La démission d’une opposition

Vote-moutons vote ou couteau
Au vu du tournant opéré en Mauritanie et fortement marqué par l’avènement d’une véritable ère de réconciliation nationale, d’une adhésion affichée à un islam tolérant, de relance économique unanimement reconnue, de volonté de dialogue et de construction nationale, il est inacceptable qu’une certaine opposition continue de nier le grand apport de ce changement qui crève les yeux. Mais au grand dam de celle-ci, les mutations réelles et palpables sont justement appréciées à leur juste valeur par le peuple mauritanien qui en bénéficie fort bien dans son ensemble.
Or, une telle opposition qui se soustrait volontiers au dialogue par des subterfuges qui ne trompent personne et par de vaines tentatives de faire passer un message douteux qui ne convainc pas, nage inéluctablement à contre-courant vers les abysses de la marginalisation et de l’échec.
N’est-il pas révélateur de l’utopie ou de l’hypocrisie que ces partis qui ne cessent de se réclamer à tort de l’opposition –qui dans sa forme positive est au demeurant fort indispensable dans tout processus démocratique- participent au scrutin quand la situation leur semble favorable à l’exemple du parti Tawassoul qui a participé aux dernières élections municipales et législatives et boycotté les Présidentielles sous prétexte que le vote ne serait pas transparent. Pourtant les structures mises en place et les moyens mis en œuvre sont les mêmes et ne souffrent d’aucune défaillance. Sans doute ce parti s’est rendu à l’évidence que l’issue des élections présidentielles lui serait fatale.
Le peuple mauritanien, reconnaissant l’ampleur des grandes réalisations obtenues pendant le mandat écoulé du Président Mohamed Ould Abdel Aziz et savourant l’impact réel des acquis, a décidé de s’inscrire dans la continuité au cours du deuxième quinquennat dont le contenu du programme électoral ouvre les perspectives d’un avenir radieux et augure d’un Etat unitaire fort et juste .
La Mauritanie dispose d’un cadre institutionnel extrêmement solide à travers le pluralisme politique qui est garanti, la démocratie du suffrage qui est étendu à toutes les élections, locales et nationales. On peut dans ces conditions s’interroger sur la véritable nature de l’abstention de certains partis réputés de l’opposition de concourir à l’expression des urnes.

Cette abstention s’analyse en un déni de démocratie. Ceux qui sont à l’origine d’une telle approche ne veulent pas d’une Mauritanie démocratique. Ils sont nostalgiques des pratiques censitaires d’antan où les présumés représentants de la communauté disposaient des voix de la collectivité pour se tailler des privilèges au détriment de ceux qu’ils sont censés représenter. Quand le pouvoir central accédait à leurs doléances, ils s’empressaient de lui tendre la main. Quand il refusait de se plier à leur volonté, ils trouvaient là prétexte à toutes sortes de récriminations. Les voix de leurs mandataires n’avaient d’intérêt à leur égard que par rapport à ce qu’elles rapportaient. Elles constituaient un fonds de commerce, une source de privilèges.
Pour ces présumés opposants, le vote n’est pas un droit qui appartient à tous mais une fonction que l’on peut modeler selon son bon vouloir en s’abstenant de l’exercer ou en retirer l’exercice aux autres sous l’empire d’intérêts bassement mercantiles. Il s’agit là d’une attitude révélatrice d’une volonté de contenir le droit à l’expression des autres dans les limites qu’on a soi-même déterminées. C’est la forme la plus violente de la dictature. Il n’est pas compréhensible qu’en se privant d’un droit on veuille en priver ceux qui vous ont désigné pour que vous leur garantissiez l’exercice de ce droit.

L’attitude des leaders de partis auteurs d’un tel déni de démocratie accordent peu ou pas d’importance à l’origine démocratique du pouvoir. Ils veulent le pouvoir mais ne sont pas disposés à se mesurer à leurs adversaires dans un combat loyal où les protagonistes disposent de la même arme et des mêmes moyens de combat que sont les urnes, le pluralisme d’opinions, le suffrage universel.
La Mauritanie est une démocratie représentative où les élections sont prépondérantes et ponctuent de manière quasi quotidienne la vie de tous les citoyens. Dans ces conditions les partis et groupements politiques qui s’opposent à l’expression du suffrage, renoncent par là même à leur mission première qui est de concourir à la formation et à l’expression de la volonté politique.

Hassana ould Ahmed Labeid

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