La Mauritanie et Boko Haram.. absence d’incubateur et de liens organisationnels

CARTE1Le groupe Boko Haram  » Jamaat Ahli Suna pour la Prédication et le Combat précédemment, La Wilaya de l’Afrique de l’ouest actuellement) se compose de centaines de combattants issus des tribus  »Kanuris » plus connues sous le nom  »les Bororos » originaires des tribus  »Toubou » établies respectivement en Libye, au Tchad et au Soudan. Ces tribus se retrouvent également au Nigeria en plus d’une minorité de combattants issus des  »haoussas ».

cette configuration tribale se trouve regroupée dans les régions de  »Borno » et de  »yobe » dans le nord du Nigeria et dans la région de  »Diva » et  »Zinder » au sud du Niger mais aussi dans le nord du Cameroun dans des régions tchadiennes limitrophes de la rive nord du lac Tchad.

le groupe BOKO Haram a tissé, très tôt, des liens avec le  »groupe salafiste algérien pour la prédication et le combat (GSPC) établi au nord du Mali , ce dernier avait été une menace pour la sécurité de la Mauritanie. C’est précisément en 2003 que des éléments du groupe Boko Haram étaient arrivés dans le maquis du GSPC pour des entrainements. Ainsi, des dizaines de jeunes combattants de Boko Haram avaient accompagné le chef de la 5eme zone du GSPC l’algérien Ammari Saifi alias Abderazak  »le para » dans une incursion du groupe armée dans le nord du Niger d’ou ils sont entrés au Tchad. C’est au début de 2004 que les combats entre l’armée tchadienne et le groupe du GSPC avaient fait de nombreux tués parmi les jeunes combattants de Boko Haram prés des montagnes du Tibesti dans le nord du Tchad.

l’arrestation de Abderazak  »le Para » a renforcé les liens entre le fondateur de BOKO Haram  »Mohamed Youssef » et le dirigeant du GSPC dans le nord du Mali Abdel Hamid Abou Zeid.

La Mauritanie a subi la foudre des éléments du GSPC originaires de BOKO Haram en participant à l’attaque de la caserne militaire de  »limgheity » en juin 2005.

parmi eux  »Khalid el Barnaoui » qui a quitté Boko Haram en septembre 2010 pour créer la Jamaa  »Ansarou » au même moment Abdel Hamid Abou Zeid qui projetait d’attaquer  »Nbeikit Lahouch » dans l’extrême est mauritanien avec des dizaines de combattants de  »Boko Haram » entrainés dans le Sahara recevait des informations sur la présence d’expatriés français travaillant dans le nord du Niger pour le compte de la société française AREVA. C’est à Arlit que Abou Zeid mène des enlèvements en laissant les combattants de BOKO Haram entre les mains d’un autre leader du groupe en l’occurrence Yahya Abou el Hamam dans un camp prés de Hassi Sidi à proximité de Tombouctou.

C’est à Hassi Sidi que les accrochages avaient eu lieu avec l’armée mauritanienne . Les éléments de Boko Haram avaient pris part à ces combats emportant avec eux leur part du butin de la bataille de Hassi Sidi. direction, le nord du Nigeria.

C’est à partir de ce moment que les liens entre AQMI et Boko Haram commencent à se rétrécir aboutissant début 2012 à la rupture. le dernier échange remonte à la lettre adressée par le cadi de l’émirat du Sahara Mohamed Lemine Ould Hassen alias  » Abdalla Chinguiti » au chef de Boko Haram Aboubakar Chikao critiquant certains de ses comportements lui intimant l’ordre de réviser sa voie . A la suite de cette lettre  »Chikao » décide de rompre les liens définitivement avec AQMI . les éléments de Boko Haram ayant cessé de se rendre au nord du Mali à partir de cette date en raison de la rupture de la relation et des liens organisationnels et idéologiques avec les groupes jihadistes établis dans cette partie du Sahara . De plus, l’absence d’élément incubateur d’ordre social ou géographique a contribué à cette rupture.

La rupture fut plus importante et plus évidente de Boko Haram dans cette partie du Sahara suite au différend prématuré entre Boko Haram et l’état Islamique (EI) du fait du refus de  »Chikao » en mars 2015 de se plier à la décision du chef de l’organisation Etat Islamique (EI) Aboubakar Al Baghdadi le limogeant . la relation s’était considérablement détériorée et les contacts ont été rompus. Ainsi Boko Haram a perdu le soutien et la sympathie dans la région notamment parmi les soutiens du groupe AQMI et ceux de l’EI à cause du différend survenu quelques semaines après que le groupe BOKO Haram ait fait acte d’allégeance à l’EI.
Ces faits montrent l’historique et la nature de la présence de BOKO Haram dans la région en terme de relation et de rupture. Cette réalité amène tout observateur à s’interroger sur l’objectif d’évoquer l’existence d’une telle présence en Mauritanie.

Il faut souligner que Boko Haram est une organisation qui s’appuie dans son implantation sur l’élément d’incubation tribale et populaire plus que sur tout autre facteur. Nul n’ignore qu’il n y a aucune présence des tribus  » Kanuris  » ou  »Haoussa » en Mauritanie ou dans les pays limitrophes et que les groupes actifs dans la région (AQMI et l’EI) ont rompu leurs liens avec BOKO Haram. De ce fait, de quelle présence parle-t-on ? en l’absence des facteurs d’incubation sociale élément fondamental pour l’implantation de Boko Haram et des éléments de liens organisationnels indipensables pour d’autres il ne peut être question d’une telle présence.

Source: Alakhbar

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