Le demi-frère de Merah sur la nouvelle vidéo d’exécution de Daech ?

2015031102410-fullLe jihadiste apparaissant sur la vidéo d’exécution diffusée hier par Daesh pourrait être Sabri Essid./ Photo DR

Le groupe Etat islamique a diffusé hier une nouvelle vidéo d’exécution. Deux jihadistes y apparaissent, dont une menace en français de s’en prendre à Israël. Il pourrait s’agir de Sabri Essid, un proche de Mohammed Merah.

Dans une vidéo de plus de dix minutes postée sur des comptes jihadistes, un jeune garçon vêtu d’une longue tunique et d’un treillis, abat, d’une balle dans le front, un Arabe israélien, soupçonné d’être un espion du Mossad. Puis il tire plusieurs balles sur son cadavre en criant «Allah Akbar».

Aux côtés du jeune garçon, un jihadiste s’exprimant en français évoque la récente attaque ayant visé des juifs en France et menace de s’en prendre aux Israéliens et de conquérir Jérusalem. «Oh vous les juifs, dit-il, Allah nous a permis de tuer vos frères sur le sol français, et ici sur la terre de l’Etat islamique. Les jeunes lions du califat vont tuer ceux que le Mossad imbécile a envoyés pour espionner les moudjahidins et les musulmans (…) Les conquêtes islamiques viennent de commencer, les juifs tremblent car la promesse est proche.»

Selon David Thomson, un journaliste de Radio France International RFI, spécialiste des mouvances islamistes, cet homme n’est autre que Sabri Essid, un proche de Mohammed Merah, le «tueur au scooter» qui a abattu en mars 2012 sept personnes, militaires et juifs, à Toulouse et à Montauban. Ce trentenaire se présentait même comme le demi-frère de l’assassin. Son père avait en effet épousé religieusement la mère de Merah. Sabri Essid est aussi celui qui a organisé l’enterrement du «tueur au scooter», abattu dans l’apparemment où il s’était retranché lors d’un assaut du Raid.

Le Franco-Tunisien est par la suite resté en contact avec la famille de Mohamed Merah, notamment avec sa sœur Souad.

Pilier de la filière d’Artigat

Sabri Essid était une figure du milieu salafiste radical toulousain. Il est soupçonné d’avoir rejoint la Syrie fin mars 2014 avec son frère, sa femme, le fils de celle-ci et leurs trois enfants en bas âge. C’est sa belle-mère qui a signalé leur disparition, début avril, à la police. L’engagement d’Essid dans l’islamisme radical remonte au début des années 2000. Il est même l’un des piliers du groupe d’Artigat, du nom d’un village d’Ariège où réside Olivier Corel, un homme d’origine syrienne surnommé le «cheikh blanc». En avril 2005, Sabri Essid avait été interpellé à cause d’un courrier anonyme l’accusant de préparer un attentat contre le consulat des Etats-Unis à Lyon et deux supermarchés toulousains. Essid s’est rendu pour la première fois la Syrie fin 2006 pour rejoindre l’Irak. Arrêté à la frontière en compagnie de Thomas Barnouin, un converti albigeois, il est renvoyé en France et condamné en 2009 à 4 ans de prison.

Après sa libération à l’automne 2010, il avait trouvé un emploi de grutier à Toulouse. Surveillé par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Essid aurait donc pourtant réussi à rejoindre la Syrie voici un an.

Apparemment pour poursuivre son sinistre combat dans les rangs de Daech.


L’«espion» exécuté par un enfant

Le groupe Etat islamique a diffusé hier une vidéo de l’exécution par un jeune garçon d’un Arabe israélien, Muhammad Said Ismail Musallam, accusé d’espionner pour le Mossad, les services secrets israéliens. C’est la première fois que l’EI, qui a exécuté des dizaines de personnes et diffusé des images insoutenables de décapitations ayant choqué l’opinion internationale, revendique l’assassinat d’un Arabe israélien.

La Dépêche du Midi

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