Le corps d’Arafat exhumé à Ramallah pour lever le mystère sur son décès


Le corps de Yasser Arafat doit être exhumé ce mardi à Ramallah, en Cisjordanie, pour déterminer si l’ancien dirigeant palestinien a été empoisonné au polonium. Des experts français, suisse et russes sont chargés de l’opération.

C’est une exhumation qui pose de nombreuses questions et qui ne soulève pas vraiment l’enthousiasme dans les rues de Ramallah où les visages se ferment lorsque l’on évoque le déterrement de celui qui reste une icône pour la plupart des Palestiniens. L’ouverture de la tombe de l’ancien raïs palestinien permettra-t-elle de déterminer s’il a été empoisonné au polonium ? Quelle en seront les conséquences ?

Pour l’heure, peu de réponse. C’est plutôt le mutisme qui entoure cette exhumation hautement sensible politiquement et émotionnellement. Aucune caméra n’a été autorisée à approcher l’enceinte de la Mouqaata, le quartier général de la présidence de l’Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, où se trouve la tombe de Yasser Arafat. Fermée au public depuis le début des travaux d’excavation mi-novembre, elle est dissimulée derrière des bâches de plastique bleu et un périmètre de sécurité a été instauré autour du complexe.

Une exhumation à huis clos

L’exhumation du corps se déroulera à huis clos, en présence des trois juges français chargés de l’enquête pour assassinat – à la suite d’une plainte contre X déposée par Souha Arafat, la veuve de l’ex-dirigeant palestinien. Elle devrait durer « quelques heures » selon le président de la commission d’enquête palestinienne, Taoufiq Tiraoui. Les prélèvements sur la dépouille seront effectués par des experts français, suisses et russes puis la tombe sera refermée et une cérémonie militaire organisée pour « respecter celui qui est un symbole pour le peuple palestinien et pour le monde entier », a expliqué Taoufiq Tiraoui. Une conférence de presse des responsables palestiniens est prévue en fin d’après-midi.

Les prélèvements seront ensuite analysés dans des laboratoires des trois pays impliqués, les résultats devant être connus dans plusieurs mois. Ce déterrement a nécessité des « contacts et des discussions pendant deux mois » entre les autorités françaises et palestiniennes, a souligné Taoufiq Tiraoui. « Cela n’a pas été facile, il y a eu des divergences », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que toute l’opération était sous la responsabilité et la supervision du parquet palestinien. « La souveraineté palestinienne garantit la sécurité de l’enquête », a-t-il affirmé.

Israël a toujours nié avoir empoisonné Arafat

La thèse de l’empoisonnement a été relancée avec la diffusion, en juillet, d’un reportage de la chaîne qatarie Al-Jazira qui avait révélé la présence de quantités anormales de polonium, une substance radioactive hautement toxique, sur des effets personnels confiés à la chaîne par sa veuve.

Le leader historique palestinien est décédé à 75 ans, le 11 novembre 2004, dans un hôpital militaire de la région parisienne où il avait été transféré avec l’accord des Israéliens qui le confinaient depuis plus de deux ans à la Mouqataa.

Aucune information médicale claire sur les causes de sa mort n’a en fait jamais été publiée, ce qui a laissé la voie libre à de nombreuses interprétations. Certains soupçonnent une collaboration palestinienne dans ce décès, sur fond de luttes de pouvoir, d’autres accusent Israël de l’avoir empoisonné, ce que l’État hébreu a toujours nié. Ces investigations ont également rallumé la discorde au sein de la famille de Yasser Arafat. Si cette exhumation a été réclamée par Souha Arafat, elle est en revanche rejetée par Nasser al-Qidwa, le neveu du défunt et président de la fondation Yasser Arafat, d’ores et déjà persuadé que son oncle a été empoisonné par Israël.

Source : France24


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