L’ambassade d’Arabie saoudite à Téhéran attaquée et incendiée

manifestants en colèreL’exécution par l’Arabie saoudite du chef religieux chiite Nimr Baqr al-Nimr a provoqué la colère de l’Iran chiite, où des manifestants ont mis le feu à l’ambassade d’Arabie saoudite.

A Téhéran, des manifestants en colère ont lancé des cocktails Molotov contre l’ambassade saoudienne et l’ont incendiée pour protester contre l’exécution du dignitaire chiite saoudien Nimr al-Nimr, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

Le consulat saoudien à Machhad, seconde ville du pays, a également été attaqué et incendié par d’autres manifestants en colère. Mais finalement, la police est intervenue pour reprendre la situation en main, à la fois à Téhéran et à Machhad.

La colère monte en Iran. Dans la journée de samedi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait affirmé que Riyad soutenait le terrorisme et l’extrémisme, et dans le même temps réprimait ses opposants intérieurs. « Le gouvernement saoudien va payer un prix élevé », avait affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne.

L’ambassadeur d’Iran convoqué par les autorités à Riyad

Plusieurs responsables iraniens ont violemment critiqué cette exécution. L’Iran, puissance chiite montante, s’oppose depuis plusieurs années à l’Arabie saoudite sunnite au sujet des crises qui sévissent dans la région, en Syrie, en Irak, au Yémen ou encore à Bahreïn et au Liban.

Cette affaire va certainement aggraver encore les relations entre les deux pays. Le gouvernement saoudien a rejeté les accusations iraniennes, affirmant que Téhéran soutenait lui-même le terrorisme.

Suite aux déclarations du ministère iranien des Affaires étrangères, les autorités saoudiennes ont aussitôt convoqué l’ambassadeur iranien, relate par ailleurs notre correspondante à Riyad Clarence Rodriguez. Elles considérent que ces déclarations sont agressives, injustifiées, et qu’elles sont une flagrante ingérence dans les affaires du royaume.

■ Rassemblement prévu à Beyrouth ce dimanche

Au Liban, les milieux chiites et pro-iraniens ont vivement condamné l’exécution par les autorités saoudiennes du dignitaire chiite saoudien. Un « sit-in » de protestation doit être organisé ce dimanche 3 janvier 2016 dans le centre-ville de Beyrouth.

Colère et indignation dans les milieux chiites au Liban, après l’annonce de la mise à mort du principal dignitaire religieux chiite saoudien par les autorités de Riyad. Le Hezbollah a été le plus virulent. Dans un communiqué, le parti pro-iranien a estimé que le seul crime du cheikh al-Nimr est d’avoir défendu la « juste cause d’un peuple victime de la tyrannie et de l’ignorance ».

Le parti chiite fait assumer aux Etats-Unis et à leurs alliés la responsabilité directe et morale de la mort du dignitaire saoudien. Il a dénoncé « la haine » des autorités du royaume, qui ont exécuté Nimr al-Nimr en même temps qu’un groupe de criminels, et a assuré que ce « crime » ne resterait pas impuni.

Le Conseil supérieur chiite, la plus haute instance de cette communauté au Liban, a estiméque la mise à mort du dignitaire saoudien constituait « une erreur grave ». « L’exécution du cheikh Nimr al-Nimr est la mise à mort de la raison, de la modération et du dialogue », peut-on lire dans un communiqué.

Le cheikh sunnite Maher Hammoud, proche de l’Iran, a accusé l’Arabie saoudite de vouloir provoquer une discorde entre sunnites et chiites. Un « sit-in » de protestation doit être organisé ce dimanche, à l’appel du Hezbollah, près du siège des Nations unies dans le centre-ville de Beyrouth.

Source: RFI

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