Journée internationale de la « tollé-rance. »

Mohamed HanefiAujourd’hui est la journée internationale de la tolérance. Avez-vous entendu parler de la journée internationale de la tolérance? Il n’est pas tard. Entendez maintenant. La tolérance la compassion et le pardon, sont les trois colliers de la grandeur d’âme et de la générosité.
Si l’on comprend bien, nous sommes donc tolérants, quelque part. C’est pourquoi les journées mondiales de quelque chose de bon se succèdent. Elles se succèdent naturellement et d’après beaucoup d’observateurs dont je fais partie, sans laisser de trace.
Ne me dites pas que les quelques dizaines de français qui viennent de rendre l’âme de la façon la plus violente, ou les quelques centaines bébés qui meurent chaque jour, sous les bombardements héroïques, ou la longue liste de veuves et d’orphelins qui peuplent l’Irak d’aujourd’hui, les mutilés de partout, nous privent de notre droit d’être tolérants, ne serait ce que pour une journée.
Nous avons quand même alloué trois cent soixante quatorze jours pour l’intolérance. Cette astuce humainement compréhensible, ferait ravaler à Pangloss, lui-même sa théorie désuète du meilleur des mondes possible.
Le subterfuge est bien simple. L’interminable chapelet langoureux de nos journées mondiales de bonnes choses, non seulement nous permet de nous donner bonne conscience, mais en même temps, il cache ces interminables wagons d’êtres para-humains. Ces damnés de la terre, sans grande importance dont nous devons délester cette montgolfière qu’est la terre.
Il ne s’agit que d’une simple équation de calcul de résultat confortable, qui fait que les bouchent et les artistes avec chantent la paix et que les actes et la puissance avec distribuent le mal.
Nos journées internationales comme des flashes de caméras, illuminent le ciel du malheur humain, pour aveugler les yeux inquisiteurs de ceux qui pensent et anesthésier les âmes de ceux qui ne doivent rien sentir et rien voir arriver.
Nous avons la journée internationale de l’amour, qui par la force des choses a produit sa coéquipière la journée internationale du Sida, elle-même est venue avec sa consœur la journée internationale du lavage des mains, comme si nous présentions un repas chaud à ces cibles de la faim et de la misère. Hélas des journées internationales de soupe d’air, qui n’engraissent de corps, ni ne soulage d’une faim.
Une journée internationale du Sida. C’est bien. Mais n’est-il pas plus urgent de décréter et de mettre en marche « Une journée internationale de remplir ces petits ventres secs, lovés dans ces squelettes chétifs, qui, jetés aux griffes de la famine et de la mort, vous scrutent faiblement, avant d’emporter la malédiction de l’humanité dans leurs petites tombes improvisées?
Combien coute une bombe? Un avion de combat? Un missile intercontinental? Un tank? Le déplacement d’une armée d’un bout de la terre à l’autre pour semer la terreur et la mort? Ces foudres du ciel pour lesquelles vous dépensez des billions pour massacrer vos frères. Est-ce là la tolérance, à laquelle nous avons assigné une journée internationale?
Le prix de ces tonnerres qui font trembler la planète. Combien peut-il cultiver de terre, nourrir d’enfants, organiser de fêtes collectives, pour que les humains se rencontrent et sachent que partout ou ils sont quelle que soit leur apparence, leur couleur, et d’où qu’ils viennent, ils ne sont qu’une copie fac simulé, les uns des autres. Que les religions ont été révélées en miséricorde, non en malédictions.
Pour revenir à notre « journée internationale de la tolérance. »
Qu’est ce qui sera « toléré » demain? Le 17 novembre.
La liste de ceux qui ne verront pas le coucher du soleil demain est déjà dressé par des mains et des esprits qui ne peuvent comprendre ni la compassion, ni le pardon, ni la pitié, ni la tolérance. Demain beaucoup ne profiteront pas de cette tolérance d’aujourd’hui. Ils partiront. On les fera partir dans la violence. Beaucoup d’innocentes âmes disparaitront malgré elles.
Pourtant la moins couteuse de toutes les tolérances est de s’accorder la paix, d’avoir l’obligeance de laisser l’autre adorer Dieu dans la langue et de la façon que le Gouverneur de l’univers a choisi pour lui. De vivre Sa Vie, comme il l’entend.

Est-ce si difficile?

Pourquoi le Paradis ou le bonheur de chacun doit-il nécessairement passer sur un pont de cadavres, d’orphelinats, de veuvage, de douleurs, de plaintes et de désolations?
Est-on sur vraiment d’aller dans ce paradis, plutôt que de bifurquer ou d’être bifurqué vers une demeure moins confortable, pour payer la facture? La tolérance, c’est aussi accepter que les autres profitent de la pitance créée par le Tout puissant pour le bonheur de ses créatures. La Création est tellement parfaite, que les tares comme la faim, la misère, le dénuement total, n’ont pas de place.
Les fourmis, les rats, les termites, les reptiles, ne connaissent pas la famine collective, du fait que chaque bête ne consomme que pour sa suffisance. Au delà dans le domaine végétal, l’organisation de la main du Très Généreux, le Vrai tolèrent, n’a pas laissé place à l’erreur.
Si vous avez le droit d’amasser les capitaux, ceci ne vous donne guère le droit moralement d’user de votre puissance pour fermer toutes les vannes de la subsistance aux êtres qui coexistent avec vous sur cette planète.
Tous ces jeunes engloutis par des nuits sombres et froides dans les profondeurs abyssales des océans, toute cette chair humaine, palpitante de diplômes et d’énergie, livrée aux dents acérées des requins, pourquoi courent-elle sans discontinuer vers les autres continents?
Ils suivent instinctivement ce qu’on leur a pris par la ruse, la force ou la politique. Rien de plus.
En cette bénite journée internationale de la tolérance, ayez la bonté de permettre et d’aider à ce que le germe de développement se met en marche chez eux aussi. Ceci est mieux pour votre avenir et le leur. Ils ne sont autre chose que vos frères et qui sait, votre soutient un jour contre les soubresauts imprévisibles du temps.
L’opacité mortelle de ces désespoirs jettera sans cesse sur vos berges ces pauvres corps que vous avez au minimum contribué à dénuer de toute dignité humaine.
Les courges, les betteraves, les citrouilles ne sont jamais allées jusqu’à aspirer toute la sève et les sels minéraux nutritifs de la terre pour dessécher les fruits avoisinants. Seules les mauvaises plantes sont vulgaires et dénaturalisent l’équilibre de la Création.
Dans la religion de l’Islam, qui respecte et reconnait toutes les religions célestes, on nous dit « Si ta puissance t’incite à écraser plus faible que toi, pense à la capacité du Tout Puissant à te réduire en poussière. » De toutes les façons et jusqu’à la limite de ce qui peut être, l’œil sera dans la tombe et persécutera Caen.
On peut naturellement penser que ces propos s’adressent à une partie des hommes. Ce n’est pas mon intention, je m’adresse à tous ceux qui par un acte ou un autre, une déformation de ce qui doit-être ou une autre, ont contribué à nous nourrir de douleur et de deuil. Je suis sur que ce ne peut être la raison pour laquelle Dieu a crée le monde.

Source : Mohamed Hanefi

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