Le chômage tue entre 10.000 et 20.000 personnes par an

imagesC’est que révèle une étude de l’Inserm qui pointe les effets mortels du chômage sur la santé.

Le chômage tue. Beaucoup. C’est ce que l’on peut retenir d’une étude de l’Institut français pour la santé et la recherche médicale (Inserm) réalisée par Pierre Meneton, alors que les chiffres de l’emploi pour le mois de février sont attendus ce mercredi 25 mars à 18h. L’auteur de l’étude estime ainsi qu’entre 10.000 et 20.000 personnes meurent des conséquences du chômage chaque année en France.

Entre 1995 et 2007, le chercheur a suivi 6.000 volontaires en recherche d’emploi, âgés de 35 à 64 ans, pour observer les effets sur la santé cardiovasculaire et la mortalité globale. Il en ressort une « surmortalité très importante » chez les personnes au chômage, trois fois supérieure à celle des non-chômeurs.

« Des comportements à risque »

Le professeur Meneton, qui avait déjà publié ses résultats en décembre dans la revue « International Archives of Occupational and Environmental Health », explique que les chômeurs ont des « comportements à risque ».

Ils consomment plus d’alcool, moins de fruits et légumes, et ont un apport calorique (hors alcool) très significativement plus élevé que la moyenne », développe le scientifique.

Les résultats obtenus pour les personnes au chômage diffèrent des personnes volontairement inactives ou des retraités, ce qui fait dire au chercheur que « ces effets sont bien liés à la condition de chômeur ».

Les chiffres livrés par Pierre Meneton s’ajoutent à ceux, plus connus et médiatisés des suicides de chômeurs. Une autre étude de l’Inserm estime qu’entre 2008 et 2010, 584 suicides seraient imputables à la hausse du chômage.

D’après lui, les résultats pourraient même être sous-estimés puisqu’ils se basent sur un échantillon de personnes plus favorisées que la moyenne, et ne tiennent pas compte des effets de la crise économique de 2007, survenue après la fin de la phase d’observation.

« La santé des chômeurs n’intéresse personne »

Dans son livre intitulé « Le traumatisme du chômage », le psychiatre Michel Debout écrit que la santé des chômeurs est un « véritable trou noir de la connaissance scientifique et médicale ». En France, les données sont très rares, alors que ce pays compte 3,7 millions de chômeurs, 5,5 millions si l’on compte les personnes en activité réduite.

La santé des chômeurs semble n’intéresser personne, ni les professionnels de santé, ni les chercheurs, ni surtout les pouvoirs publics », déplore Michel Debout.

Dans son plan de lutte contre le chômage présenté en février, le ministre de l’Emploi, François Rebsamen prévoyait de « renforcer la possibilité de déclencher un bilan de santé du demandeur d’emploi dans le cadre de son accompagnement ». Mais pour l’heure, aucun module spécifique dans la formation initiale des conseillers n’existe. Afin de pallier aux risques, le psychiatre Michel Debout aimerait généraliser une « médecine préventive des chômeurs ». Pour lui, la société devrait mieux s’adresser aux chômeurs, et leur dire : « On ne vous abandonne pas ! »

(Avec AFP)

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