La « rencontre avec le peuple » : L’Etat de la nation selon Aziz

le peuple a l'ecoute de Aziz
C’est l’une des rares fois où j’écoute, de bout en bout, une émission de la télévision de Mauritanie. J’ai même renoncé à suivre la reprise, dans la soirée, des championnats d’athlétisme de Moscou qui me passionnent qu’une finale de coupe du monde ou de Champion’s Ligue de football.

Le Président de la République va parler et il répondra, en principe, à toutes les questions. C’est donc une occasion à ne pas rater, pour savoir ce qu’il pense des questions de l’heure (élections, dialogue, initiative de Messaoud, crise économique) mais aussi réentendre sa version sur l’incident de « Toueila », connaitre son véritable état de santé et ses réponses aux accusations – graves – du député français Noëlle Mamère et de ce qui est connu sous l’appellation des « enregistrements d’Accra » relatifs à son implication, supposée ou réelle, dans une affaire de trafic de drogue d’ampleur international.

Le « Liqa’e echab » (rencontre avec le peuple) était en fait une grande « production » en deux épisodes : D’abord, le Raïs présente son bilan de quatre an, chiffres à l’appui, dans tous les secteurs. Et franchement, il n’y a là rien de nouveau ! Une compilation de chiffres, du déjà vu déjà entendu dans la bouche du plus anonyme des chefs de service au ministère des Finances ou des Affaires économiques, au Premier ministre dans son Discours de Politique Générale prononcé chaque année devant le Parlement. Reviennent donc en sourdine ces indicateurs de performances économiques « certifiés » par la Banque mondiale et le FMI et prenant toujours pour repère l’avant Aziz (2008) pour souligner que le pays avance depuis. Tout  y passe donc : croissance de 6%, inflation contenue à 3%, réserves en devises de plus d’un milliards d’UM, réduction du taux de chômage qui passe de 31% à 10%, et tant d’autres chiffres qui dénotent, selon le président Aziz, que la Mauritanie est sur la voie du progrès. Ainsi, au lieu d’avoir le bilan de l’année en cours (celle de cette quatrième édition du « liqa’e echaab », on revient, encore et encore, sur cette comparaison entre un avant  et un après.   Lassant non,

On pensait, à tort cette fois-ci, que la partie questions-réponses allait être plus « vivante », plus instructive mais surtout plus ouverte que celle où le président de la République ne fait que reprendre des données économiques qui laissent de marbre un auditoire profane n’ayant aucune connaissance de la macroéconomie ou des tendances du marché mondial. La manière même de gérer le débat laisse à désirer. Trop classique. Chaque journaliste est appelé à « exploiter » deux misérables petites minutes pour poser quelques questions au président de la République ! Et le premier qui passe, ne se prive pas : sept questions qui font sourire le Président mais décourage les autres journalistes, qui se disent qu’ils n’ont plus rien à dire. Et c’était vrai. Tout tourne en effet autour des élections, de l’initiative de Messaoud, du retour des « moufcidines » (gabégistes), des prix et de l’état de santé du président. Après la réponse apportée à cette première batterie de questions, tout le reste n’a été que rabâchage, avec l’impression quelques fois que certains journalistes n’étaient pas là pour pousser le Président à se livrer mais jouer le rôle dévolu traditionnellement aux soutiens du pouvoir : louer les réalisations du Raïs. Hum !

Source : Elhourriya

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