Le citoyen face au pouvoir judiciaire

Debagh-ma,if de soutienLa Mauritanie compte de nombreux prisonniers. Certains tel Mohamed Ould Debagh ont été déférés alors qu’ils n’ont rien à se reprocher.

Ils sont ainsi forcés d’y séjourner tant que le pouvoir judiciaire le veut. Sans procès. Ils sont ainsi nombreux ceux qui attendent d’être jugés, ou même présentés devant un juge d’instruction. Ce sera pour quand ? Nul ne sait. Cela dépendra certainement des humeurs de ceux-là qui représentent le pouvoir judiciaire. Dommage que ce pouvoir se fasse attendre pour décider. Dans un Etat qui se veut de droit, une telle situation ne peut pas être acceptée. Des citoyens, quelle que soit leur condition, quel que soit le motif de leur interpellation, et quelque soit leur position politique, ne méritent pas d’attendre si longtemps en prison sans que leur cas ne soit connu par une juridiction.

La Mauritanie doit crever l’abcès des injustices. Un Etat qui se respecte doit d’abord avoir la justice comme premier souci. Ce n’est pas parce qu’un citoyen milite contre le pouvoir ou qu’il se positionne contre celui-ci, qu’il ne partage pas les vues de ce pouvoir voire qu’il se place dans l’opposition qu’il faille le poursuivre et le charger de tous les maux.

Si les détenus sont coupables, ils doivent répondre de leurs actes au plus tôt. Mais, détenir des hommes peut être innocent, pendant plusieurs mois, est inacceptable. Le détenir pendant plusieurs années sans que son cas ne soit posé devant la justice est un crime. Détenir des citoyens pendant si longtemps, sans procès, est tout simplement regrettable, voire condamnable et injuste.

Nous voulons bien croire que l’Etat veille sur tout. Y compris sur la sécurité de nos biens, et surveille la gestion des fonds publics, mais encore faut-il si prendre en ignorant la politique de la chasse aux sorcières. La lutte légitime et nécessaire contre le détournement, la prévarication, la corruption n’implique pas forcément des abus d’autorité et un déni du droit. Pour nous convaincre de sa bonne foi et de son véritable souci pour la sécurité de nos biens et pour la stabilité du pays, l’Etat doit d’abord être juste. La force, fût-elle celle de l’Etat, ne saurait se substituer au droit. Et ce dernier -nous devons en être convaincus- ne doit jamais, obéir aux caprices ou aux volontés des uns et des autres. Le droit est une chose sacrée qui doit être hautement respectée. Et à partir du moment où nous avions commencé à fouler ce droit à nos pieds, notre barque a pris de l’eau…. a pris l’eau de partout. D’où les dépassements souvent dramatiques qui ont émaillé notre vie depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en 78. Les règlements de comptes personnels qui tournent au drame, les emprisonnements, la chasse aux sorcières, les fausses accusations, les règlements de comptes, la stigmatisation, entrent dans ce cadre. Sans parler des autres pratiques qui minent notre existence : la corruption à ciel ouvert, le népotisme, le favoritisme, les passe-droits, le détournement de l’autorité, les abus de pouvoir, les fraudes électorales, financières, fiscales n’en sont que l’exécrable expression.

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