La puissance de l’entourage

A Néma, à AïounA Néma, à Aïoun, comme à Zoueratt ou à Kiffa, ces derniers jours, la Mauritanie n’a pas changé. Pour les rares téléspectateurs de TVM d’ailleurs, les images montés par les techniciens à l’occasion des visites présidentielles, étaient le mêmes : des personnes venues à l’accueil, qui crient à tue-tête, ne ménageant ni leurs forces, ni leurs esprits ressemblant finalement à des bêtes féroces.

A Kiffa le 20 avril dernier, les populations sont venues en masse à l’accueil du président, les troubadours se sont fait remarquer, la tribu s’est imposée, le m’as-tu-vu a gagné et les véritables problèmes des populations ont été laissés en rade
A voir les populations de Kiffa s’époumoner pour exprimer leur soutien à l’hôte du jour, on se croirait dans n’importe quel autre ville du pays. Le décor est partout le même. La scène de la grande représentativité est toujours-là, imposante et grandiose.
Les politiques ont fait le pied de grue, les hommes d’affaires ont exprimé leur allégeance, les chefs de tribu ont manifesté leur solidarité et leur soutien et les poètes ont chanté les louanges de l’hôte, ou plutôt, du « Zaim ». Comme au beau vieux temps. Les « badauds » qui sont les interprètes des vieux barons en perte de vitesse se sont infiltrés dans tous les rouages de la visite. Ils sont parvenus à isoler l’hôte, parvenant à canaliser ses regards et à orienter son attention. Maitres dans l’art de détourner l’attention, ils ont réussi à prendre l’hôte du jour en otage comme ils ont pris en otage l’autorité publique elle-même.

La vérité du terrain étant la leur, c’est seule elle qui doit sévir. Ils sont puissants ceux-là qui parviennent à maintenir le cap, présentant au chef de l’Etat, l’image d’une Mauritanie riche et prospère où la pauvreté, l’ignorance et la liberté sont des maitres mots.

Et gare à ceux-là qui essaieraient de penser autrement ! Demandez-le à ceux-là qui se sont essayé à Kiffa ! Là-bas, des citoyens ont été malmenés par la police et les forces de sécurité pour avoir tout simplement essayé de faire entendre leur voix au chef du moment.

C’est que la loi est celle de l’entourage du président… Cet entourage qui manipule le système comme il le souhaite, et qui est facilement visible, partout, où se trouve le chef de l’Etat. Ayant applaudi Ould Taya, il s’est adapté à Ely avant d’accompagner Sidioca qu’il ne tardera pas à lâcher au profit de Ould Abdel Aziz.
Depuis, toujours, cet entourage est resté le même, presque incontrôlé, s’adonnant à ses petites magouilles sur le dos du chef. Celui-ci ne s’en rend sûrement pas compte, mais la machine infernale est enclenchée.

Des instructions se donnent, mais il y a toujours des gens qui sont tellement puissants, bien introduits ou peut-être bien nés, qu’ils peuvent se permettre de tout fouler. Ainsi, des administrateurs et de hauts responsables ont bravé les consignes et ont effectué le déplacement de Néma, Aioun, Kiffa… Pourtant, ils n’avaient rien à faire au bled. Ils devaient rester dans leurs lieux de travail et s’occuper de la gestion des affaires des populations pour que les promesses faites par le Chef devant le peuple puissent se réaliser.

Par ailleurs, partout où il a été, le Chef de l’Etat n’a fait que répéter ce que nous avons commencé à trop entendre. Démocratie, développement, Etat de droit, bonne gestion des deniers publics… Que de bonnes intentions, mais beaucoup d’autres choses n’ont pas été dites. Le censeur invisible a brouillé les idées du Chef. Pourquoi parler des maux de la Mauritanie à torts et à travers et laisser de côté la souffrance des victimes des ignobles violations des droits de l’homme ?

Pourquoi parler seulement de la mauvaise gestion qui n’a que des répercussions économiques rattrapables et passer sous silence la souffrance de milliers de familles, de centaines de compatriotes qui traînent encore les séquelles du lourd passif du passé ?

Amar Ould Béjà

Source: Lauthentic

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge