« J’ai rencontré l’amour de ma vie à 32 ans. Elle avait 92 ans »

amour 92 ans« L’amour à la première phrase, je ne savais pas que ça pouvait exister ». Voilà le début du récit incroyable de Gregor Collins, alors 32 ans lorsqu’il a rencontré Marie Altmann, 92 ans. Leur première rencontre ne prit fin qu’à la mort de Maria, trois ans plus tard. Un coup de foudre irrationnel pour certains, naturel pour d’autres.

Gregor Collins raconte son histore d’amour remarquable dans les colonnes du Guardian. Ce jeune trentenaire, acteur en herbe, se rend il y a sept ans à un entretien d’embauche qui ne le motive pas vraiment. Une place d’aide-soignant pour une nonagénaire. Rien de bien excitant pour celui qui rêve de crever l’écran mais l’argent vient à manquer à ce jeune homme et, poussé par son intuition, il se rend chez la « patiente ». « Je me souviens de notre première rencontre. J’ai entendu le bruit des roues de sa chaise roulante sur le vieux tapis de sa villa des années 70 et, peu après, j’ai vu cette dame de 92 ans extrêmement chic entrer fringante dans la pièce, la scruter et dire ‘Vous devez être Gregor’ avec le plus délicieux accent viennois que j’aie jamais entendu. C’était l’amour à la première phrase, quelque chose dont j’ignorais totalement l’existence », explique-t-il en se souvenant de chaque détail de sa tenue ce jour-là.

« J’oubliais chaque jour qu’elle était ‘vieille’ aux yeux des autres »
« Je n’avais jamais vu personne d’aussi élégant, bien qu’elle avait en elle encore quelque chose d’enfantin. Elle avait une curiosité insatiable pour tout. Nous nous sommes assis comme si nous étions seuls dans cette pièce. Et elle m’a écouté, plus qu’avec l’ouïe, avec le coeur. Ce matin-là, ma vie a changé et croyez-moi je ne suis pas du genre coeur d’artichaut ».

Il explique alors qu’ils ne se sont plus jamais quittés, jusqu’à ce que la mort les sépare. « J’ai tout mis de côté pour trois ans, jusqu’à son décès, le premier d’une personne que j’ai réellement aimée. Notre connexion fut immédiate. Comme si on s’était connus dans une autre vie. Malgré notre différence d’âge, j’oubliais chaque jour qu’elle était « vieille » aux yeux des autres. Nous avions tous les deux l’impression d’avoir 20 ans. C’était juste parfaitement magique », décrit-il.

Contrairement à ce à quoi il s’attendait, leur entourage les a soutenus. « J’ai craint au début que l’on voie notre relation comme bizarre ou inadéquate, mais ce ne fut pas du tout le cas. Tous ceux qui nous voyaient ensemble comprenaient, et sa famille à elle était très reconnaissante que je la rende heureuse durant sa fin de vie ».

« Et ta maîtresse? »
Leurs 60 ans de différence, le couple en riait aisément: « Un jour je lui ai dit: ‘Maria, tu es comme une mère, une grand-mère et une amie pour moi’. Elle m’a rétorqué: ‘Et pas une maîtresse?’ On en a ri toute la journée. Il n’y a aucun doute: nous nous voyions l’un l’autre avec un oeil amoureux, mais pas au sens physique du terme. Nous étions des âmes soeurs. Des amoureux supernaturels, si vous voulez ».

Gregor n’est pas resté sans rien à la mort de Maria. Il ne s’agit pas d’héritage matériel, même si la dame était à l’aise, mais de culture et de rencontres dans le monde de l’art, de la musique et de l’Histoire. Maria a expliqué à Gregor ce qu’elle avait vécu en fuyant les nazis à Vienne en 1938 et comment elle avait obtenu devant la Cour Suprême que lui soient restituées les oeuvres de Gustav Klimt volées à son oncle durant la guerre. « Toutes ces anecdotes, je ne les aurais jamais apprises dans les livres d’Histoire ».

« Au-delà de tout cela, ma relation avec Maria m’a tout appris sur moi-même et mon questionnement sur la vie, la quête de mes rêves et de ce que serait mon avenir. Le plus dur était de comprendre: ‘Pourquoi aimer tant cette femme? M’aime-t-elle?’ Cela m’inquiétait beaucoup. Je n’avais le sentiment de n’avoir rien fait pour mériter son amour mais elle voyait en moi des choses que je ne percevais pas », confie-t-il encore.

Gratitude
À la mort de sa mère le 7 février 2011, la fille de Maria s’est dirigée vers Gregor pour lui dire sans fard devant toute la famille: « Vous étiez le dernier grand amour de la vie de ma mère ». « Cela m’a arraché des larmes de gratitude et d’humilité. Avoir eu la chance d’être le dernier plaisir de la vie de quelqu’un. Depuis que je l’ai rencontrée, je n’ai jamais été aussi créatif. Elle guide chacun de mes pas aujourd’hui. Le véritable amour ne meurt jamais », conclut-il dans un billet très émouvant.

Source: The Guardian

 

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