Justes inquiétudes


On n’était pas déjà bien rassuré par la marche du pays, même quand le rais était là. On avait une étrange impression de vide à tous les niveaux, politique, économique et social.


La crise et ses conséquences incalculables – surtout interminables – occupaient tous les esprits parce que personne ne pouvait

prédire ce qui allait se passer. Seulement des questions liées à l’organisation des élections, à l’enrôlement et sa durée dans le temps, à l’accord de pêche avec l’Union européenne, à la guerre qui se prépare aux frontières est du pays contre la ténébreuse AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique), à la prochaine augmentation des prix du carburant à la pompe et, aussi, à celle annoncée vaguement, des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat. Maintenant que le président est malade et qu’il est hospitalisé en France – pour combien de temps ? – les mauritaniens observent une sorte de « pause » en politique. Ils n’ont de souci que pour l’existence de leur pays, pour ses équilibres sérieusement menacés par l’absence d’un chef, même contesté, pour sa stabilité, même si les questions de survie (liées à la détérioration constante des secteurs de l’économie) sont toujours là, présentes dans les regards et les attitudes, dans les discours de tous les jours.

C’est dire que les jours et semaines à venir seront décisifs pour l’avenir de la Mauritanie. L’incident de « Tweïla » n’est pas aussi banal qu’on le pense. Il ressuscite en nous l’idée que la politique, au nom de la démocratie même imparfaite, n’est qu’un jeu, que l’Homme qui sommeille en chaque mauritanien comprend parfaitement qu’il y a entre lui et l’Autre, qu’il soit de la Majorité ou de l’Opposition, un point de jonction qu’on appelle « humanité » ou « mauritanité » ou « islamité » qu’importe. L’essentiel c’est cette compassion éprouvée par tous envers le président de la République qui redevient, par cette circonstance malheureuse, un mauritanien comme les autres. L’essentiel aussi est d’avoir compris que la Coordination de l’opposition démocratique (COD), malgré ce qu’en dit la Majorité et ce qu’elle-même avance comme « programme » pour conquérir le pouvoir, reste une opposition démocratique dont le mot d’ordre (et de ralliement) « Aziz dégage » n’avait de charge négative que parce qu’il s’agissait d’un mot, pas d’une action destinée à aller jusqu’au bout de la confrontation qu’elle suggère par les multiples manifestations (marches et meetings) organisées sur la place Ibn Abass et dans certaines villes de l’intérieur. C’est bon à savoir et à prendre en compte dans les analyses et positions futures pour que les politiques essaient, en toute sérénité, de trouver une solution à la crise. C’est bon de savoir que la Mauritanie est née prédestinée, pour le moment, à suivre la même voie que la Libye, la Syrie et, dans une moindre mesure, la Tunisie et l’’Egypte. C’est rassurant de savoir que, malgré les imperfections de la démocratie, adoptée en 1991, et adaptée en 2005, les urnes continueront à jouer comme moyen de choix de l’homme – ou de la femme – qui présidera à nos destinées. Il y a certes eu une exception, depuis 2005, mais l’on ose croire qu’elle sera la dernière. Ce qui vient d’arriver peut en donner la confirmation ou non.

Source:Elhourriya

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