La CEEAC juge «impossible» de reconnaître Michel Djotodia comme président de la Centrafrique

La Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) a consacré ce mercredi 3 avril un sommet extraordinaire à la situation en Centrafrique, dix jours après le renversement du président François Bozizé.
«En l'état actuel des choses, il est impossible de reconnaître un président autoproclamé», a déclaré le président tchadien Idriss Déby à l'issue du sommet. Photo AFP / Bertrand Guay

«En l’état actuel des choses, il est impossible de reconnaître un président autoproclamé», a déclaré le président tchadien Idriss Déby à l’issue du sommet.
Photo AFP / Bertrand Guay

Un sommet qui s’est tenu à Ndjamena et qui s’est achevé dans la soirée. Le nouvel homme fort de la RCA, Michel Djotodia, n’y assistait pas. La Centrafrique était représentée par son Premier ministre Nicolas Tiangaye. Bilan de ce sommet.

Francois Bozizé sera l’invité d’ «Afrique matin» sur RFI jeudi 4 avril. Première diffusion à 4h44 TU (6h44, heure de Paris) et sur notre site rfi.fr

« Il nous est impossible de reconnaître un président autoproclamé », a lancé le président tchadien Idriss Déby avant d’énumérer les principales décisions de la réunion de Ndjamena.

Première décision : la création d’un collège qui sera désigné par les forces vives, c’est-à-dire toutes les composantes de la société centrafricaine. C’est elle qui désignera à son tour le chef de l’exécutif centrafricain qui aura en charge de diriger le pays pendant les dix-huit mois voire deux ans que durera la transition.

Deuxième décision : un organe législatif appelé « constituant » désigné de la même façon, sera chargé de rédiger la Constitution et légiférera en attendant la mise en place d’une Assemblée nationale élue.

Quid de Michel Djotodia ?

Dans ce schéma, Michel Djotodia n’obtient pas formellement la reconnaissance de ces pairs pour l’instant. Les débats sur le rôle qu’il doit jouer ont été âpres, de l’avis de plusieurs participants. Mais le chef rebelle tire son épingle du jeu, car il n’est pas non plus écarté de la présidence, comme l’avaient souhaité certains, les Sud-Africains notamment.

Plusieurs observateurs estiment même que la formule trouvée à Ndjamena est un moyen de légitimer l’accession au pouvoir de Michel Djotodia.

Nicolas Tiangaye, le Premier ministre de transition, reconnaît que les propositions du sommet visent surtout à donner une forme de légalité à la transition, pour éviter à la Centrafrique des sanctions. Elles sont positives, dit-il.

Nicolas Tiangaye

Premier ministre de transition de RCA

Il faut donner une certaine légalité et une légitimité à ce processus de transition

04/04/2013 par Sarah Tisseyre

Même sentiment exprimé à Bangui par un membre important du gouvernement issu de la coalition rebelle Seleka.

« Metttre fin au désordre »

Ces décisions des chefs d’Etat seront portées dès jeudi par les ministres des Affaires étrangères de la sous-région au pouvoir en place à Bangui. Les partenaires Union africaine, Union européenne, Nations unies et la Francophonie ont été invités à se joindre aux ministres.

Ramtane Lamamra

Commissaire Paix et Sécurité au sein de l’UA

Trois ans (de transition), c’était en fait très directement lié à la fin du mandat du président François Bozizé. Les circonstance ayant fondamentalement changé, il faut plutôt déterminer la transition en fonction de besoins incompressibles (…) La ligne directrice, c’est que les transitions les plus courtes sont les meilleures

04/04/2013 par Sarah Tisseyre

Ensuite, sur la base des résultats de cette visite, un autre sommet sera convoqué à Ndjamena pour prendre une décision politique qui « va sauver la Centrafrique et mettra fin au désordre dans ce pays ».

Martin Ziguélé

Opposition, ancien Premier ministre de RCA

Ce qu’il est important de noter, c’est la volonté des uns et des autres de ne pas imposer un diktat

04/04/2013 par Madjiasra Nako

Zuma retire ses troupes de Centrafrique

Le président sud africain Jacob Zuma avait fait le déplacement de Ndjamana, après la mort d’au moins 13 soldats sud-africains pendant la bataille de Bangui. Il a décidé de retirer les forces sud-africaines en Centrafrique, des forces qui avaient subi de lourdes pertes le 23 mars dernier.

Les chefs d’Etat d’Afrique centrale ont par ailleurs encouragé le chef de l’Etat béninois Thomas Boni Yayi à répondre favorablement à une éventuelle demande d’asile que pourrait lui adresser Francois Bozizé et peut être aussi sa famille.

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