« Je vis avec le VIH sida »

Le VIH sida ou syndrome de l’immunodéficience acquise est une maladie incurable. Ici, en Mauritanie, les séropositifs sont rejetés. C’est le cas interviewd’Hapsatou, une jeune femme qui refuse de renier sa maladie. Hapsatou est une jeune mauritanienne de vingt quatre ans.

Son parcours reflète l’histoire d’une jeune femme, mariée de force à un homme plus âgé. Aujourd’hui, elle accepte de sortir de son anonymat afin de nous parler de cette histoire. Interview :

Journaliste : Bonjour, voulez vous bien vous présenter, s’il vous plaît ?

Hapsatou : Je m’appelle Hapsatou. J’ai vingt quatre ans. Et je vie avec le VIH sida.

Journaliste : Parlez nous de votre parcours, et de la façon dont vous l’avez vécu ?

Hapsatou : Il y a de cela huit ans maintenant, à l’âge de seize ans, j’ai été mariée à un homme, bien plus âgé que moi. Je n’étais pas son unique épouse. Il y en avait trois autres comme moi, jeunes, dont la famille était si pauvre que le seul moyen de ramener un peu d’argent était le mariage forcé. Les coutumes de mon village ne me permettaient pas d’exprimer mon désaccord. Nous avons passé sept ans ensembles, pour avoir au final deux enfants.

Ce n’est que l’année dernière que j’ai été dépistée. Dès lors, mon mari m’a renié. Ma famille, mes parents, mes proches ainsi que mon village tout entier. Mes enfants m’ont été retirés, j’étais montrée du doigt dans la rue. On m’accusait de choses monstrueuses. Personne n’osait m’approcher.

Trois mois plus tard, une femme de mon entourage me conseilla un centre où elle-même s’était rendue. Par miracle, j’y ai été reçu convenablement. J’ai été logée, nourrie, et aidée psychologiquement. Cela fût une chance inestimable pour moi. De retour à mon village, on me conseilla de me retirée, de baisser la tête, et de ne pas trop me montrer. J’ai refusé. Je vie avec cette maladie, chaque jour que Dieu fait, je dois me réveiller dans la crainte et le doute.

Je remercie mille fois Dieu de m’avoir épargnée jusqu’ici. Je vie déjà avec difficulté, la peur m’envahi souvent, et j’ai déjà du mal à vivre convenablement. La souffrance est déjà là, alors pourquoi devrais-je supporter que les gens me rabaissent pour ce que je suis ? Je refuse d’avoir honte de ma maladie, honte de moi-même.

Journaliste : Savez vous d’où proviens la maladie ?

Hapsatou : A l’heure qu’il est, j’envisage plusieurs possibilités de transmission. Mon mari avec qui je n’ai pas repris contact depuis plus d’un an, a refusé tout test de dépistage. Ses trois épouses également. Ensuite, il y a d’autre possibilités, seulement aucune n’est sure. De ce fait, je ne saurais jamais comment j’ai eu le sida.

Journaliste : Voudriez-vous le savoir ?

Hapsatou : Parfois oui, j’aimerais être sure que mes enfants ne court aucun risque à ce niveau.

Journaliste : Le regard des autres vous dérange-t-il ?

Hapsatou : Je n’aime pas me faire remarquer en général, cependant le regard des autres sur ma maladie ne me gêne absolument pas. Je n’ai pas besoin de pitié, je suis en vie après tout.

Journaliste : Hapsatou, j’aimerais vous remercier d’avoir accepté mon interview !

Hapsatou : De rien. Merci de votre intérêt !

• Analyse :

« Le syndrome de l’immunodéficience acquise, plus connu sous son acronyme SIDA, est un ensemble de symptômes consécutifs à la destruction de plusieurs cellules du système immunitaire par un rétrovirus. Le sida est le dernier stade de l’infection par ce virus et finit par la mort de l’organisme infecté, des suites de maladies opportunistes. »

En Mauritanie, comme partout ailleurs, les personnes souffrant du VIH sida sont rejetées de la société. Ici, nous prenons le cas d’Hapsatou, une jeune femme, sénégalaise de sa mère, et mauritanienne de son père. Son parcours reflète la vie d’une femme parmi tant d’autre, gâchée et marquée par cette maladie. Elle vivra sept ans de torture mentale et physique avant de finalement être délivrée de l’homme qui lui infligeait tout ce mal, cet homme étant son conjoint lui-même.

Hapsatou grâce à l’aide d’un centre dont elle ne donnera pas le nom, est celle de quelques personnes de son entourage arrivera à porter ce fardeau. Au cours de l’année de 2012, elle apprendra à vivre avec sa maladie et à l’accepter. C’est une leçon de courage que nous donne la jeune femme âgée de 24 ans. Le calme, et l’objectivité dans laquelle elle reçoit notre journaliste reflètent le personnage emblématique d’Hapsatou.

Au jour d’aujourd’hui, Hapsatou a reconstruit sa vie à partir de rien, elle s’est recrée une identité. Vivant avec un de ses enfants, dont elle récupérera la garde en janvier 2013, son emploie la force à rester dans le secret et l’anonymat, le journaliste étant en lien direct avec elle ne nous donnera donc pas plus d’informations.

Mes remerciements à Hapsatou de nous avoir accordé cette interview, ainsi que mes meilleurs souhaits de réussite.

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