L’Arabie saoudite quitte le Yémen, au bord de la crise humanitaire

Les rebelles houthis dans SanaaRFI: L’Arabie saoudite a rejoint vendredi les pays occidentaux qui ont choisi d’évacuer leur personnel diplomatique du Yémen par mesure de sécurité. Une décision motivée par la prise du pouvoir par la rébellion houthiste. Selon le propre aveu du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le pays est au bord de l’effondrement. Pour la population, la situation; notamment sécuritaire, se dégrade de jour en jour. La crainte d’une crise alimentaire et humanitaire qui se profile.

Riyad a suspendu toutes les activités de son ambassade à Sanaa et évacué son personnel. Motif avancé : « la détérioration de la situation sécuritaire et politique ». Quelques heures avant, l’Italie et l’Allemagne avaient annoncé des mesures similaires. La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient déjà fermé leurs représentations à Sanaa ces derniers jours.

Les miliciens chiites Houthis soutenus par l’Iran, qui tiennent la capitale depuis septembre, ont pris le pouvoir la semaine dernière. Et depuis, difficile de dormir à Riyad puisque ce sont les chiites qui sont les maitres sur une grande partie du Yémen. Des chiites conduits par leur chef al-Houthi et qui font le coup de feu contre les sunnites affiliés à al-Qaïda. Cela fait d’eux, pour le moment en tous cas, des alliés ponctuels de Washington qui mène régulièrement des raids contre les jihadistes yéménites.

La crainte d’une crise humanitaire

Toutefois, la situation est tellement volatile que le secrétaire général des Nations unies a déclaré craindre de voir le Yémen s’enfoncer dans la guerre civile. Même si des négociations engagées sous la houlette des Nations unies pour un règlement politique se sont poursuivies ce vendredi encore à Sanaa.

Pour l’Unicef aussi, la situation fait craindre une crise humanitaire. Le gouvernement yéménite a déjà des difficultés pour payer les salaires de ses fonctionnaires et n’a presque plus les moyens pour assurer le bon fonctionnement des services sociaux tels que les écoles et les centres de santé, assure Julien Harné, le responsable de l’Unicef au Yémen. « Les familles n’auront pas les moyens d’assurer la santé et l’éducation par elles-mêmes, ce qui nous fait craindre une aggravation de la malnutrition et une aggravation du taux de scolarisation. »

« C’est une crise humanitaire et une crise de développement, poursuit Julien Harné. Est-ce qu’il y aura les fonds pour qu’il reste des subsistances ? Qui va rester dans le pays pour pouvoir assister la population ? Nous, à l’Unicef, on est convaincu qu’on doit rester, qu’on doit assister la population, le peuple yéménite a besoin de notre assistance en ce moment. »

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