide » collectif peut-on dire. Après la création d’un fonds fictif d’aide publique à la presse indépendante, l’augmentation des impôts sur les médias, la voilà aujourd’hui privée du marché des annonces et des abonnements.

Pour cela j’appelle le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz à supprimer les impôts sur les médias indépendants et les frais de dédouanement sur les équipements destinés à la presse, s’il est convaincu, comme il l’a toujours été à mon avis, surtout avec l’aide de la loi de 2006 exonérant la presse et les maisons de culture des impôts et taxes douanières, non encore entrée en vigueur jusqu’à ce jour.

Aujourd’hui, toute institution de presse qui trouve un abonnement chez un établissement, doit présenter un quitus de conformité fiscale, ce qui en réalité n’a pas de sens dans un Etat où la presse est encore naissante. Nous demandons donc le Président de la République de lever cette injustice qui pèse sur la presse privée.

Nous appelons également le Président de la République à rectifier la situation des annonces et des publicités auprès de la justice. En effet, les pétitions judiciaires publiées par la justice quotidiennement contre le paiement de sommes appréciables par leurs auteurs, demeurent un monopole pour cet appareil, se contentant de les accrocher aux murs au lieu de les publier dans les colonnes de la presse indépendante.

Nous espérons aussi que le journal Chaab cesse quant à lui de monopoliser les annonces des appels d’offre nationales et internationales. La presse privée vit aujourd’hui une famine réelle, car sa situation est mauvaise et catastrophique, nécessitant une attention généreuse de la part du Président de la République pour lever les injustices et les marginalisations qui pèsent sur ce sous-secteur, si cet objectif fait réellement partie de ses préoccupations. Je vous remercie.

Interview réalisée par Aziz Ould Souvi
essaha

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