Le calvaire des Sauniers de la Kedja D’Ijil toujours d’actualité

arton10244-0a559Un vieux monsieur et son fils étaient venus voir le 27 avril dernier le Procureur de la République. Mais ce dernier, débordé ce jour-là, n’avait pas pu le recevoir. Il allait partir lorsqu’il décida de se livrer à l’assistance présente dans les couloirs du parquet. Il dit qu’il est saunier de père en fils. Pour lui, sa communauté est victime d’injustices et d’esclavages modernes depuis des décennies. Il dit que l’Etat mauritanien et les institutions internationales doivent les aider à mettre fin à cette forme d’esclavage. Selon lui, les mines de sel qu’ils exploitent à 30 Kilomètres de F’Dérick, non loin de Zouerate, ont attiré la convoitise de tribus puissantes. Ils prélèvent une dîme sur chaque barre de sel qu’ils extraient avec la bénédiction des autorités mauritaniennes au nom d’un droit coutumier qu’il considère comme l’expression de la puissance tribale et non celle du droit.

Selon lui, un simple don que ses aïeux avaient consentis à ses tribus s’est mué au fil des siècles en obligations. Il déplore cet impôt censitaire imposé sur de pauvres gens qui exploitent des sels contenus dans leur propre terre. Il accuse un ancien Wali et un ancien président de Cour suprême d’avoir institutionnalisé le pouvoir des familles dominatrices. Selon lui, ces familles disposent de fermes appuis au sein de l’appareil d’Etat de l’institution judiciaire et que leurs luttes qui durent depuis des années n’a pas encore trouvé de solution.

Un chauffeur viré par la Croix-Rouge française demande des comptes
Mamadou Diagana, chauffeur à la représentation de la Croix-Rouge française à Nouakchott, crie au scandale. Il déclare avoir été licencié abusivement, suite à un accident involontaire survenu lors d’une mission à Kaédi. Le chauffeur se prévaut d’un acquittement judiciaire, qui selon lui, annule toute décision administrative que son employeur pourrait prendre contre lui. Selon lui, tout aurait commencé lorsqu’un jour, et alors même qu’il était en récupération, sa patronne, Angelica lui demanda de l’accompagner dans une mission à Kaédi. Elle était accompagnée d’une nommé Oulèye Boye. Mamadou déclare avoir dit à sa patronne que la voiture n’était pas en bon état et qu’il y avait des révisions à faire.

Mais elle insistait. Ils quittèrent Nouakchott le 19 septembre 2013 et à 10 kilomètres du village de Soum, ils virent une charrette transportant deux fillettes. L’une d’elles, paniquées, aurait alors sauté devant le véhicule. Mamadou aurait manœuvré le choc, mais la fillette en sautant de la charrette serait heurtée à la portière du véhicule et décéda. Ses parents, informés du déroulement du drame, auraient refusé d’accuser Mamadou et auraient même catégoriquement repoussé la Diya que leur présenta l’oncle du chauffeur. Ils lui ont dit que d’après le récit qui leur a été fait, c’est leur fille qui aurait commis l’irréparable en se jetant sur la voiture qui a tout fait pour l’éviter.
Cependant, Diagana sera arrêté par la gendarmerie puis déferré au parquet de Kaédi. Tous les éléments de l’enquête dégageaient la responsabilité du chauffeur qui en plus, ne roulait pas très vite, comme certains l’avaient soutenu. Entendu par le Procureur puis par le juge d’instruction, Mamadou Diagana sera libéré sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter Kaédi. Deux mois après au cours de son procès, il ,fut acquitté par le tribunal. Mais son oncle, malgré le refus des ayants-droits aurait finalement réussi à leur faire accepter la Diya.

De retour à Nouakchott, Mamadou Diagana, aurait été convoqué par ses supérieurs français, Caroline et Romain. Ces derniers lui auraient signifié qu’il a terni l’image de l’institution par cet accident et que par conséquent, il était licencié. Mamadou Diagana déclare avoir été indigné par cette décision d’autant que ses deux accompagnatrices, Angelica et Oulèye n’ont même pas tenté de le défendre, car elles savent selon lui que l’accident était involontaire et que c’est sur la base de sa totale mise hors d’état de responsabilité que le tribunal de Kaédi, l’a acquitté. Rien n’y fait. Le lendemain, son licenciement lui fut notifié et une somme de 320.000 UM représentant ses droits déposés sur son compte. Mais le chauffeur a déclaré refusé de prendre cet argent, et exige que ses salaires et l’intégrité de ses droits lui soient versés. Il trouve par ailleurs que ses parents ont été de peu de reconnaissance, pour quelqu’un qui travaille avec eux depuis 4 ans sans la moindre faute professionnelle. Aujourd’hui, il demande que la Croix-Rouge française le réhabilite et lui paye ses droits conformément à la législation en vigueur dans le pays.

Un ancien client de la Zone 2 se fait épingler
Mohamed Ould Jeine a longtemps déserté la Zone 2, car tous les policiers le connaissent et il sait que le simple fait de se faire voir dans ce coin, signifie pour lui une interpellation, même s’il n’a rien fait. C’est la méthode préventive instituée par le commissariat de la zone. Chaque fois que ses éléments croisent un malfaiteur patenté, ils le conduisent au poste pour l’interroger sur l’objet de sa présence dans les parages. S’il fournit une explication convaincante, ils le relâchent, sinon, ils convoquent ses parents et ne le libèrent que s’ils signent sur un registre assumer toute la responsabilité de ses agissements dans le futur. Par cette méthode efficace, beaucoup de malfaiteurs ont quitté cette zone. Cela faisait trois années que Mohamed Ould Jeine n’y avait pas posé pied.

Mais cette nuit, il y était retourné. Il faisait nuit et le premier passant qu’il croisa, près de la mosquée Qatar à El Mina, n’eut aucune chance. Il s’agissait d’un vendeur de charbon qui regagnait son domicile. Mohamed le salua, l’autre lui répondit affablement avant de se retrouver quelques secondes plus tard, avec un poignard sur la carotide. Le malfaiteur lui demandait de se tenir coi ou se voir trancher les artères. Mohamed plongea sa main dans sa poche, y récupéra son téléphone portable plus sa recette entière, une somme de 18.000 UM. Son forfait accompli, il abandonna sa victime pleurer de rage. C’est un passant qui le retrouvera recroquevillé. La victime conduite au commissariat dira avoir pleuré car il avait l’habitude chaque soir de présenter sa recette à sa femme et que cette nuit, il ne savait pas quoi lui dire. Lorsqu’il donna la description de son agresseur, le commissaire Lehou et ses amis partirent d’un rire commun. « C’est Mohamed Ould Jeine ! » lui lancera un des policiers. Ceux-ci venaient de déposer un lot de raflés. Mais Mohamed n’y figurait pas. C’est aux environs de l’Usine FAMO, vers 4 heures du matin, qu’ils l’épingleront. Il sera conduit au commissariat. En le fouillant, les policiers tombent sur une somme de 18.000 UM et un portable. Le lendemain, le charbonnier convoqué reconnut son agresseur de la veille et retrouva ses biens volés.

Jeudi 23 avril, Mohamed Ould Jeine fut déferré au parquet de la République. Entendu par le procureur et le juge d’instruction du 6ème cabinet, il fut jeté en prison qu’il venait pourtant de quitter voilà tout juste une semaine pour un délit similaire. L’argent et le portable furent restitués à son propriétaire.

Abou Cissé

Source: lauthentic

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge