La loupe du Rénovateur : Chronique sur ces changements vers l’inconnu… !

Dia1La Mauritanie c’est ce pays où le changement au niveau de l’exécutif s’ouvre toujours sur une lucarne d’espoirs avec ses nombreuses attentes, ses rendez –vous sans fin qui finissent dans l’amère désillusion, mettant à nu les mensonges politiques des hommes aux commandes et avec eux les hypocrisies d’un système.
Ces vieilles pratiques politiciennes bien assimilées par nos « Zhéros » qui excellent dans l’art du bourrage des crânes par toutes sortes d’engagements devant le peuple et devant l’histoire, sont encore de rigueur dans l’ère démocratique.
Hier, après chaque changement anticonstitutionnel, le comité militaire au pouvoir se délectait dans une rhétorique à l’époque très fascinante et surtout très chevaleresque de se vanter d’avoir mis fin à un pouvoir tyrannique, clanique et prévaricateur. Le père de l’indépendance sera destitué en douceur. Commence alors la longue odyssée vers l’inconnu.
L’ère des révolutions des palais est inaugurée comme mode de gouvernance. Chaque nouvelle clique militaire fait supporter toute la responsabilité à ceux qui étaient là. Ceux avec lesquels ces nouveaux venus géraient la situation. Plongeaient les mains dans la même soupe.
Au tribunal des vainqueurs, tous les mauvais procès sont administrés aux vaincus qui passent très vite pour des perfides collaborateurs avec l’étranger. Haidalla n’a-t-il pas été accusé d’être à la solde du Polisario alors que l’homme dirigeait d’une main de maître son pays faisant valoir l’autorité de l’Etat au-dessus de tout. Son règne a consacré l’application de la charia, la liquidation physique des auteurs de complots avortés , l’organisation sociale et politique des masses populaires. Avec lui la discipline était de règle dans l’administration.
Mais la pugnacité et la volonté de tenir les rênes du pouvoir ne résisteront naturellement pas aux plans des conspirateurs. Son successeur sera accueilli en sauveur par des foules en liesse en ce jour de 12/12 /84. Nouakchott et les grandes villes du pays étaient en liesse. Un homme jusque-là peu intéressé à la politique passera en peu de temps à la vitesse supérieure dans la gestion herculéenne des affaires de l’Etat.
Ould Taya car c’est bien de lui qu’il s’agit sera l’otage des nationalistes arabes qui manipulerons tous les centres de décisions en mettant en marche un vaste plan de « dénégrification » du pays en profitant de la moindre occasion de revendication politique des négro-africains. Coup sur coup les purges à caractère ethniques se multiplient. Les exécutions extrajudiciaires , les déportations et purges au sein de l’armée et de l’administration viendront remplir la coupe déjà trop pleine des dérives politiques à l’égard des noirs.
Durant vingt ans de dictature implacable , la Mauritanie sera aussi saigné à blanc par ses hordes de prévaricateurs , de mafiosi qui opèrent en toute impunité. Les plus grands champions de ces pratiques n’auront droit qu’à des promotions de valeur. Ce fut l’âge d’or pour les fossoyeurs de la République. Et qui fait encore aujourd’hui quelques nostalgiques. L’histoire n’arrêtera son mouvement.
Les complots militaires se poursuivent jusqu’au cœur d’une démocratie qui se construisait à peine. Après une transition menée avec intelligence après le renversement de Taya, l’arrivée au pouvoir d’un homme à la faveur d’élections incontestées et certifiées par l’opinion internationale, l’histoire bégayera. Le changement anticonstitutionnel le plus spectaculaire en démocratie portera au pouvoir l’homme qui tient actuellement le gouvernail non sans crises dont les conséquences perdurent.
Le dialogue qui n’arrive pas à déboucher sur des résultats tangibles. Est-ce le début d’un éternel recommencement…

(A suivre)

Source : Le Rénovateur Quotidien (Mauritanie)

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge