La Mauritanie souhaite le soutien de l’ONU dans sa lutte contre le terrorisme

La région du Sahel est devenue « un hâvre de sécurité » pour les réseaux du crime organisé et les terroristes, a expliqué le chef de la diplomatie mauritanienne. La Mauritanie souhaite la mise en place d’une unité de lutte antiterroriste des Nations unies au Sahel.

« Depuis plusieurs années, notre sous-région, le Sahel, est devenue un hâvre de sécurité pour les réseaux du crime organisé de toute sorte, trafic de drogues, d’armes, de munitions, d’êtres humains, d’immigration clandestine et, en particulier, de terrorisme », a déclaré le ministre mauritanien des Affaires étrangères Hamadi Ould Hamadi dans son allocution du 29 septembre faite à la tribune de la 67ème session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
La Mauritanie souhaite accueillir le Centre des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la zone du Sahel africain et apporter sa protection et son soutien à ce centre, a déclaré Ould Hamadi.

« Mon pays est parfaitement conscient de la relation étroite qui existe entre sécurité, développement et démocratie. Nous savons que la sécurité est une condition nécessaire au développement, à la mise en place de la démocratie et au renforcement des institutions d’application de la loi », a-t-il souligné.

Dans sa résolution 66/10 (2011), l’Assemblée générale explique que « le Centre des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme sera placé sous la direction du Secrétaire général et contribuera à promouvoir la mise en oeuvre de la Stratégie globale des Nations unies de lutte contre le terrorisme ».

Les Nations unies ont appelé leurs États membres à collaborer avec ce centre « pour contribuer à la mise en oeuvre de ses activités ».

Ce centre a pour objectif de « mettre en oeuvre les quatre piliers de la stratégie de manière complète et intégrée, par le biais du développement de plans d’application d’une stratégie nationale et régionale de lutte contre le terrorisme ».

Ce centre lancera des initiatives visant à « favoriser la lutte internationale contre le terrorisme et la coopération entre les organisations et les centres nationaux, régionaux et internationaux contre le terrorisme ».

« Il existe un conseil consultatif qui fournit des conseils au directeur exécutif concernant le plan et le programme de travail annuel du centre, y compris le budget annuel, les programmes, les projets et les propositions », a déclaré le professeur de droit Mohamed Ould Cheikh.

« La première réunion de ce conseil consultatif a eu lieu le 2 avril à New York, et la deuxième réunion le 3 juin à Riyad, en Arabie Saoudite », a-t-il précisé.

Le juriste Ba Moktar a ajouté que « aujourd’hui, la lutte contre le phénomène du terrorisme exige à la fois le renforcement de la coopération entre États et l’adoption d’une approche globale impliquant tous les acteurs ».

« Toute mesure prise aux niveaux national et international pour lutter contre ce problème commun se doit toutefois d’être conforme au droit international, en particulier au droit international relatif aux droits de l’Homme. Cette lutte ne doit pas servir de prétexte à une ingérence dans les affaires intérieures des États », a-t-il ajouté.

Il a plaidé pour « un plus grand appui au projet de convention générale sur le terrorisme international », ajoutant que « les États membres doivent mettre de côté leurs divergences et œuvrer pour la finalisation de ce texte qui sera un instrument important dans le renforcement du cadre juridique mondial contre le terrorisme ».

De telles initiatives sont importantes « car elles renforcent la coopération entre les Nations unies et les organisations régionales dans la lutte contre le terrorisme, telle que l’Initiative trans-sahélienne de lutte contre le terrorisme, ainsi que la Déclaration de Madrid et le Plan d’action de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale », selon Moktar.

L’ouverture d’un tel centre en Mauritanie serait un bon encouragement pour les efforts louables déployés par la Mauritanie pour lutter contre le terrorisme, a-t-il estimé.

« La Mauritanie a beaucoup contribué à la mise en place de mécanismes spécifiques pour une lutte efficace contre le terrorisme », a-t-il conclu. « Ces efforts ont abouti à la création le 21 avril 2010 à Tamanrasset du Comité d’état-major opérationnel conjoint dans le région du Sahel (CEMOC). »

Source:Cridem

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