L’Algérie s’apprête à fermer sa frontière avec le Mali

Alors que la communauté internationale se prépare à intervenir au Mali, l’Algérie continue de pousser en faveur d’une solution politique.

L’Algérie se prépare à fermer sa frontière sud en cas d’intervention militaire internationale contre les islamistes radicaux qui occupent le nord du Mali, selon un responsable ouest-africain.

Les autorités algériennes ont « assuré qu’elles fermeront la frontière », a fait savoir mardi dernier le président de la commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) Kadré Désiré Ouedraogo.

« Anticipant toutes les évolutions possibles dans la région du Sahel, l’Algérie prendra, de manière souveraine, les mesures destinées à protéger ses intérêts et défendra ses frontières dans toute la mesure du possible », a fait savoir le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères Amar Belani le 13 novembre.

Au lendemain de l’adoption par la CEDEAO d’un plan visant à envoyer 3 300 soldats au Mali, l’Algérie a une nouvelle fois fait exprimé sa préférence pour une solution politique.

« Envisager et mettre à exécution une mission d’intervention militaire qui pourrait être perçue, à tort ou à raison, comme une expédition visant les Touaregs, constituerait une erreur tragique », a expliqué Belani à Tout sur l’Algérie.

« Les Touaregs algériens sont opposés au terrorisme. Nous ne disons absolument pas que le terrorisme ne doit pas être combattu, mais étant donné la situation et la nature de la région, nous sommes favorables à une option politique », a expliqué Mahmoud Guemama, député et leader touareg, à Magharebia.

Il a ajouté que la guerre aurait des conséquences sérieuses sur la sécurité de la région.

« Ces groupes terroristes infiltreront des régions habitées par des civils. Ils chercheront à se cacher parmi les populations. Il sera donc impossible de bombarder ces régions. Et la situation sera encore rendue plus complexe par le fait que nous ne disposerons d’aucune carte nous montrant exactement dans quelle région ils se trouveront », a-t-il ajouté.

Quant aux habitants du nord du Mali, Guemama a expliqué qu’ils avaient été « privés de leurs droits les plus fondamentaux par les autorités maliennes » et laissés « marginalisés et appauvris ».

Il a appelé les autorités maliennes à entamer un dialogue avec leur peuple afin d’éviter la guerre et de permettre aux populations du nord de voir leurs droits restaurés.

Abdel Ali Rezagui, professeur de journalisme, a souligné que la constitution algérienne interdit tout engagement de l’armée à l’étranger.

Fatah Rebai, président du mouvement islamiste Ennahda, a apporté son soutien à la position du gouvernement.

« L’histoire nous a montré que seules des solutions politiques peuvent désarmorcer ce type de crise », a-t-il expliqué.

L’intervention au Mali pousserait les groupes terroristes en direction du désert algérien, selon Belgacem Belabbes, président de la commission des Affaires étrangères à l’assemblée nationale. Un tel mouvement serait encore plus dangereux pour la sécurité algérienne maintenant que ces groupes sont solidement armés, a-t-il expliqué à Magharebia.

S’il est probable que l’Algérie n’interviendra pas, elle pourrait néanmoins jouer un rôle utile en communiquant des renseignements et en autorisant le survol de son territoire par les appareils de la coalition, a expliqué le diplomate et ancien ministre Abdelaziz Rahabi.

 

Source:Magharebia

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