» Je me re-pose… »

Je suis fatigué. Non ! Mais, très fatigué. Pas la fatigue qui se dissipe après un traitement, un repos un instant. Ma fatigue vient se superposer sur d’autres fatigues.
Des fatigues antérieures  et très anciennes. Très anciennes, je veux dire étalées. Etalées, je veux dire allongées. Allongées, je veux dire ancrées, dans des temps bien anciens. Des fatigues antiques. Elles sont remuées, aujourd’hui, comme un tourbillon, par cette nouvelle fatigue.
Oui, cette nouvelle fatigue. Oui, nouvelle. Et, elle porte, dans ses flancs, d’autres fatigues. La fatigue des élections législatives et municipales. Une grosse fatigue. Il faut les organiser, il faut les rendre crédibles, il faut amener tout le monde à y participer. Fatigué. Ça c’est un problème. Messaoud, jusqu’à quand continuera-t-il à croire, en moi ? Epineuse question ! Et les autres, les envieux, les radicaux. Je ne vois pas comment, je pourrais les rouler une énième fois. Fatigué. Et même si, je parviens à les avoir, pour avaliser, comme ils savaient si bien faire, mes élections, il y a autres choses. D’autres élections : Les présidentielles.

C’est dans une année, cette échéance. Pour celle-là, il faut le peuple. Il faut que je paraisse exactement, comme le général, en 2008. Un Robin des Bois. Qui est là. Et qui veut rendre au peuple ce qu’on lui a volé. C’est cette image-là, qu’il me faille.

Impérativement. Nécessairement.

Comment faire, don,c, pour rouler le peuple une seconde fois ? Faut, peut-être songer, à faire le magnanime, le généreux, le Sultan, Haroun Errachid, dans ses largesses. Fatigué. Ça c’est plus fatiguant que toutes les fatigues. Haroun Errachid, c’est impensable. Ziryab, Al Mawssili ! La poésie. Désolé,  je ne peux pas.  Fatigué. Oumar Ibn Abdoul Aziz, le feuilleton éponyme se diffuse, déjà, à travers ma TVM. Faire Oumar Ibn Abdoul Aziz. Avec le patronyme déjà, nous sommes si proches. C’est un frère antique. Antique, la fatigue, revient avec mon antiquité. Un frère d’une autre contrée, voyons. Oumar le cinquième de l’époque ‘’rachidite’’, la bonne gouvernance, pour essayer d’attirer les faveurs des institutions financières internationales.

Austérité. Rigueur. Justice. Ascétisme. Même avec soi ! Non ! Toute la fatigue du monde qui s’abat sur moi, rien qu’à y penser. Fatigué !
Y a pas moyen de faire rouler le peuple une seconde fois ! Difficile en tout cas. Il faut trouver meilleur stratagème. Mes ruses ont été épuisées. Mes alliances. Aussi. Il faut en inventer des nouvelles. Ruses et alliances.
Un coup d’Etat. J’opère un coup d’Etat. Un coup d’Etat contre moi-même. Contre le président de la République, en moi. Et, c’est le général, toujours réserviste, qui exécute le coup.

C’est l’unique solution de quitter le pouvoir, en le maintenant.
Communiqué numéro un. Le pays vit un danger sans précédent. Les menaces surgissent de partout. Les complots contre les intérêts suprêmes de la Nation se concoctent, ici, et ailleurs.

J’appelle tous les généraux réservistes. Je réponds présent à cet appel historique. Je dissous toutes les institutions républicaines. Je maintiens tous les généraux en service et de service à leur fonction respective. Je lance un appel solennel à tous nos partenaires privés, Kinross-Tasiast et les autres à maintenir tous les privilèges à ces loyaux serviteurs.
Vive l’institution militaire. Vive les généraux. Vive moi-même. Je me re-pose. Je me re-pose.
                                                                                    
Source : mouna mint ennass


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