La Guerre n’est pas finie entre la Grèce et l’Allemagne

media_xll_7665363Le président grec Prokopis Pavlopoulos a annoncé lundi dans la presse allemande qu’il voulait se rendre rapidement à Berlin pour notamment évoquer avec son homologue allemand Joachim Gauck le contentieux sur les réparations de guerre réclamées par Athènes.

« Je vais me rendre en Allemagne aussi vite que possible », a-t-il dit dans un entretien au site internet du magazine Der Spiegel. M. Pavlopoulos, membre des conservateurs de Nouvelle Démocratie (opposition), propose également que le litige sur les réparations de la Seconde guerre mondiale soit réglé par la Cour internationale de La Haye.

« Valides juridiquement »
« C’est comme ça que les pays civilisés règlent leurs divergences de point de vue », assure ce professeur de droit public. Les réparations réclamées par la Grèce, où l’occupation nazie marquée par des massacres de population et des pillages systématiques est restée un traumatisme majeur, sont « valides juridiquement et nous avons le droit de les faire valoir par les voies légales », selon lui.

Diplomatie en péril
Ce dossier empoisonne les relations greco-allemandes, en particulier depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre de la gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras, fin janvier. En proie à de graves difficultés financières, la Grèce croule sous une gigantesque dette et l’Allemagne a pris la tête des pays européens qui réclament encore plus de sacrifices de la part du gouvernement en échange d’aides financières.

278 milliards d’euros de réparations
L’Allemagne n’a payé que des bribes de réparations à la Grèce après la fin du conflit et n’a jamais remboursé un prêt « consenti » de force par la Banque nationale grecque aux nazis. Occupée par les troupes d’Adolf Hitler de 1941 à 1944, la Grèce a récemment chiffré ces réparations à 278,7 milliards d’euros. Berlin oppose une fin de non-recevoir à tous les appels d’Athènes, arguant que la question des dommages de guerre a été réglée il y a 25 ans par des traités internationaux.

« Stupides »
Le vice-chancelier Sigmar Gabriel a même qualifié de « stupides » ces estimations avancées par un membre du gouvernement grec début avril. Le ton est monté si haut entre les deux partenaires européens qu’Athènes a menacé cet hiver de saisir des avoirs allemands en Grèce. Mais M. Pavlopoulos a affirmé qu' »aucune personne sensée en Grèce ne songe à une action unilatérale ».

Proposition
« De telles déclarations (sur une saisie des biens allemands) sont des non-sens », poursuit le chef de l’Etat élu en février. Il a en revanche avancé l’idée de créer une fondation qui serait chargée d’indemniser individuellement les victimes du régime nazi. Le président allemand Joachim Gauck a effectué en 2014 une visite remarquée en Grèce où il a présenté des excuses pour les exactions commises par les nazis.

Source: LE monde

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge