Larmoiements d’une plume : Le trio de la déveine

Ely_Salem_DD_0_1_2C’est donc le hasard et non la curiosité ou l’envie d’aller voir ce qui se passe derrière le mur duC.S.A qui a mis nez à nez le journaliste d’un site de la place avec un camion qui porte le sigle du commissariat, entrain de déchargé des denrées alimentaires à l’intérieur du domicile d’un proche du président de la république.

Terrassée un moment par la surprise, la conscience professionnelle de notre homme finit par prendre le dessus. Il photographie le camion de face, et de profil prenant soin de mettre en relief la topographie des lieux si bien que ceux qui connaissent le coin n’ont eu aucune peine à se repérer.

Mais voila que par la suite il s’avère que notre mec est un piètre peshmerga, qui sans daigner prendre la peine d’aller roder en bon maître chanteur du côté de sa victime, qui ne manquerait pas de souscrire à ses exigences, dans l’espoir d’étouffer un scandale qui mettrait dés le lendemain fin à une carrière qui n’a eu que l’inconvénient d’être si bien partie.

Il a préférer publier en exclusivité sa bombe à retardement qui s’est propagée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.

A cette occasion — celle du limogeage du commissaire à l’aide alimentaire — je vous convie à observer une minute de silence en souvenir de Mohamed Sidiya Ould Bah, un ancien occupant de cette haute fonction qui est mort aussi pauvre comme JOB.

Ce grand commis dont l’intégrité et l’honnêteté sont connues de tous, avait un jour refusé de prendre ses fonctions de directeur des abattoirs frigorifiques de Kaédi, parce qu’il était le propriétaire d’un nombre restérien de vaches, et bien qu’elles ne dépassent guère le nombre des doigts d’une seule main, il attendait s’en départir au profit de quelques parents pauvres avant de prendre officiellement ses fonctions.

J’ai peur l’entend-on souvent répéter qu’on puisse dire un jour que je les avais prélevé sur le cheptel du gouvernement. Je me rappelle dans le temps lui avoir rendu visite dans sa maison de la SOCOGIM qui fait face à « vour zemzem » qui est situé à l’extrémité Sud-Est de médina « Sidaty ». L’homme venait probablement de rentrer de son travail, je l’ai trouvé en pyjama, avec un Coran à la main entrain de réciter d’une voix à vous fendre le cœur.

À côté de lui un petit plat que recouvrait un autre sensiblement plus grand. Je saluais. L’homme se retourna vers moi et avant de me répondre je fus surpris par l’énergie qui se dégage de ce visage si serein. Après les salamalecs d’usage, il m’invita à partager son repas, et une seconde fois je fus surpris par la modestie et de l’homme et de son plat.

A la fin du repas j’obtempère à sa demande de l’accompagner dans une baraque qu’il avait construit devant la modeste maison qui est la propriété de son épouse, et dans laquelle il fait ses prières en compagnie de quelques hommes du voisinage.

A quelque temps de là, alors qu’il était déjà parti à la retraite, Maaouiya qui appris qu’il était malade le convia au palais gris, et lui posa cette question: –Pourquoi n’êtes-vous pas parti vous soigner à l’étranger?

Il répondit sans arrière pensée:

–Par manque des moyens, monsieur le président.

–Vous qui avez passé presque quinze ans à la tête du commissariat à l’aide alimentaire, vous vous moquez de moi ou quoi?

On lui signifie que l’entrevue est terminée, et il sortit. Maaouiya qui le croyait plein aux as le bouda jusqu’à sa mort. Et lui toujours grand et fier mourut en silence dans le dénuement et l’oubli.

Ely-Salem Ould Abd-Daim

Source : Elysalem Dayeme

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