Le FMI à Bamako : Mission (presque) impossible?

igor1_253143022Mettre fin à la corruption et sortir le Mali du gouffre financier dans lequel il se trouve à cause d’une mauvaise gestion, fait partie des objectifs du Fond monétaire international (FMI). Une mission est attendue à Bamako en fin mars, selon Anton Op De Beke, le représentant résident du FMI au Mali. Mais l’institution, tout comme les citoyens maliens, attend toujours la suite des sanctions prises contre les auteurs des surfacturations qui avaient retardé des décaissements de fonds alloués au Mali en 2014.

Le représentant du FMI assure que tout va bien entre le gouvernement et les institutions de Breton Woods. Toutefois, les bailleurs de fonds espèrent que les autorités maliennes leur transmettront des informations sur tous les engagements pris pour le retour de la confiance, y compris la question des sanctions. Beaucoup de mesures ont été respectées par les autorités maliennes. «D’autres mesures ne sont pas faites, mais nous espérons que ce processus s’achèvera. Si ça n’arrive jamais, on serait déçu », a indiqué Anton.

La mission attendue à Bamako ne s’appesantira pas sur la question des sanctions. Ainsi, elle discutera des questions économiques d’actualité avec le gouvernement malien. L’impact de la chute du prix du pétrole sur le marché international sera au cœur des échanges. Sur les conseils du FMI, le prix des carburants à la pompe n’a pas baissé au Mali, malgré le fait que le pétrole ait perdu de moitié sa valeur.

Au détriment des consommateurs, le FMI a fait le choix d’encourager le maintien du prix des carburants pour que le gouvernement gagne des recettes fiscales. Le représentant de l’institution justifie cette politique par le fait que le Mali a fait des efforts pour stabiliser le prix des hydrocarbures pendant les cinq dernières années. Contrairement au Mali, plusieurs pays de la sous-région ont fait baisser les prix à la pompe. Au Burkina Faso, il y a eu une baisse de 25 F CFA par litre.

L’objectif de la mission est de renforcer la reprise économique est en cours. Mais cette reprise reste fragile depuis 2013. Selon le représentant du FMI, l’accumulation sur une grande échelle de l’aide des bailleurs de fonds a été entravée par de graves manquements dans la gestion des finances publiques. Ces manquements ont fait naître des craintes au sujet de la gouvernance. Conséquence: la première revue, initialement prévue pour juin 2014, a été retardée et l’aide budgétaire des bailleurs de fonds a été temporairement suspendue.

Faiblesse des recettes

Toutefois, des mesures ayant été prises pour remédier aux déficiences de la gestion des finances publiques, le programme du FMI poursuit son cours comme prévu. Mais les autorités maliennes ont demandé des dérogations des critères de réalisation, notamment en matière de recettes fiscales. Ce critère n’a pas été observé en raison du niveau moins élevé que prévu des recettes du secteur de l’or et de défaillances de l’administration fiscale.

Le Mali a demandé aussi la modification des critères de réalisation de fin décembre 2014 pour le financement de l’État par les banques et les marchés. Une dérogation a été aussi sollicitée pour les recettes fiscales brutes, en raison de la faiblesse des recettes fiscales et de l’intégration des dépenses extrabudgétaires dans le cadre des mesures visant à remédier aux défaillances dans la gestion des finances publiques.

Les bailleurs demandent aux autorités maliennes d’appliquer rigoureusement des règles budgétaires et de passation de marché pour rétablir la confiance des entreprises, des consommateurs et des bailleurs de fonds. Le gouvernement doit préserver la stabilité macroéconomique en maintenant le solde budgétaire de base proche de zéro et le solde budgétaire global à un niveau compatible avec la viabilité de la dette. Autres recommandations: l’accroissement des recettes fiscales de près de 0,5 % du PIB par an et l’amélioration de la gestion des finances publiques. Il faudra également accélérer les réformes pour améliorer le climat des affaires, notamment en renforçant la gouvernance et en développant les efforts de lutte contre la corruption.

Le FMI ne demande pas aux autorités maliennes de faire l’impossible. Mais celles-ci ne semblent pas se hisser à la hauteur des performances de bonne gouvernance. Et la déception dont parle le représentant du FMI est inévitable, comme si l’institution menait une mission à la limite de l’impossible.

Soumaïla T. Diarra

Source: L’Aube

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