LA SNIM: UNE SOCIÉTÉ CLANISÉE ET TRIBALISÉE. AVEC L’ASSENTIMENT DU PRÉSIDENT?

En 1973, quant feu le Président Mokhtar Ould Daddah a nationalisé la MIFERMA, toute la Mauritanie s’est mobilisée pour le soutenir dans son projet Train-Snimnationaliste, porteur d’espoir pour le pays dans son développement économique et social.

Au jour de sa nationalisation, la MIFERMA produisait 12 600 tonnes de minerais provenant d’un seul gisement, le TAZADIT. Ce niveau de production, avait été atteint grâce à un ensemble de facteurs, entre autres: l’absence de tutelle et d’ingérence politique; la compétence des gestionnaires (français); la rigueur dans la gestion; la responsabilisation des travailleurs;  l’ouverture des vases communicantes entre les travailleurs et les gestionnaires; la gestion du social, comme pierre angulaire de la performance et du renforcement de la production. À cet égard, il faut rappeler que la MIFERMA offrait des écoles de qualité; des dispensaires de qualité; une eau de qualité (importée de Boulenwar); un environnement de qualité (désinfection à toutes les semaines des quartiers de la ville), etc …

Quelle est la situation de la SNIM en 2013? Aujourd’hui, la SNIM, le rêve des mauritaniens et de la Mauritanie, est en délabrement avancé, tellement avancé que la société est en agonie incurable. La production est, de peine et de misère, à 10 800 tonnes. Pourtant, les outils de production ont tellement évolués et sophistiqués et les gisements sont multiples: Kédia, Guelb, Lemhowdatt, etc … Quant au social, les journaliers sont en grève presque tous les jours et travaillent dans des conditions prohibitives au regard des standards internationaux. La direction des ressources humaines est incapable d’intégrer ces ouvriers ou respecter les engagements pris avec eux dans les conditions et les délais convenus. Le Conflit se fertilise et du coup, se répercute sur la production et la cohésion de la Société. Les habitations des cadres intermédiaires sont délabrées, infestées nauséabonde. La ville de Zouerate souffre de façon chronique de manque d’électricité, d’eau potable. Sur le plan des structures et de la gestion, la SNIM est aujourd’hui une Société d’État officiellement et publiquement clanisée et tribalisée, et ce, avec l’assentiment du Président de la République. Sinon, comment comprendre ce laissé aller de Ould Loudaa. En effet, celui-ci a distribué les postes clefs de la SNIM aux membres de la tribu de ses beaux-parents: EWLAD GHAILAN. Il a nommé Ould Khtaira, DSE de la SNIM; il a nommé Ould Kreikib, Dir du projet Guelb 2; il a nommé Ould Waissatt (l’ex mari de sa femme), Dir du projet Atoumay. Quant à son propre beau père, Ould EL MAN, Ould Loudaa lui a attribué, avec la complicité du Président de la fondation SNIM, tous les projets de gré à gré et sans appels d’offre. De plus, Ould Loudaa n’a aucun leadership ni compétence pour gérer une société multidimensionnelle et multiforme comme la SNIM. Les cadres de celle-ci ne le respectent même pas, puisqu’il a été leur subalterne, avec toutes les casseroles qu’il traine à cet égard. Et comme c’est pas assez, Ould Loudaa a fini par aliéné foncièrement la SNIM au politique misérabiliste et sectaire.

La SNIM n’a réalisé aucun projet à Zouerate. Celui de Guelb 2 traine les retards en années. Pourtant, cette ville aurait dû jouir du statut de la zone productrice!! Zouerate est la seule Wilaya de la Mauritanie qui est encore aujourd’hui enclavée à 800km de la capitale Nouakchott. Pendant ce temps, le gouvernement finance à couts de milliards, obtenus grâce aux richesses minières de Zouerate, la route montagneuse, la plus difficile à réaliser, entre ATAR et TIJIGJA, laquelle n’est aucunement une priorité, par rapport à celle de la Wilaya de Zouerate, poumon et coeur de l’économie nationale, de surcroit région ouverte sur les frontière des voisins du Nord. Au fond, cette route ne servira à rien, en dehors de faciliter le transport de quelques sacs de dates ramassées entre le mois de juillet et août!!! Quelle misérable politique publique!! Quel misérable choix!!

Sur le plan de ses rapports avec ses partenaires, la SNIM met les bâtons dans les roues de son partenariat avec EXTRATA et refuse de lui concéder les facilités nécessaires (eau) pour le démarrage de son projet EL OUJ. En fait, les réticences de la SNIM sont motivées par la crainte de voir les partenaires mettre en relief et en évidence son délabrement, notamment son incapacité de remplir ses engagements de partenariat: techniques, financiers et en expertise.

En conclusion, la SNIM coule …. coule …. coule!! Il faut que l’État, si celui-ci existe, fasse quelque chose, pendant qu’il est encore temps.

Mohamed Salek

Zouerate

zoueratt1@gmail.com

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