Le combat contre la gabegie tient-il encore?

La république – pour un, aujourd’hui, qui sacrifierait tout au bien public, il en est des milliers et des millions qui ne connaissent que leurs jouissances, leur vanité. On est considéré à Paris, à cause de sa voiture et non à cause de sa vertu.   Napoléon

El Wely Ould Sidi HaibaEst-il nécessaire de rappeler qu’il ne sert qu’aux ennemis de la nation et ses détracteurs de rester campés sur une position et ou dans une opposition négative?

La lutte contre la gabegie et ses auteurs ne doit susciter qu’approbation et, au-delà même, soutien inconditionnel et accompagnement formel de tous. Elle n’est point que du seul ressort du régime en place. Elle est en tout temps et en toute circonstance le devoir de tous, c’est-à-dire un objet hautement consensuel.

Quelle logique peut légitimer que l’on relègue pour le compte de l’oubli la dilapidation et le gaspillage des immenses richesses d’un peuple qui en devient pauvre et d’un Etat qui s’en trouve fragilisé? N’est-ce pas là, si cela se justifiait, une haute trahison passible de la peine extrême; Non pas celle de la mort qui serait clémente, mais celle de l’exclusion qui ne serait que logique justice.

La Mauritanie, genre unique en l’espèce, présente une contradiction absurde; Pauvre à la limite de l’indécence (seuil zéro), riche à la limite de l’invraisemblable (minerais, pétrole et gaz off et on short, énorme potentiel halieutique, agriculture et élevage), a défrayé, depuis son accession à l’indépendance il y a cinquante cinq ans, la chronique, tant à l’échelle de son environnement immédiat qu’au niveau international.

 En effet, pendant que les pays les plus pauvres s’évertuaient, par la volonté de leurs élites intellectuelle et politique fortement engagées et résolument déterminées, à relever le défi du sous développement et de la dépendance, la Mauritanie elle, s’enlisait dans la déchéance causée par les maux inéluctables de la gabegie, de la corruption, du clientélisme, du favoritisme, du népotisme, du bafouement des principes fondateurs de la République et de la notion même de l’Etat.

Les partis politiques qui ont vu le jour -quelles que soient par ailleurs les raisons ou les motivations de leur naissance – ont été tout au long de l’histoire de l’Etat moderne, les dépositaires exceptionnels de ces attitudes et comportements, leur donnant de fait force de dirigisme. Ces partis ont ainsi, toujours exprimé les volontés égoïstes de leurs fondateurs et en ont incontestablement pris les couleurs d’appartenance tribale, ethnique, sectaire, régionale, et leur coloration idéologique si tant elle existait.

Sous le sceau de la démocratie scandée par tous et dont chacun porte l’étendard, ces partis n’ont cependant jamais œuvré ensemble pour affermir les principes communs de l’action politique dans l’Etat égalitaire de droit, lesquels principes n’entament pourtant en rien leurs différences dans la philosophie, le discours et l’approche dans l’action.

 Aujourd’hui encore cet élan fait cruellement défaut, d’où l’obstination des incorrigibles attardés à contribuer au strict maintien du statuquo, c’est-à-dire la résistance aux effets de l’ouverture d’esprit sur les apports intellectuels d’un siècle hors pair qui offre toutes les chances de divorce d’avec l’obscurantisme médiéval et toutes ses considérations fallacieuses.

Quelles voies plus propices donc pour l’installation confortable et pérenne de la gabegie que ce confinement de tous les acteurs politiques et intellectuels dans la dualité fatale et contradictoire de la pratique et du fustige de la gabegie.

N’est-ce pas bien là que réside hélas l’incapacité à combattre -quelles que soient par ailleurs la volonté déclarée et les tentatives engagées- ce mal qui n’épargne aucun en quelque endroit qu’il se trouve dans la nébuleuse du système, directement ou par voie d’appartenance tribale, sectaire, de lobbying ou à d’autres pôles ou forces de rassemblement. Fatalement que son influence et sa capacité de nuisance lui viennent de cette appartenance obscène.

Comment dans de telles graves conditions d’incohérences psychiques, intellectuelles, civiques et patriotiques de l’esprit prévalent, espérer réussir  un quelconque combat contre la gabegie ambiante ; Une gabegie que rien ne semble pouvoir arrêter malgré plusieurs et réelles actions menées tout au départ du combat engagé et qui avaient fait naître l’espoir d’un assainissement de la chose publique et sa répercution sur un développement harmonieux et équitable.

El Wely Ould Sidi Haiba

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