Journée internationale des migrants : « Celui qui veut vivre en Mauritanie n’a qu’à s’acquitter de ses devoirs vis-à-vis des services de l’immigration» (Dr Cheikh Tidiane Thiongane)

doctthiongane

Le Dr Cheikh Tidiane Thiongane, vice président de la Fédération des Associations de Migrants d’Afrique de l’Ouest en Mauritanie (FAMAM) a réagi face à la situation de recrudescence des rafles et reconductions à la frontière de migrants en situation d’irrégularité. C’était à l’occasion de la célébration de la journée internationale des migrants, le 18 décembre dernier.

Fidèle à ses principes de loyauté, de justice et de droiture, Dr Thiongane bien connu des communautés des migrants et de l’administration mauritanienne notamment sanitaire, n’a pas été avare en mots pour non seulement dénoncer certains abus mais aussi lancer un appel à l’endroit des migrants pour se conformer à la législation mauritanienne en vigueur en matière d’immigration. Saisissant l’opportunité de cette journée, il a indiqué que «quand on vit en terre étrangère, on doit se soumettre à la réglementation en vigueur ». Toutefois, il a souligné que la Mauritanie qui a signé des conventions et traités avec les pays d’origine des migrants, devrait en tenir compte. Mieux, il a soutenu que «nos liens historiques et nos relations de bon voisinage (pour certains ndlr) doivent militer en faveur d’une exemption de la carte de séjour » comme le cas des ressortissants ivoiriens dont l’Assemblée nationale mauritanienne vient de voter la loi sur la libre circulation des personnes et des biens entre les deux pays.

Sur un autre registre, Dr Cheikh Tidiane Thiongane déplore « la façon dont les personnes en situation irrégulière sont interpellées, arrêtées et reconduites à la frontière ». A en croire notre interlocuteur, « on n’informe même pas nos ambassades ou consulats et certains sont reconduits sans le minimum respect des droits de la personne », regrette-t-il. Ce que Me Fatimata Mbaye considère comme « une violation par la Mauritanie de la convention internationale de protection des migrants » soulignant que « même si ces personnes sont criminelles ou autres, il y a des procédures bien claires ».

Le Dr Thiongane, considère que «tout celui qui veut résider en Mauritanie, doit s’acquitter de ce devoir » d’obtention de la carte de séjour au risque de se voir refouler dans des conditions qui frisent l’humiliation. D’ailleurs, selon notre interlocuteur, « il ne devrait pas avoir de conditionnalité de séjour entre nos pays. Parce que si certains pays appliquent la réciprocité, il y aura à coup sûr des problèmes ».

Par ailleurs, revenant sur les communautés elles-mêmes, Dr Thiongane regrette « le manque d’organisation des migrants pour parler d’une seule voix et faire une plateforme unique pour faire face aux autorités compétentes du pays d’accueil et de nos différents pays d’origine». Pour lui, « la FAMAM devait nous permettre de nous retrouver mais les problèmes internes aux communautés avec les associations qui ne fonctionnent pas font que cette dernière traverse une léthargie ». A en croire le Dr Thiongane, « nous n’avons pas un problème d’hommes mais il faut élaborer des principes directeurs ».

Bilan ?

Selon le Dr Thiongane, il est difficile de faire un bilan compte tenu de la situation. Toutefois, il soutient que « le montant de la carte de séjour (30.000 ouguiyas – 75 euros) est élevé ». Parce que « quand on parle de migrants, on pense aux subsahariens (l’Afrique de l’Ouest notamment) et c’est un vrai problème car beaucoup de migrants vivent dans des difficultés et ne peuvent pas s’acquitter de cette caution financière ».  Néanmoins, notre interlocuteur souhaite que les rencontres initiées par l’ex-wali Fall Nguissally qui consistaient à échanger avec les responsables des communautés pour juguler le mal, soient renouvelées.

L’autre aspect abordé par le vice président de la FAMAM, c’est l’apport des migrants dans le développement du pays. « Qui pense que le migrant fait du mal ? Sinon, il apporte quelque chose à la Mauritanie. Les migrants ont un apport économique et tout le monde le sait » insiste-t-il.  Dr Thiongane en veut pour preuve, la contribution des migrants dans les domaines du génie civile (le Bâtiment), de l’éducation, du commerce (les marchands), la restauration, la mécanique automobile, la pêche … pour ne citer que ceux-là.  Sans compter les locations de maisons et le paiement de certaines taxes pour certains.

Ibou Badiane

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge