La Turquie sous haute tension après de nombreuses attaques

La TurquieLa Turquie a été le théâtre de plusieurs attaques, ce lundi 10 août tôt dans la matinée. Des individus ont ouvert le feu sur le consulat des Etats-Unis à Istanbul, sans faire de blessés. Par ailleurs, un attentat à la voiture piégée a visé un poste de police sur la rive asiatique de la cité. Enfin, quatre policiers turcs ont été tués par un engin explosif placé le long d’une route du sud-est de la Turquie, ont annoncé des médias locaux.

L’attaque la plus meurtrière a eu lieu dans le district de Silopi, dans la province de Sirnak, frontalière de l’Irak et de la Syrie, a annoncé l’agence privée Dogan relayée par l’Agence France-Presse. Quatre policiers ont perdu la vie dans l’attaque attribuée aux rebelles kurdes.

Par ailleurs, un soldat turc a été tué lorsque des militants kurdes ont attaqué au lance-roquette un hélicoptère militaire qui transportait du personnel dans le secteur de Beytussebap à Sirnak, selon les mêmes sources. L’armée turque a immédiatement riposté en bombardant les positions des séparatistes kurdes turcs du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) dans la région.

Ce ne sont là que les plus récentes et les plus meurtrières des attaques quotidiennes portant la signature très claire de la rébellion kurde, en réponse aux frappes aériennes visant leurs bases en en Irak du nord et en Turquie même, où la répression anti-kurde bat son plein depuis 3 semaines maintenant. Les villes du sud-est vivent d’ailleurs une situation littéralement insurrectionnelle avec des heurts violents et des victimes civiles ou parmi les forces de l’ordre, qui a incité les autorités à décréter l’état d’urgence dans plusieurs provinces frontalières ou plus ou moins éloignées des deux frontières syrienne et irakienne.

Les violences se sont intensifiées depuis un attentat-suicide le mois dernier dans une ville proche de la frontière avec la Syrie, attribué à l’organisation Etat islamique (EI). Ankara a réagi le 24 juillet en lançant une « guerre contre le terrorisme » visant simultanément le PKK et les combattants du groupe jihadiste en Syrie. Mais les dizaines de raids aériens qui ont suivi se sont concentrés sur la guérilla kurde, seuls trois d’entre eux ayant été jusqu’à présent officiellement signalés contre l’EI.

A Istanbul, les Etats-Unis visés

Au lendemain de l’arrivée des premiers chasseurs bombardiers américains sur la base d’Inçirlik pour frapper les positions de l’organisation Etat islamique en Syrie, Istanbul a également été secouée par deux attentats, dont l’un contre la représentation américaine dans le pays, signale notre correspondant sur placeJérôme Bastion.

C’est une véritable « nuit bleue » à Istanbul, comme la ville n’en avait pas connu depuis longtemps. L’identité et les motivations politiques des assaillants du consulat américain ne sont pas encore connues, mais ils n’étaient apparemment que deux, et leur attaque contre cette véritable forteresse, dans les quartiers nord d’Istanbul, reste d’une importance symbolique.

Les deux assaillants se sont approchés au maximum de l’énorme bâtiment, fortement gardé, et ont ouvert le feu à l’arme automatique dans sa direction. Ils se sont rapidement retrouvés pris sous le feu des policiers turcs en faction. Si l’un des deux assaillants a réussi à prendre la fuite, sa complice a été retrouvée blessée, alors qu’elle se cachait dans une maison proche.

Un poste de police également visé

L’attaque du consulat américain aurait été commanditée par l’organisation d’extrême gauche clandestine DHKP-C, acronyme du Front-Parti de libération du Peuple révolutionnaire. Rappelons que cette organisation est aussi directement visée par les rafles menées par la police turque ces dernières semaines ; elle est, en outre, coutumière des attaques tant contre la présence américaine que contre les forces de sécurité turques. L’une des deux assaillantes retrouvée à proximité de la représentation américaine est d’ailleurs présentée comme une militante de cette fraction violente, et le DHKP-C aurait revendiqué cette attaque à l’arme automatique, si l’on en croit la presse.

Le second attentat de la nuit à Istanbul, visant un commissariat sur la rive asiatique de la ville et qui a fait au moins une victime parmi les policiers, a lui été revendiqué par une organisation islamiste turque proche de l’ancien IBDA-C.

Au lendemain de l’arrivée des premiers chasseurs-bombardiers américains sur la base d’Inçirlik, pour frapper le groupe Etat islamique en Syrie, et en Irak, ces deux attentats pouvaient faire penser à des représailles de l’organisation jihadiste, mais il semble qu’il n’en est rien, en tous cas à ce niveau de l’enquête. Les représentations diplomatiques américaines à Istanbul et Ankara ont régulièrement été attaquées ces dernières années, tant par l’extrême gauche clandestine que par les islamistes. Le consulat américain avait déjà été attaqué au début des années 2000 par des membres d’al-Qaïda qui n’avaient pas non plus réussi à véritablement s’approcher de l’entrée.

Source: RFI

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