Jusqu’où ira la Mauritanie

Docteur Sidi Ould Hamady -TawaryIl m’est très pénible de répondre à cette question aussi facile à poser. J’aime mon pays comme tout autre compatriote d’un quelconque autre pays.

Je ne crois point qu’il peut exister quelqu’un qui aimerait son pays plus que moi. Ici, sur cette terre aride, sur ce désert à perte de vue, ont vécu mes ancêtres. Ils ont supporté les vents violents des nuits sombres, la sécheresse, les maladies…Ils n’avaient, ni maisons en dur pour les protéger des changements climatiques brusques, ni eau potable ; pire encore, ils parcouraient des centaines de kilomètres pour se ravitailler en eau pleine de germes mais indispensable à leur survie ; ni hôpital ou point de santé, loin encore, une vaccination contre les tares incurables destructrices de la société.

Et pourtant, malgré toutes ces conditions néfastes, ils ont pu jouer un rôle important dans la sous
région en y répandant notre sainte religion, l’Islam.
Au moment où tous les prévisionnistes économiques ont déduit que seuls les groupements sous
régionaux peuvent réussir économiquement et qu’une nation à elle seule ne pourrait jamais croître
quelle que soient ses ressources économiques, malgré tout ceci, nous sommes en train de nous
ronger. Cet héritage que nous ont laissé nos aïeux est en train de ressembler à de l’eau versé dans un tamis.

A cause du pouvoir, nos politiciens, qui forment l’élite de ce pays, sont en train de mener notre pays vers une destination incertaine. Ils veulent détruire tout ce que nos ancêtres nous ont préservé. Toute cette peine qu’ils ont encourue se transformerait en braise, si cette élite refuse de s’assoir sur une même table pour retrouver un dénominateur commun à leur différend. Même à leur insu.

L’intérêt du pays ne se mesure point à celui du parti politique. Oublions même pour cette fois
seulement l’intérêt personnel et pensons à notre pays. Le fait que l’opposition ne participe pas aux élections prochaines fait courir à la Mauritanie de grands risques immensurables.

C’est une bombe à retardement doit être désamorcée avant qu’il ne soit trop tard.

Si cette opposition pense qu’elle aura le pouvoir suite à une révolution par son refus de participation aux élections, elle se trompe. Les Mauritaniens ont beaucoup de problèmes à régler avant de faire accéder quiconque au pouvoir : l’esclavagisme, le racisme, l’inégalité sociale, la pauvreté… Tout soulèvement du peuple est à éviter pour ne pas récolter une guerre civile.

Docteur Sidi Ould Hamady

Tawary

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