La Loupe du « Rénovateur » : De Raiss à Z… faudrait-il tout chambarder ?

Dia1La nomination de Sid’ Ahmed Ould Raiss à la tête de la BCM puis son limogeage quelques mois après le renouvellement de son mandat montre l’incohérence des choix du Président Mohamed Ould Abdel Aziz des hommes du sérail.
Fallait-il donc attendre tout ce temps passé à l’institution financière pour se rendre tardivement de l’état des finances de cette « usine à billets » où se sont enrichis des intouchables de tous les régimes.
Il y a seulement deux mois la BCM s’honorait du satisfecit des bailleurs de fonds notamment du Fmi qui adressait une note à la Mauritanie comme étant l’élève assidu de l’assainissement des finances publiques , de la maitrise de l’inflation avec à la clé une bonne santé monétaire qui se caractérisait par un taux de réserve en devise pour une période de plus de six mois. D’où est alors venue la faille ?
Paradoxalement l’ouguiya ne cesse de connaitre des opérations de recyclage sur ses billets. L’introduction d’un billet de cinq mille ouguiyas et le renouvellement à deux reprise des coupures de 1000 et 2OOO um qui continuent toujours à circuler alors qu’il fallait retirer les anciens dans des délais courts, sont autant de mauvais présages pour une gestion transparente de notre masse monétaire.
L’autre mauvais indicateur d’une politique de bancarisation à tout va s’est manifesté par l’octroi d’agréments à plus d’une dizaine de nouvelles banques à des hommes d’affaires sans expériences surtout fabriqués de toutes pièces. Deux de ces banques se sont vus retirer leurs autorisations pour n’avoir pas pu se conformer aux cahiers des charges. Ce qui démontre que notre système financier de manière générale fonctionne dans l’improvisation totale.
Les bonnes compétences ne manquent pas dans ce pays. La Mauritanie compte d’excellents technocrates ayant fait leur preuve dans des institutions financières internationales et donc capables de redresser l’économie du pays, s’ils disposent de l’indépendance nécessaire pour mener à bien leurs missions. Il y a des seuils d’interventionnisme de l’exécutif qui agissent négativement sur la bonne gouvernance économique.
Finalement les indicateurs fournis par le pays pour justifier les performances de ses politiques collent mal à la réalité sociale et économique. Au moment où le taux de croissance est estimé dans les projections à court terme à plus de 6 %, le secteur minier, énergétique, halieutique végètent et connaissent une baisse drastique de leurs recettes. Nos hauts technocrates aux commandes du système financier se perdent –ils toujours dans les faux chiffres en tentant de soutenir une chose et son contraire ?
En faisant croire que tout va bien alors que va tout va mal. La Mauritanie fait partie des rares pays où la baisse mondiale du carburant n’a pu agir sur les prix à la pompe. Aujourd’hui les recettes douanières sont au plus bas à cause de mesures restrictives sur certaines exportations et à cause d’un monopole de certains grossistes sur le marché des denrées de premières nécessités. C’est donc tout le système financier qu’il faut repenser, réorienter et réadapter à notre environnement.
Les grandes sociétés d’Etat sont toutes en panne en raison d’une gestion prédatrice qui n’arrive pas à disparaitre des mœurs d’une mauvaise gouvernance. Décidément le deuxième quinquennat du Président Aziz commence à montrer ses premiers mois d’essoufflement. Il doit au plus vite opérer des rééquilibrages pertinents pour éviter un effondrement économique à grande échelle.

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