Le discours attendu de Mohamed Ould Abdelaziz

Mohamed Ould AbdelazizMauritaniennes, mauritaniens, chers compatriotes, Je m’adresse à vous aujourd’hui, pour vous informer de mon intention de ne pas me présenter pour un troisième mandat présidentiel, conformément aux dispositions de notre Constitution et que je m’engage à organiser avec toutes les forces politiques en place, l’heure venue, des élections libres et transparentes.
Coupant ainsi court à toutes les rumeurs entretenues ci et là, je vous affirme ma ferme volonté de consacrer le reste de mon mandat à essayer de réaliser ce que je n’ai pu, hélas, accomplir durant ces dernières années, à savoir lutter contre la pauvreté, la corruption, le népotisme et le sous-développement.
A cette fin, je demande la collaboration de toutes et de tous à chaque échelon de la vie économique, financière et sociale du pays. J’ai ainsi décidé, pour lancer cette nouvelle dynamique nationale, de prendre les mesures suivantes :
– De répondre aux doléances de nos valeureux travailleurs de la SNIM et de leur accorder les droits sociaux et financiers qu’ils réclament y compris ceux sur lesquels la SNIM, s’est engagée ces dernières années.
– De libérer les activistes du mouvement IRA et de demander leur participation, auprès de tous les partis politiques mauritaniens, à un dialogue sincère pour trouver des voies politiques de paix et de collaboration au bénéfice du développement économique et social de notre pays.
– De dissoudre le parti UPR qui ne me représente plus, puis qu’après mon mandat en cours, je me retire de la vie politique.
– De mettre en place un mécanisme de réponse rapide pour l’indemnisation de toutes les victimes des régimes depuis la prise de pouvoir par les militaires en 1978. Ceci concerne les réfugiés, les déportés et toutes les victimes d’injustices notoires, personnes physiques ou personnes morales.
– De donner des instructions à effet immédiat pour la mise en place d’une planification économique et sociale permettant l’affectation de ressources importantes aux secteurs de la santé, de l’éducation et de l’emploi.
– De mettre en place en urgence une commission indépendante, avec un appui d’expertise internationale d’analyse, d’évaluation de l’état de l’exploitation de nos ressources naturelles qui sont soumises au pillage des sociétés internationales à travers des contrats d’exploitation véreux et déséquilibrés. De même que l’évaluation des dégâts causés par ces multinationales à l’environnement et à nos ressources naturelles.
Mauritaniennes, mauritaniens, chers compatriotes
Pour éradiquer l’épée de Damoclès placée au-dessus de la tête du citoyen et causée par la dissuasion militaire qu’il vit depuis le premier coup d’État en 1978, j’ai décidé :
– De revoir le budget alloué aux forces armées et de sécurité pour qu’il soit attribué en toute transparence par l’organe législatif en conformité avec leurs besoins réels et leur mission.
– De dissoudre le BASEP et de créer une unité spéciale de protection de la présidence sous l’autorité conjointe du Président de la République et du chef d’État-major de l’armée nationale. Cette unité bénéficiera d’un budget annuel de fonctionnement et d’équipement approuvé par l’organe législatif.
– De mettre en place une commission d’investigation, composée de personnalités nationales et internationales à large pouvoir, administratif et juridictionnel, d’investigation sur les richesses mal acquises, durant et avant mon mandat. Un financement budgétaire adéquat et suffisant sera accordé à cette commission qui bénéficiera de toutes les immunités requises.
– Je m’engage moi-même à faire état de tous mes biens sous le contrôle conjoint de la Cour des comptes et de la Cour de Cassation. L’état de mon patrimoine sera publié dans les organes de presse officielle.
Mauritaniennes, mauritaniens, chers compatriotes,
– Je m’engage à entreprendre dans les plus brefs délais un programme de réforme judiciaire assisté par des organisations internationales visant à instaurer une justice indépendante – organiquement, fonctionnellement et financièrement – de l’Exécutif.
– J’entreprendrai aussi, dans les plus brefs délais, un programme de réforme du système pénitentiaire afin que nos prisons ne soient plus des dépotoirs humains où nous fabriquons une jeunesse dépravée, droguée et criminelle et où l’injustice judiciaire envoie par centaines des citoyens sans défense.
– Je créerai une commission chargée de réformer la législation civile et pénale pour la mettre aux normes internationales de respect des droits de l’homme et de la dignité humaine.
Mauritaniennes, mauritaniens, chers compatriotes,
– Pour un renforcement de notre enseignement religieux et pour son ouverture sur le monde des sciences et du savoir moderne je demanderai la rénovation de tous les programmes des institutions privées et publiques d’enseignement islamique en y introduisant les matières de droit moderne, de philosophie, de religions comparées, et d’introduction aux sciences exactes.
Nos oulémas de demain se doivent de devenir des érudits ouverts et capables de comprendre les exigences intellectuelles du monde moderne pour mieux transmettre le savoir religieux et cultiver la tolérance.
– Enfin, je mettrai les moyens qu’il faut, en associant les forces vives de la nation, pour lutter contre les non-valeurs qui sont de train de détruire la société mauritanienne, à savoir le mensonge érigé en statut personnel, le vol en vertu sociale et la corruption en patrimoine national.
Mauritaniennes, mauritaniens, chers compatriotes,
Je ne peux terminer ce discours à la Nation sans m’excuser auprès de vous pour toutes ces années perdues que jamais notre pays ne rattrapera sur le chemin du développement.
Cependant, une chose est certaine la mauvaise gouvernance de l’État mauritanien y est pour quelque chose et en tant qu’actuel représentant de l’État et garant des institutions je m’engage à ce que, dès aujourd’hui, il en soit autrement. Ce que je demande, enfin, c’est que chacun à son niveau puisse y participer.
Et le grand défi actuellement à mon propre niveau est de restructurer mon entourage immédiat de conseillers, de courtisans, de caciques de l’UPR et d’autres groupes d’influence, qui par leurs applaudissements et leurs conseils « avisés » maintiennent ma personne un esclavage.

Source : Kafer Naum

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