Le chef d’Aqmi menace contre « une intervention militaire » au Nord-Mali

Dans une nouveau message remis à Sahara media l’émir d’Aqmi rappelle que la vie des otages détenus par son organisation serait mise en danger en cas d’intervention militaire dans l’Azawad.

Le message de l’émir d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), Moussaab Abdelwadoud, s’adresse en premier au président français, François Hollande. Abou Moussaab Abdelwadoud a incité ceux qu’il a qualifié de « personnes réfléchies » au sein des Français, à faire chuter le gouvernement de François Hollande pour qu’il ne les entraîne pas dans une guerre au nord Mali, disant que les effets de celle-ci ne vont pas épargner l’ensemble des pays du champ et aura des répercussions économiques directes sur la France et l’Occident, selon son expression.

Dans un enregistrement dont Sahara médias a reçue une copie, l’émir d’AQMI qualifie l’intervention projetée au nord Mali de « guerre des croisés » consacrant la politique des deux poids, deux mesures, avec une hégémonie des puissants sur les faibles ».  Et Abou Moussaab d’ajouter que Hollande, « dont la popularité est en chute, a choisi la fuite en avant pour exposer vos enfants au danger et les jours à venir prouveront qu’il est plus dangereux pour les Français que Sarkozy« , selon son expression.

Bien entendu, l’émir d’AQMI ne pouvait ignorer le poids des sept otages qu’il détient avec le Mujao. Aussi, il a envoyé un message aux familles des otages français disant que « Hollande tombe dans une contradiction flagrante, en préparant la guerre et en creusant les tombes pour les français« , indiquant que s’il y avait parmi les otages certains de ses proches, il ne mettrait pas leurs vies en danger, en se lançant dans cette aventure.

Dans ce long enregistrement, Abou Moussaab  fait de la géopolitique ; il considère que la crise malienne est une affaire malienne.  L’émir appelle les populations à épouser les idées d’Ansar Eddine, qui prône l’instauration de la charia. il invite même les habitants du sud à épouser les vues d’Ansar Eddine visant la création d’un Etat islamiste pour éviter que le sang coule et révélant qu’un groupe de jeunes combattants du sud ont rallié récemment les rangs de l’Organisation. Cette déclaration prouve si besoin la proximité de vue entre l’organisation d’Iyad Ag Ghaly et les terroristes d’Aqmi. Elle raisonne comme un aveu cinglant face aux arguments d’Alger qui s’échine depuis des mois à présenter Ansar Eddine comme une organisation fréquentable.

Enfin, l’émir d’AQMI a indiqué que son organisation dispose d’armements sophistiqués et que toute guerre qui sera déclenchée va  ouvrir les tombes, dans le grand Sahara, pour leurs soldats, ajoutant, « nous sommes des combattants et avons une grande expérience qui nous permet de faire durer le conflit », selon son propos.

La France a été depuis des mois un des fers de lance de l’intervention militaire au Nord-Mali. Selon le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, le Conseil de Sécurité de l’ONU adoptera à mi-decembre courant une position par rapport à une intervention au nord Mali. Une position que ne lui partagent pas certains pays de la sous-région en l’occurrence l’Algérie et la Mauritanie. A ce titre, le MNLA a aussi averti à plusieurs reprises contre les risques d’une telle intervention militaire dans la région de l’Azawad, partageant la même position que l’Algérie, sans pour autant avoir les mêmes objectifs.

L. M.


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