La date du 11 janvier 2013 restera à jamais gravée dans les annales de l’histoire du pays qui revient Servalde très loin, grâce à la communauté internationale avec la France en première ligne

armée au maliIl y a un an jour pour jour, débutait l’intervention militaire française dans notre pays. Avec l’Opération Serval déclenchée le 11 janvier 2013, s’amorçait la libération des régions occupées depuis 10 mois par les groupes armés. Quelques jours plutôt, les djihadistes qui s’étaient rendus maîtres des trois régions et une partie de celle de Mopti après y avoir évincé leurs alliés du MNLA, avaient adopté une posture qui laisser penser qu’une confrontation générale était inévitable. Le 3 janvier 2013, Iyad Ag Ghaly annonce à l’Agence mauritanienne de presse qu’il retire l’offre de cessation des hostilités faite le 21 décembre à Alger au lendemain de l’adoption de la Résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le 5 janvier, des colonnes de véhicules lourdement armés sont aperçues descendant vers le sud. Le 6 janvier, bien que notant qu’Ansar-Dine remet en cause le principe de la cessation des hostilités, le ministre burkinabè Djibril Bassolé, représentant le médiateur de la CEDEAO, maintient une réunion prévue le 10 janvier entre le MNLA, Ansardine et des émissaires maliens.

Dans l’après-midi du lundi 7 janvier, les terroristes lance un raid sur les positions avancées des forces armées et de sécurité maliennes aux alentours de la localité de Konna, dans le cercle de Douentza. L’armée procède à tirs de sommation puis progresse entre Konna et Douentza. L’ennemi recule. Mais le 10 janvier, les assaillants réussissent une manoeuvre de contournement pour entrer dans Konna, le poste le plus avancé de l’armée, situé à 60 kilomètres de Mopti. Les combats sont particulièrement violents et le commandement décide finalement d’évacuer Konna, de sécuriser la route de Mopti et de regrouper ses forces à Sévaré en attendant la contre-attaque avec le soutien des hélicoptères arrivés dans l’après-midi à Sévaré. Les affrontements à Konna ont fait 60 blessés et 11 douze morts dans les rangs de nos militaires.

UNE EXCEPTIONNELLE UNANIMITE. Réuni en session extraordinaire, le Conseil des ministres décrète l’Etat d’urgence. Il y a urgence effectivement. Les islamistes qui se sont emparés de Konna menacent de poursuivre leur avancée vers Mopti et Sévaré tandis qu’une seconde colonne menace Diabali. Le 10 janvier, un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères réagit en demandant « le déploiement rapide d’une force africaine au Mali ainsi que la mission européenne d’appui de formation et de conseil », et lance un « appel à une fin immédiate de la progression des groupes armés rebelles vers le Sud ».

Le même jour, le Conseil de sécurité de l’ONU réuni en urgence à la demande de la France fait part de sa profonde inquiétude relative aux mouvements militaires et aux attaques de terroristes signalées dans le nord du Mali, en particulier la prise de la ville de Konna ». La représentante des Etats-Unis auprès des Nations unies, Susan Rice, indique que les autorités maliennes ont fait parvenir au Conseil de sécurité une demande d’aide militaire consistant pour l’essentiel en une demande adressée à la France. L’ambassadeur français auprès de l’organisation mondiale, Gérard Araud, précise qu’il s’agit d’une lettre du président Dioncounda Traoré adressée à Ban Ki-moon qui l’a communiqué au Conseil de sécurité et que la France fera connaître sa réponse le lendemain.

Le 11 janvier à 10 h 30, le président français François Hollande, lors de ses vœux au corps diplomatique indique que la France répondra aux côté de ses partenaires africains à la demande des autorités maliennes dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité et se déclare « prêt à aider à l’arrêt de l’offensive des terroristes » si elle devait se poursuivre. Vers 11 heures, le chef de l’Etat français, après avoir réuni un Conseil de défense donne l’ordre aux armées françaises d’engager les combats en appui à l’armée malienne. Vers 16 heures, soit cinq heures après l’ordre d’engagement donné par Hollande, plusieurs hélicoptères d’attaque Gazelle entrent en action et attaquent les colonnes de djihadistes se dirigeants vers le sud, entraînant leur retrait. Durant cette offensive, le lieutenant Damien Boiteux, pilote d’une des Gazelles engagées, est mortellement atteint d’une balle d’arme légère. C’est le début de « l’Opération Serval » qui enregistre ainsi sa première victime française.

L’intervention militaire de Paris est presque unanimement saluée. En France comme dans le reste du monde, et particulièrement en Afrique.

Le 14 janvier, les islamistes évacuent les grandes villes du Nord suite aux bombardements mais prennent Diabali dans le cercle de Niono. Le lendemain, la France engage des troupes au sol pour aider l’Armée malienne à reprendre la localité.

OFFENSIVE FULGURANTE. Le 16 janvier, plusieurs centaines d’Algériens et d’étrangers sont pris en otage sur un site gazier en Algérie, à In Amenas, en représailles à l’intervention. Elle se solde le 19 par au moins 37 otages étrangers et un Algérien tués, ainsi que 29 assaillants neutralisés.

Le 17 janvier, l’armée malienne réoccupe Konna. Les premiers éléments de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali, les forces de la CEDEAO) arrivent à Bamako. Les contingents sont fournis par le Niger, le Nigeria, le Burkina Faso, le Togo, la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire. Bien que ne faisant pas partie de la CEDEAO, le Tchad envoie un imposant contingent de près de 2000 hommes.

Le 21 janvier, l’armée nationale libère Diabali et Douentza. A ce moment, 2150 soldats français sont déjà présents dans le pays. La délivrance pour la ville de Gao intervient le 26 janvier à l’issue d’une offensive des militaires français et maliens. Deux jours après, les forces alliées entrent sans combat dans Tombouctou où un camp avait été bombardé par l’aviation française ainsi que des positions de l’ennemi à Ansongo. Dans la nuit du 24 au 25 janvier, un pont est dynamité à Tassiga par les islamistes qui espèrent ainsi empêcher la progression de troupes africaines regroupées au Niger. Toujours le 25, la localité de Hombori (Région de Mopti) est libérée par les troupes maliennes et françaises et 160 soldats burkinabés prennent la relève des Français à Markala.

L’offensive française est fulgurante. Des frappes aériennes françaises dans la Région de Kidal sont rapportées dans la nuit du 26 au 27. Elles ciblent plusieurs objectifs dont le camp de Kidal. Le 30, les forces françaises reprennent le contrôle de l’aéroport de Kidal, et quelque 1.800 soldats tchadiens arrivent les jours suivants pour sécuriser la ville.

VISITE HISTORIQUE. Vingt deux jours après le déclenchement de l’opération Serval, le président français est en visite à Tombouctou et à Bamako le 2 févier. Il reçoit un accueil délirant. Le 5 février, les effectifs de l’opération Serval atteignent un niveau maximum de 4 600 soldats dont 4000 sur le territoire national.

Entre-temps, une fois remises en selle, les forces armées maliennes accentuent leur cadence opérationnelle par l’établissement de deux lignes de front dénommées fuseaux Est et Ouest. Le premier partait de Sevaré jusqu’à Tessalit tandis que le second s’étirait du barrage de Markala jusqu’à Taoudenit en passant par Tombouctou. Cette stratégie qui s’effectuait bien évidemment dans le sillage de Serval visait à contrôler la boucle du fleuve Niger en s’assurant de la maîtrise du terrain au sud d’une ligne allant de Tombouctou à Gao. A ce moment, les militaires français entendaient profiter au mieux de la clémence du climat de fraicheur relative, avant les fortes chaleurs de mars-avril, pour désorganiser les groupes terroristes. Cet objectif fut atteint au bout de trois semaines de combats intenses avec les reprises des deux régions du septentrion malien, (Tombouctou et Gao) et aboutit à une pause tactique pour l’armée en terme de montée en puissance. Laquelle se consacra à la sécurisation et à la pacification des zones reprises afin de favoriser le retour de l’administration publique.

Même dans la débâcle, les djihadistes font preuve d’une forte résistance par endroits. Ils donneront une preuve de leur mépris de la mort, le 5 février dans l’Adrar des Ifoghas où ils résistent désespérément à l’assaut des forces tchadiennes et française. Dans les combat d’une rare intensité, 24 soldats tchadiens sont tués et 11 autres blessés.

Les militaires maliens continuent eux aussi de payer le prix de la libération du pays. Le 6 février, quatre d’entre eux sont tués dans l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule entre Douentza et Gao. Déjà, le 31 janvier, deux soldats avaient déjà été tués dans une explosion similaire, sur la même route.

Nous sommes maintenant le 10 février. A peine les habitants de Gao commencent-ils à savourer la liberté retrouvée, qu’un commando d’islamistes s’infiltre dans la ville. De violents combats les opposent à l’armée malienne. Les militaires de la force Serval observent puis donnent un coup de main précieux.

Ces affrontements interviennent après deux attentats suicides dans la même ville. Le premier attentat suicide de l’histoire de notre pays avait été perpétré le 8 février. Le forcené s’est fait exploser près d’un check-point de l’armée à la sortie de Gao. Le lendemain, deux jeunes portant des ceintures bourrées d’explosifs sont arrêtés à 20 kilomètres au nord de la ville. Les spécialistes qui prévoyaient que les djihadistes allaient se livrer à une guerre asymétrique sont confortés dans leurs analyses.

Le 8 février, après Aguelhok, les soldats français et tchadiens partis de Kidal s’emparent de Tessalit. L’opération pour déloger les islamistes de l’Adrar des Ifoghas est engagée le 18 février. Les forces tchadiennes s’y illustrent particulièrement.

Le 23 mars, le président François Hollande confirme que l’un des principaux chefs d’Aqmi, Abdelhamid Abou Zeïd, a été tué fin février par l’armée française dans les Ifoghas. Le 2 avril, un premier contingent de 570 soldats maliens entame sa formation à Koulikoro avec la Mission EUTM de l’Union européenne. Cette formation débute au lendemain de violences provoquées à Tombouctou par les islamistes qui se sont introduits dans la ville. Le 8 avril débute l’opération « Gustav » de l’armée française pour traquer les islamistes dans une vallée au nord de Gao.

LA MINUSMA PREND LE RELAIS. Le 18 juin, les autorités et les mouvements armés occupant Kidal signent à Ouagadougou un accord prévoyant un cessez-le-feu, un déploiement progressif de l’armée malienne et un cantonnement des combattants touareg sur des sites de regroupement.

Le 1er juillet, la Mission intégrée de l’ONU pour la stabilisation au Mali (Minusma) prend le relais de la Misma et le 5 juillet, l’armée nationale entre à Kidal sous l’encadrement des forces de l’Opération Serval. Le contingent constitué de 150 hommes en provenance d’Anéfis, s’installe au camp I.

Fin août, Didier Dackouo, le commandant des opérations de l’armée au Nord nommé général le 14 août, passe le relais au colonel Mamadou Coulibaly. Entre temps, l’opération Serval a également changé de patron. Le 10 août, le général Marc Foucaud a pris le commandement de la force en remplacement du général Grégoire de Saint Quentin. Le 8 septembre, l’armée lance une vaste opération de sécurisation dans le Méma, une zone qui va de Nampala à Léré. Trois de ses éléments sont blessés dans un accrochage à Foïta. La patrouille arrête 9 bandits armés et confisque un véhicule 4×4.

Le 27 du même mois, deux hommes de la Garde nationale assurant la sécurité de l’agence de la Banque malienne de solidarité récemment ouverte à Kidal, sont blessés dans une attaque à la grenade lancée par des inconnus. Le lendemain, les terroristes frappent à Tombouctou par une opération suicide contre le camp militaire de Tombouctou tuant deux civils et blessant six militaires. Les 4 terroristes opérant à bord d’un véhicule 4×4 sont tués sur coup.

Le 26 septembre, les groupes armés du Nord (le MNLA, le HCUA et le MAA), prétendant un non-respect par le gouvernement des engagements pris par lui dans l’Accord préliminaire de Ouagadougou, décident de suspendre leur participation aux travaux du Comité de suivi de l’Accord avant de revenir quelques jours plus tard sur leur décision.

Les 29 et 30 septembre, des combats opposent les militaires maliens et des éléments du Mnla autour de la BMS à Kidal. Tôt dans la matinée du 7 octobre, des terroristes tirent des obus sur la ville de Gao. Trois des quatre engins explosent, traumatisant deux femmes en état de grossesse et trois enfants. Un militaire est également blessé. Il décédera par la suite.

Dans la matinée du mercredi 23 octobre, vers 10h, une attaque kamikaze vise le contingent tchadien de la MINUSMA, à un check point dans la ville de Tessalit faisant 2 morts et 6 blessés dont deux graves parmi le personnel de cette force. Un enfant perd la vie et un autre est blessé. L’attaque a été perpétrée par quatre terroristes à bord d’un véhicule bourré d’explosifs. Les kamikazes ont tous été tués.

GROSSE PRISE. Du 20 octobre au 2 novembre, 1 500 soldats français, maliens et de la Mission de l’ONU sont lancé dans une vaste opération baptisée « Hydre » pour traquer les groupes terroristes au nord et au sud de la boucle du Niger. Le 30 octobre, la ville de Gao essuie de nouveaux tirs de roquettes. Cette fois, il n’y a aucune victime.

Le 2 novembre, deux journalistes de Radio France internationale (RFI), Ghislaine Dupont et Claude Verlon, sont tués après avoir été enlevés à Kidal par des hommes armés.

Le 8 novembre, une patrouille des Forces armées maliennes est prise à partie par des bandits armés à Egazargane, localité située à 140 km de Ménaka. Nos militaires ripostent. Le bilan est de trois morts et quatre blessés chez les assaillants, un soldat est légèrement blessé. Un véhicule, deux motos, des armements, des munitions et du matériel de communication sont récupérés.

Le matin du 14 décembre, un attentat terroriste est perpétré dans la ville de Kidal à hauteur du siège local de la Banque malienne de solidarité (BMS). Un véhicule bourré d’explosifs percute la porte principale de la banque, tuant en plus du kamikaze, deux soldats sénégalais de la Minusma et blessant 6 autres personnes dont deux gardes.

Le 23 décembre, le sinistre commissaire du Mujao à Gao, Aliou Mahamar Touré, est arrêté par une unité des forces armées dans le secteur de Gossi. L’homme fort de Gao sous le règne des islamistes est pris en possession d’armes de guerre et de matériel de communication. Le 26 décembre, la ville de Gao est encore la cible de tirs de roquettes. Des suspects sont arrêtés.

L’année a été marquée également par le renforcement de l’effectif opérationnel de l’armée malienne avec la fin de la formation commune de base de plus de 4000 recrues qui étaient reparties entre les centres de Séguéla à Kayes, Tibi à San, Markala et Koutiala. C’est d’ailleurs sous le signe du renforcement de la cohésion et du retour de la discipline que les autorités militaires ont placé les festivités de la fête de l’armée le 20 janvier.

Une année après le déclenchement de l’opération Serval, le résultat est là. Il est extraordinaire. Le pays est libéré du joug des forces obscurantistes. Il s’est doté d’institutions à la légitimité incontestable (un président de la République plébiscité et une nouvelle Assemblée nationale dont les membres ont été élus sans contestation majeure). Le pays se redresse et est de retour dans le grand concert des nations. Le « bateau Mali » revient de loin. De très loin. Grâce à la France et au reste de la communauté internationale.

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