La Mauritanie et la CEDEAO : Etre ou ne pas être

La Mauritanie et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), c’est une histoire d’amour et de désamour.

Depuis la décision prise par Nouakchott, en 2000, de sortir de cet ensemble économique regroupant 15 pays,  onze ans après la

 création d’une autre organisation sous régionale, l’Union du Maghreb Arabe (UMA), il y a eu comme une sorte de fracture qu’on n’arrive pas encore à guérir. Malgré un accord de coopération privilégié entre la Mauritanie et la CEDEAO ; malgré aussi cette présence, ce retour de facto, mais non de jure, qui fait que la Mauritanie est présente pratiquement à toutes les réunions de la CEDEAO.

Pour des discussions sur l’évolution de la crise malienne, qui se tient depuis hier à Yamoussoukro, capitale politique de la Cote d’Ivoire, la présence du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est très remarquée. Deux mois après l’engagement militaire de la France, du Tchad et de certains pays de la CEDEAO au Mali, l’on ne désespère pas de voir la Mauritanie et l’Algérie prêter main forte à cette coalition dans ce qui est devenu maintenant la traque des djihadistes dans les montagnes des Ifoghas, à la lisière de la frontière algérienne. Et il faut dire qu’après avoir laissé passer l’orage, la Mauritanie pourrait bien être tentée par une « participation plus active » à ce qui se passe au Mali. En envoyant des militaires ou en contribuant à l’effort de guerre, fixé à Yamoussoukro, à 950 millions d’euros. Ce serait alors une option de rapprochement d’un regroupement qui, à l’origine économique, devient de plus en plus politique et militaire. Même si sur les 8000 hommes prévus au Mali, la CEDEAO n’en fournit, à l’heure actuelle, que 1500, nettement moins que le Tchad, pays nom membre et qui a déjà payé un lourd tribut dans son engagement sur les premières lignes des combats contre les groupes islamistes armés.

Signalons que la Mauritanie avait quitté la CEDEAO en 2000 mais qu’elle entretient, tout de même, des relations commerciales et douanières privilégiées avec cet ensemble sous-régional africain constitué de 15 pays.

Pour certains, le véritable combat pour les partisans de l’intégration sous-régionale et africaine est le retour de la Mauritanie dans la zone de la CEDEAO. Pour ce haut responsable sénégalais s’exprimant lors du passage d’une caravane sensibilisant les questions d’intégration et de fluidité de la circulation des personnes et des biens, «Le retour de la Mauritanie est un impératif de taille. Pour une bonne circulation des personnes et des biens, il faut le retour de nos amis mauritaniens dans la zone CEDEAO», explique-t-il.

En effet, trente et un ans après la ratification des textes de la CEDEAO, les frontières sous régionales demeurent encore des forteresses qui empêchent toute fluidité dans la circulation des voyageurs ouest Africains. Chaque année, plus de huit (08) millions de citoyens Ouest africains franchissent les frontières de leur pays de résidence. C’est ainsi qu’on constate l’ampleur du phénomène et l’urgence pour la CEDEAO d’assurer un espace plus convivial à ses citoyens. Pendant que les chefs d’États et de Gouvernements admirent les nombreuses avancées réalisées avec la CEDEAO depuis sa création dans plusieurs domaines et surtout en lien avec la vision 2020 qui se veut de transformer la CEDEAO des États en CEDEAO des peuples, il existe cependant des preuves tangibles que l’intégration demeure toujours un rêve. La Mauritanie qui est un pays hors CEDEAO mais assurant avec cet ensemble des relations privilégiés, doit-elle se contenter de cette situation à problèmes ou prendre, carrément, le chemin du retour ?

Elhourriya


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