La Mauritanie lancera des chaînes de télévision privées

Le ministère de la Communication a donné son feu vert à la création de nouvelles

Siège de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel en Mauritanie

chaînes de télévision privées, mais les critiques doutent toutefois de leur capacité à relever le défi de la concurrence.
Le gouvernement mauritanien a demandé la semaine dernière à la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) d’inviter toutes les parties intéressées à participer à un appel d’offres visant la création de trois nouvelles chaînes de télévision privées.

Cette initiative est « une évolution importante et positive dans la politique de libéralisation de l’espace audiovisuel initiée l’an dernier par le gouvernement mauritanien », a fait savoir le ministère de la Communication dans un communiqué publié le 21 octobre.

L’HAPA a promis de s’atteler « immédiatement » aux procédures légales et administratives qui permettront d’octroyer des licences à trois chaînes de télévision privées.

Cette décision entre dans le cadre d’une stratégie gouvernementale dont l’objectif est la création de cinq chaînes de télévision et de cinq stations de radio privées.

Une première procédure similaire lancée au mois de septembre dernier a abouti à l’apparition dans le paysage audiovisuel des chaînes de télévision Mauri-Vision et Télévision Wataniya, ainsi que des stations de radio Sahara FM, Radio Cobenni-MAPUCO, Mauritanides FM, Radio Tenwir et Radio-Nouakchott.

Les médias mauritaniens ont par ailleurs assisté au lancement non autorisé de deux chaînes, « Chinguetti«  et « Al Mourabitoune« . Les professionnels des médias estiment toutefois que ces dernières ne sont pas parvenues à offrir une alternative réelle à la télévision d’Etat.

« La majorité des personnels employés par ces chaînes et ces stations de radio n’est composée que d’amateurs, et non de professionnels », a expliqué à Magharebia Mohamed Lemine Ould Mahjoub, président du département chargé de la jeunesse à la radio officielle mauritanienne. « Les investisseurs du secteur des médias indépendants s’intéressent exclusivement à la rentabilité, et refusent donc d’injecter plus d’argent pour garantir un produit de qualité qui puisse être professionnellement compétitif ».

Il a ajouté par ailleurs que « en ce qui concerne le contenu des émissions fournies, il s’avère médiocre, malgré une ligne éditoriale différente de la ligne officielle. Ces diffuseurs manquent à la fois de qualité et de professionnalisme, entraînant une augmentation du nombre de licences octroyées à de nouvelles chaînes qui ne sont pas productives dans l’arène médiatique ».

Pour sa part, le journaliste Abubakar Ould Mami souligne que les stations de radio privées sont devenues des « pépinières de sujets qui se limitaient dans le passé à la presse écrite ». 

« Les élites politiques et intellectuelles se sont intéressées à ces stations de radio comme moyen de faire passer leurs messages et de faire connaître leurs points de vue. La raison en est peut-être le coût financier faible des ondes et leur simplicité technique », ajoute Ould Mami, qui anime des programmes culturels et politiques sur la Radio Libre de Nouakchott.

« Concernant les chaînes de télévision qui ont redéfini le paysage audiovisuel au cours des derniers mois, leur performance n’en est encore qu’au stade du bégaiement », commente-t-il. « Le problème aujourd’hui, ce n’est pas la multiplication des chaînes, mais leur durabilité. Et la question est donc la suivante : Vont-elles parvenir en fait à surmonter cet obstacle ? »

La limitation des contenus pourrait également empêcher ces nouveaux médias d’attirer de nouveaux spectateurs.

« Même si les chaînes privées se montrent parfois agressives dans leur traitement de sujets considérés comme tabous, elles paraissent encore en période d’essai en raison de la répétition de leurs programmes et des bulletins d’information médiocres qui se répètent durant toute la semaine », a expliqué Bab Sek, employé d’une ONG travaillant sur l’information publique.

Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott

Source :Magharébia

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