Lala Aicha du ROSA: « L’insécurité alimentaire est grandissante en Mauritanie»  

Lala Aicha du ROSA

 RIMWEB:  Le ROSA (Réseau des organisations sur la sécurité alimentaire) lance une initiative dénommée : «  Projet de renforcement des capacités de la société civile pour leur participation effective dans la définition, le suivi des stratégies et politiques pour un développement agricole et une sécurité alimentaire ». Ce projet co-financé par l’Union Européenne et Oxfam vise à alerter l’opinion sur la situation de 223 millions d’Africains continuant de « souffrir de faim ». Pour en savoir plus, Rimweb s’est entretenu avecLala Aicha du ROSA, coordinatrice de ce projet dont le lancement s’est tenu ce 7 juillet à l’hôtel Wissal.

Rimweb. : Quelle est la portée de ce projet du ROSA dont vous êtes la coordinatrice technique?

Lala Aïcha : Nous nous sommes rendus compte qu’il  y avait des insuffisances par rapport à la connaissance de ces politiques et stratégie de lutte contre l’insécurité alimentaire. Nous pensons que la société civile a un rôle important à jouer dans  l’élaboration et la définition de ces politiques.

Elle devrait être une force de proposition dans ce domaine. Comme il y avait ces insuffisances,  nous avons décidé de nous constituer en réseau par rapport à ce projet qui vise le renforcement des capacités de nos membres d’abord. On doit maitriser les tenants et aboutissants de la sécurité alimentaire dans ce pays là.

Rimweb : Quel est aujourd’hui l’état des lieux de l’insécurité alimentaire?

LA : Aujourd’hui l’insécurité alimentaire est grande parce que seuls 30% des besoins céréaliers en Mauritanie sont couverts. La vulnérabilité est grande, on estime à 800.000  le nombre de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire actuellement.

Ces populations sont reparties dans la vallée et dans les Hodhs. Lles membres de notre réseau interviennent déjà dans ces zones, ils ont sonné l’alerte en disant que ça ne va pas malgré les stratégies et politiques et les réponses qui existent tels que le programme EMEL. Nos populations restent confrontées à une insécurité alimentaire grandissante. L’Etat a fait des pas mais il a besoin aussi de l’apport des organisations de la société civile dans ce domaine là.

Rimweb : Quels sont les acquis réels des actions menées par le ROSA sur l’insécurité alimentaire?

LA : Nous avons eu à faire une activité liée à l’analyse du programme EMEL. Nous avons fait ressortir l’impact que cela a eu sur les populations pauvres en Mauritanie. Nous avons aussi exposé les points faibles de ce  dit programme surtout par rapport aux zones qu’il couvre, la répartition de ses moyens. Nous avons adressé aussi une lettre au président mauritanien lors de son dernier déplacement au sommet de Malabo en tant que Président en exercice de l’Union Africaine. Les Etats africains s’étaient engagés en 2003  à investir au moins 10% de leur budget dans l’agriculture.

A la réunion de Malado (Guinée Equatoriale), les gens ce sont rendus compte que sur 45 pays africains seuls 8 ont respecté cet engagement. Six de ces pays sont d’Afrique de l’Ouest dont la Mauritanie qui est encore à 4%. Nous sommes vraiment loin de cet engagement que le pays a pris depuis 2003. En tant qu’acteur du développement dans ce pays cela nous interpelle, nous devons veiller, interpeller l’Etat par rapport au respect de ses engagements.

Awa Seydou Traoré

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