Le 8 mars d’un professionnellement ménopausé

Journee-internationale-des-femmes-e1425598648887 Debellahi Abdeljelil : Un ménopausé. C’est une faute d’orthographe délibérément commise. La ménopause étant intimement liée à la féminité, il est clair qu’il manque deux fois la lettre « e » à mon titre. Que les fidèles de la francophonie me pardonnent, et toutes mes excuses aux adeptes Senghoriens de la Francité. C’est à dessein, que j’ai ‘’masculinisé’’ ce mot. En effet, je suis un homme. Mais, détrompez-vous. Je ne suis pas ce qui va sauter, le premier, à votre vif esprit. Je reconnais, cependant, être  un Homo Mauritanicus, comme disait, et aurait dit encore aujourd’hui, le regretté Habib Mahfoudh. Je ne suis pas non plus misogyne. Bien au contraire. J’aime ma famille, mes adorables enfants et leur merveilleuse maman. D’ailleurs, j’aime tout (e ) le monde.

C’est à peine si je ne suis pas, de façon anachronique, un féministe au masculin. Je ne peux pas vous en dire davantage. Mais ça vous suffit pour comprendre ce que je voulais vous dire, sans l’exprimer expressément.

En tout état de cause,  ce n’est que ma façon de ne pas vous offusquer, en vous annonçant, crument, que j’ai décidé de ne pas fêter, et sous quelque forme que ce soit, la journée internationale de la femme, ou journée internationale pour les droits des femmes, qu’on célèbre mondialement le 8 mars de chaque année.

L’historique de cette journée, féminine, féministe, ou comme vous voudrez, suffira pour vous édifier, et convaincre aussi, du bien fondé de ma décision, aussi tranchée, de boycott.

C’est en 1977, que les Nations unies ont officialisé ladite journée, dédiée, pour tous les pays de la planète, à la défense des droits des femmes.

Bien avant, la date fut retenue en 1921, déjà, par Vladimir Ilitch Oulianov Lénine, en guise d’honneur aux femmes qui manifestèrent, les premières, le 8 mars 1917 à Pétrograd, lors du déclenchement de la révolution bolchévique. Cette célébration s’étendra, par la suite, à l’ensemble de ce qu’on allait dénommer, plus tard, le bloc soviétique.

Cette journée est aussi la consécration de l’histoire des luttes féministes menées, concomitamment, sur les continents européen et américain. Ainsi, le 28 février 1909, une Journée nationale de la femme (National Woman’s Day) est célébrée aux États-Unis d’Amérique à l’appel du Parti socialiste d’Amérique. Suivra, le 19 mars 1911, la célébration par L’Internationale socialiste, de la première journée internationale revendiquant le droit de vote des femmes, leur droit au travail, et la fin des discriminations.

La fête du 08 mars est donc  l’occasion, pour les femmes, de revendiquer l’égalité et de faire un bilan sur la situation de toute la junte féminine (et féministe) dans leurs propres pays, mais aussi à travers notre énorme village planétaire.

Vous avez certainement compris, à travers ce qui précède, combien j’ai raison de ne pas faire la fête. Ce n’est pas mon problème, moi, leur 8 mars ces braves dames. Je vais attendre ma journée aux hommes, que ce hyper sympathique Ban Ki Moon de l’organisation des nations ‘’inutile’’- comme dirait le Chroniqueur de Rfi Mamane – ne se décide pas encore à instituer.

La journée de nos vaillantes mesdemoiselles et mesdames, est traditionnellement mise à profit par les groupes et associations qui les regroupent pour mettre en branle des manifestations monstres, partout dans le monde, pour faire aboutir leurs revendications, améliorer la condition féminine, fêter les victoires et consolider les avancées.

Je compte sur votre perspicacité pour comprendre mes motivations pour bouder, et lancer un appel solennel, à tous les hommes et assimilés, à boycotter, systématiquement et pacifiquement, les festivités du 8 mars 2015.

D’abord, l’année 2015 est dédiée exclusivement à l’enseignement. Elle ne peut être meublée par les questions, farfelues, des femmes, de  l’enfant ou de la famille. Comme si, en terre d’Islam, on ne devrait pas faire la famille avant l’enfant.

Elles revendiquent l’égalité ? Qu’elles soient réellement égalitaires. Qu’elles incluent dans leur combat, l’objectif de  nous donner une journée à nous, pour l’équilibre, et l’équité.

Elles veulent lutter contre les discriminations ? Pourtant, ne nous imposent-elles pas cette « discrimination » positive qui, chose agaçante, devient de plus une ségrégationniste ?

Elles veulent améliorer la condition féminine ? Qu’elles ne nous incitent pas à leur montrer, à la Francis Bebey, dans son inoubliable chanson ‘’Suzana’’, ce qu’est la dure réalité de la condition masculine.

Pourtant, je ne suis pas du tout contre une quelconque forme d’égalité. J’avais même applaudit le célèbre humoriste français Thierrry Leluron, quant il prêtait à Huguette Bouchardeau, alors ministre au sein du gouvernement français, au temps de l’union de la gauche, la déclaration historique : « je suis pour l’égalité des sexes. Et à cet effet, je vais prendre les ‘’mesures’’ moi-même ».

En plus, chez nous, en République très Islamique de Mauritanie, vous savez que nous vivons, depuis des lustres, dans une société matriarcale. Le célèbre Ibn Khaldoun l’aurait consigné dans l’un de ses manuscrits. C’est, tout au moins, ce que m’a appris notre Izid Bih national, porte-parole du gouvernement, en commentant, ce jeudi 5 mars, les travaux de la session hebdomadaire du Gouvernement.

Ce sont, en effet, nos vaillantes femmes qui nous commandent. Qui, parmi nous, du sommet à la base, et de cette dernière au sommet, pourrait rechigner, ou hésiter un instant, à obtempérer aux ordres de mesdames, de mesdemoiselles, ou des ‘’autres’’? Pas âme mâle qui vive sur l’étendue du territoire national, ou dans « les pays voisins », ne peut penser désobéir à nos mères, concubines, et/ou épouses. Il suffit de voir comment, n’importe lequel d’entre nous, perd le sens des points cardinaux, s’il recevait, même durant une cérémonie hyper officielle, un appel de la part de l’une de nos « Mama Benz ». Sueur froides au front, vous n’entendrez que les si-si, les oui-oui, les ok-ok, pas de problèmes, Wallahi, Wallahi…

Quand elles réclamaient les 20 % de représentation au parlement, certains observateurs avertis, dont le Docteur Ould Mah, avaient trouvé particulièrement curieux et surprenant, que disposant de 100 % de pouvoir sans partage, les femmes demandent de telles miettes. Avaient-on mal compris qu’elles voulaient prenaient désormais 120 % ?

Malgré leur ascendant viscéral, leur pouvoir impérial, les femmes continuent à bénéficier de la ségrégation positive, en application de ce concept devenu amalgame mondialisé, qu’on appelle la politique du genre.  

Cette faveur, en particulier, me titille, m’agace, me dérange, et me ronge. En effet, à chaque fois que le chômeur endurci que je suis postule pour un quelconque emploi, on lui préfère une femme. C’est la discrimination positive. Pour moi, elle est, en tout cas, plus que négative. Elle est même nocive. Rien à faire ? Il est certain que ce n’est plus un hasard. Ce dernier, selon les statisticiens, devenait loi, s’il se répétait constamment, comme dans notre cas de figure. Quelle solution ? Se maquiller, se travestir ? Même ainsi, il est hors de question que je sois retenu. Ça serait trop moche. En tout cas, chez moi, ça ne fera jamais femme.

Mon handicap ne s’arrête pas là. C’est triste. A chaque fois que je peux éviter la concurrence d’une convaincante dame, par arguments de compétence, de connivence ou complaisance, de ‘’ségrégation positive’’, ou de parfumerie attractive, on me bloque avec l’âge. Il y aurait, selon toutes les annonces, journal Horizons, qui ne m’en présente pas de meilleurs, et sur les betaconseils et autres portails, une limite supérieure de 40 ans d’âge, pour avoir accès aux sélections et, éventuellement, se voir recru.

Une sorte de ‘’ménopause professionnelle’’. Cherchez vous-même le sens et la signification de ce qu’est la Ménopause. Je croyais, pourtant, qu’à la quarantaine révolue, on murissait. Je supposais qu’à la cinquantaine entamée, on s’assagissait, et qu’à soixante ans consommés, on capitalisait une mine d’expériences, un trésor de savoir, et de savoir-faire. J’imaginais que la maturité et l’expérience, on pouvait s’en prévaloir, et ne pouvaient être que sources de valoir.

Apparemment, nos décideurs, ceux qui ont la facilité magique de pouvoir nous développer par décrets, ont leurs propres critères de jugement. Pourtant, un pays dont la jeunesse est peu et/ou mal formée -voire déformée- et où tout est à faire ou à refaire, a grandement besoin de la maturité et de l’expérience de ses fils et filles. Mais ces dernières ne souffriront pas, sans doute, de limite d’âge. Elles n’ont pas l’habitude de déclarer leurs véritables dates de naissance.

Mon plus grand drame, c’est avec mes enfants que je le vis. Comment les convaincre que je suis déjà en « ménopause professionnelle », alors qu’ils croient fermement que j’ai encore tant de bonnes choses à fournir. Ils sont surpris de ne pas me voir aller régulièrement au ‘’travail’’, comme ils vont, eux, journellement, à ce que j’ai pu leur offrir comme école, chèrement payante, et d’une nullité navrante. Ils ne comprennent pas du tout que je sois, à la fois, SBF (sans bureau fixe), et SRM (sans revenu minimum). Ils sont comme ça, les enfants. Ils pensent toujours que leurs pères, même vieillissants, ont toujours la force physique de Mohamed Ali ou Georges Foreman des années 70, celle de l’esprit de Robert Mugabe et Beji Essebsi à cheval bien sellé entre deux siècles, des réincarnations de la Momie Boueflika, ou de cette admirable japonaise du nom de Misao Okawa, qui vient de souffler ce jeudi 5 mars à Osaka, ses 117 bougies, trois jours seulement avant ce fameux, et gentiment fâcheux, 8 mars.

Il n y a pas d’hospices dans ce pays pour y finir, paisiblement, ses jours de vieillesse. Il n y a qu’à hiberner jeune, ou se résigner à accepter, avec amertume, son lamentable sort. Vieillir dans nos contrées, est formellement déconseillé pour ceux qui garderaient un brin de dignité.

Je souhaite bonne fête à celles qui vont célébrer leur 8 mars 2015, et les invite à partager avec moi, la commémoration de la journée mondiale des droits de l’homme . Patiemment,  mon rendez-vous  avec elle est fixé au 10 décembre, date à laquelle, l’Assemblée générale des Nations unies avait adopté en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme.

 

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